Saison 4 - Épisode 1 - THE SHADOW OF ORIGIN
Le vent soufflait fort sur Caparica.
Très fort.
Comme souvent après une tempête.
Comme si l'océan refusait de se calmer complètement.
L'été continuait pourtant.
Les touristes remplissaient les plages.
Les écoles de surf tournaient à plein régime.
Les bars débordaient de musique.
Les couchers de soleil faisaient toujours croire aux gens que le monde allait bien.
Mais quelque chose avait changé.
Pas dans la ville.
Dans le clan.
Depuis la découverte de la clé.
Depuis les enfants.
Depuis cette phrase.
Le premier mensonge.
Personne n'en parlait.
Mais tout le monde y pensait.
Même Alex.
Et ça...
c'était inquiétant.
Il était presque huit heures du matin.
Le beach bar venait d'ouvrir.
Alex observait Emmanuel.
Depuis cinq minutes.
Sans parler.
Puis :
— Tu me fais peur.
— Pourquoi ?
— Parce que tu réfléchis.
— Je réfléchis souvent.
— Pas comme ça.
Silence.
— Là tu réfléchis comme quelqu'un qui va faire une connerie.
— Merci du soutien.
— Je suis ton ami.
C'est mon travail.
Joe éclata de rire derrière son café.
Même Diana leva les yeux de son ordinateur.
Puis Luna arriva.
Planche sous le bras.
Cheveux encore mouillés.
Le rosaire noir autour du poignet.
Et immédiatement...
le regard d'Emmanuel changea.
Comme toujours.
Alex remarqua évidemment.
Parce qu'Alex remarquait tout.
— Ah.
— Quoi ?
demanda Emmanuel.
— Rien.
— Alex.
— Rien.
— Alex.
— Tu la regardes exactement comme je regarde une pizza après trois jours de régime.
Joe recracha son café.
Luna leva les yeux au ciel.
Emmanuel soupira.
— Je vais finir par te tuer.
— Je sais.
Pendant ce temps.
À plusieurs kilomètres de là.
Dans les hauteurs d'Almada.
Un homme observait Caparica depuis une terrasse.
Costume gris.
Montre suisse.
Verre de vin.
Vue parfaite.
Le genre d'homme qui n'avait jamais besoin de lever la voix.
Viktor Volkov.
Pour la première fois.
Il regardait réellement Emmanuel.
Pas un dossier.
Pas une photo.
L'homme.
En personne.
À côté de lui.
Une femme élégante referma une tablette.
L'avocate.
Toujours.
— Ils ont récupéré les enfants.
dit-elle.
— Oui.
— Ils ont récupéré la clé.
— Oui.
— Ils remontent la piste.
Viktor sourit.
Puis regarda l'océan.
— C'est prévu.
Silence.
— Vous les laissez faire ?
— Non.
Il but une gorgée.
— Je les guide.
À Lisbonne.
Nicky roulait seule.
La Lamborghini blanche traversait les avenues du centre-ville.
Musique forte.
Vitres baissées.
Soleil.
Le genre de matin où l'on pourrait oublier les guerres.
Pendant quelques minutes.
Puis son téléphone vibra.
Diana.
— Tu fais quoi ?
— Je conduis.
— Évite.
— Pourquoi ?
— Parce que je viens de trouver quelque chose.
Le sourire de Nicky disparut.
Instantanément.
— Encore ?
— Encore.
Une heure plus tard.
Le clan était réuni dans le triplex de Diana.
Des écrans partout.
Des cartes.
Des ports.
Des noms.
Des chiffres.
Et au centre.
Une photographie.
Une seule.
Ancienne.
Très ancienne.
Noir et blanc.
Une dizaine d'hommes.
Militaires.
Scientifiques.
Fonctionnaires.
Et derrière eux.
Un symbole.
Le symbole d'Origin.
Le même.
Toujours le même.
Puis Diana agrandit l'image.
Encore.
Encore.
Encore.
Jusqu'à faire apparaître un détail.
Un enfant.
Tout au fond.
Presque invisible.
Le silence tomba.
Personne ne parla.
Parce que cet enfant...
Ressemblait énormément à Emmanuel.
Cette nuit-là.
Emmanuel était seul sur la plage.
L'océan roulait dans l'obscurité.
Caparica brillait derrière lui.
Le rosaire tournait lentement dans les doigts de Luna.
Elle s'assit à côté de lui.
Sans parler.
Comme toujours.
Le vent soufflait.
Les vagues respiraient.
Puis elle posa simplement une question.
— Tu as peur ?
Long silence.
Puis Emmanuel sourit.
Très légèrement.
— Oui.
Luna le regarda.
Surprise.
Parce qu'il disait rarement la vérité aussi vite.
— De quoi ?
Emmanuel regarda l'horizon.
Très loin.
Comme s'il regardait un autre continent.
Une autre époque.
Une autre vie.
Puis il répondit.
— Que quelqu'un finisse par me dire qui je suis.
Le rosaire s'arrêta.
Complètement.
Et pour la première fois depuis qu'elle le connaissait...
Luna sentit que le véritable voyage commençait.
Pas Atlas.
Pas Origin.
Pas même Caparica.
Emmanuel Elga.
L'homme derrière toutes les histoires.
L'homme derrière tous les mensonges.
Et quelque part...
dans la nuit de Tokyo...
un téléphone venait de sonner.
Une femme regarda le nom affiché à l'écran.
Ses mains tremblèrent légèrement.
Puis elle murmura :
— Emmanuel...
💬 Commentaires 1
Ça commence bien la saison 4.
Bravo ! OBRIGADOOOO !
(Je ne lis pas vite car je fais d'autres choses en même temps, mais j'avance.
T'inquiète.)