Saison 3 - Épisode 4 - LESSON NUMBER ONE
Caparica. 23h12. La plage était presque vide. Les bars fermaient. Les derniers surfeurs rentraient. L'océan devenait noir. Nicky terminait un verre sur la terrasse du beach bar quand Emmanuel arriva. — Tes clés. Il posa les clés de la Lamborghini devant elle. Nicky fronça les sourcils. — Pourquoi ? — Parce qu'on sort. — Où ? — Tu verras. — C'est rassurant. — Ça ne l'est pas. Nicky sourit. — J'arrive. Quelques minutes plus tard. La Lamborghini Huracán blanche rugissait sur la route côtière. Devant. La Supra. Toujours la Supra. Toujours ce bruit. Toujours ce fantôme japonais roulant au bord de l'Atlantique. Dans l'oreillette.
Diana. — Vous êtes vraiment en train de faire une course ? — Non. répondit Emmanuel. — Alors pourquoi vous roulez à cent cinquante ? — Parce que ça économise du carburant. — Je vous déteste. Nicky suivait. Au début facilement. Puis Emmanuel accéléra. Juste un peu. Puis encore. Puis encore. Et soudain... plus rien n'était simple. La Supra plongea dans les petites routes d'Almada. Virages. Montées. Descentes. Nicky serra le volant. — Il fait quoi ? Dans l'oreillette, Luna éclata de rire. — Il joue. — Avec quoi ? — Toi. — Génial. La Supra disparut derrière un virage. Nicky accéléra.
Puis une alerte apparut sur son écran GPS. ROUTE FERMÉE. — Diana ? — C'est Emmanuel. — Quoi ? — Il m'a demandé de modifier ton itinéraire. — IL A FAIT QUOI ? — Continue. — Diana ! — Continue. La Lamborghini plongea dans une route secondaire. Plus étroite. Plus difficile. Plus rapide aussi. Et au loin... les feux arrière de la Supra réapparurent. Comme un phare. Comme un défi. Quelques kilomètres plus tard. Nouvelle surprise. Un chantier. Des barrières. Une seule ouverture. Minuscule. — Sérieusement ? Dans l'oreillette : — Emmanuel demande si tu regardes le problème ou la solution. — Je vais le tuer.
— Réponse enregistrée. La Lamborghini passa. De quelques centimètres. Nicky éclata de rire. Malgré elle. Parce qu'elle comprenait enfin. Ce n'était pas une course. C'était une leçon. Pendant une heure. La Supra continua. Ponts. Tunnels. Routes côtières. Montées. Descentes. Et à chaque fois. Une difficulté. Une surprise. Une décision. Pas pour tester sa conduite. Pour tester sa tête. Finalement. Les deux voitures s'arrêtèrent. Au sommet. Face au Christ Rei. Le grand monument dominait toute la baie. Le pont du 25 Avril brillait comme une rivière de lumière rouge. Lisbonne semblait flotter sur l'eau.
L'Atlantique disparaissait dans la nuit. Magnifique. Silencieux. Immense. Nicky sortit de la Lamborghini. Puis regarda Emmanuel. — Tu sais que tu es complètement taré ? — Oui. — Bien. Je voulais être sûre. Ils s'installèrent sur un muret. Face à la ville. Le vent soufflait doucement. Pour la première fois de la soirée... personne ne parlait. Puis Nicky demanda : — Comment on va arrêter Atlas ? Le sourire d'Emmanuel disparut. Pas complètement. Juste un peu. Il regarda Lisbonne. Puis l'océan. Puis les lumières du pont. Et répondit calmement. — On ne va pas arrêter Atlas. — Quoi ? — Atlas est trop grand.
— Alors on fait quoi ? Emmanuel resta silencieux quelques secondes. Puis : — Au Japon, un vieux chef de clan m'a appris quelque chose. Nicky attendit. — Il m'a dit : "Quand ton ennemi est plus fort que toi, ne cherche jamais à le briser." Le vent souffla. — Cherche ce qu'il protège. Nicky réfléchit. Longtemps. Puis : — Donc Atlas protège quelque chose. — Exactement. — Et on cherche quoi ? Cette fois Emmanuel sourit. Le vrai sourire. Celui des missions impossibles. — La seule chose qui fait peur aux hommes puissants. — L'argent ? — Non. — Le pouvoir ? — Non. — Alors quoi ? Emmanuel regarda les lumières de Lisbonne. Puis répondit : — La vérité.
Long. Profond. Puis Nicky regarda la ville. Et pour la première fois depuis longtemps... elle ne se sentit plus comme une infiltrée. Ni comme une héritière. Ni comme une pilote. Elle se sentit membre du clan. Vraiment. Et Emmanuel le sentit immédiatement. Comme le vieux samouraï avait senti la même chose autrefois. Pas une recrue. Pas une alliée. Une famille. Au loin. Le pont brillait dans la nuit. La baie respirait. Et sous les lumières de Lisbonne... un maître transmettait quelque chose qu'aucun dossier Atlas ne pourrait jamais copier. L'expérience. La confiance. La transmission. Parce que les empires construisent des armes. Les clans construisent des héritiers.
💬 Commentaires 0
Aucun commentaire pour le moment
Soyez le premier à partager vos impressions !