Saison 3 - Épisode 5 - THE ARCHIVE
Le soleil se couchait sur Caparica. Rose. Orange. Violet. Les vagues déroulaient parfaitement. Les surfeurs rentraient. Les bars se remplissaient. Les palmiers se découpaient sur le ciel. Une carte postale. Comme toujours. Mais derrière les cartes postales... quelque chose avançait. Toujours. Atlas. Costa da Caparica. Fin de journée. Luna attendait quelqu'un. Seule. Assise sur les rochers. Son chapelet noir tournait lentement entre ses doigts. Puis elle le vit. Une silhouette marchait pieds nus sur le sable. Planche sous le bras. Cheveux noirs jusqu'aux épaules. Peau brûlée par le soleil. Tatouages colombiens.
Bracelets. Chemise ouverte. Le sourire d'un homme qui a traversé beaucoup trop de choses. Salazar. Personne ne connaissait son prénom. Personne n'avait jamais demandé. Dans toute la côte atlantique. Dans toute la Colombie. Dans toute l'Amérique du Sud. On l'appelait simplement : Salazar. Le Gitan de l'Océan. Il s'assit à côté de Luna. Sans un mot. Puis regarda les vagues. Longtemps. Puis : — Tu ressembles de plus en plus à ta grand-mère. Luna ne répondit pas. Parce qu'il était l'un des rares hommes sur Terre à l'avoir connue. Plus tard. Les deux marchaient sur la plage. Le ciel devenait noir. — Tu connais Atlas ? demanda Luna. Salazar éclata de rire. — Tout le monde connaît Atlas. — Non.
— Quoi ? — Moi je veux savoir ce que personne ne raconte. Le sourire de Salazar disparut. Complètement. Puis : — Atlas n'a jamais commencé en Europe. — Ça a commencé chez nous. Le vent souffla. — Colombie. — Comment ça ? — Les enfants. Luna s'arrêta. Salazar regardait l'océan. Comme s'il regardait vingt ans en arrière. — Des villages disparaissaient. — Pas des centaines. — Combien ? — Quelques-uns. Le pire nombre. Parce que c'est celui qu'on ne remarque pas. — Les enfants étaient déplacés. — Où ? — Partout. Puis : — Europe. Luna sentit son sang se glacer.
Pendant ce temps. Almada. Zone industrielle. Nuit. Emmanuel conduisait. Klaudija observait la route. — Où est-ce qu'on va ? — Chez moi. — Tu habites dans une cabane. — Mon autre chez moi. Quelques minutes plus tard. Un immense centre de stockage apparaissait. Des centaines de box. Des kilomètres de couloirs. Des portes métalliques. De la lumière blanche. Et du silence. Toujours du silence. Emmanuel ouvrit une porte. Puis une deuxième. Puis une troisième. Et enfin... Le box. Klaudija resta immobile. Complètement. Parce que devant elle... se trouvait la vie entière d'Emmanuel. Ou plutôt :
Ses vies. Au pluriel. Des étagères. Des caisses. Des dossiers. Des photos. Des médailles. Des passeports. Des identités. Des armes. Des cartes. Des journaux. Des ordinateurs. Des boîtes entières marquées : TOKYO. MEXICO. LITHUANIA. ATLAS. Comme un musée. Comme un tombeau. Comme le cerveau d'un homme incapable de jeter son passé. — Mon Dieu... murmura Klaudija. Puis elle aperçut quelque chose. Une photo. Eux. Vilnius. Neige.
Jeunes. Vivants. Elle sourit. Puis continua. Et soudain... elle s'arrêta. Complètement. Parce qu'elle venait de remarquer quelque chose. Quelque chose qu'Emmanuel n'avait jamais vu. Un détail. Toujours le même symbole. Sur plusieurs dossiers. Plusieurs années. Plusieurs pays. Le même. Comme une signature invisible. Comme quelqu'un qui observait déjà Emmanuel bien avant Atlas. Lisbonne. Minuit. Galerie commerciale abandonnée. Néons bleus. Néons roses. Machines à sous. Bar minuscule. Et au milieu. Léo. Robe de chambre rose. Bob Lacoste.
Blunt géant. Deux Brésiliennes assises sur chaque accoudoir. Comme un empereur dégénéré. Alex et Nicky arrivèrent. Léo leva les yeux. — Ah. — Salut Léo. dit Alex. — Qu'est-ce que vous voulez ? — Des informations. — C'est cher. — On sait. — Très cher. — On sait. — Extrêmement cher. Alex soupira. — Combien ? Léo sourit. — J'ai faim. Vingt minutes plus tard. La table était couverte. Pizzas. Donuts. Hamburgers. Milk-shakes. Alex observait. — Tu vas mourir. — Peut-être.
répondit Léo. — Mais pas de faim. Puis le Brésilien redevint sérieux. Très sérieux. Ce qui était inquiétant. — Les navires. — Ils existent. — On sait. — Non. Pause. — Vous ne savez pas. Le sourire disparut. Même chez Alex. — Explique. Léo alluma un autre blunt. Puis : — Ils n'apparaissent sur aucun registre. — Aucun. — Impossible. — Je sais. Puis il posa une photo. Cargo. Atlantique. Nuit. Puis une deuxième. Puis une troisième.
Toujours le même navire. Toujours une autre identité. Toujours un autre nom. Puis : — Le bateau n'est pas le problème. — C'est quoi alors ? demanda Nicky. Léo regarda Alex. Puis Nicky. Puis souffla sa fumée. Et murmura : — Ce qu'il transporte. Noir. Pendant ce temps. Dans le box d'Emmanuel. Klaudija venait de découvrir quelque chose. Une vieille photo. Très vieille. Au dos. Une date. Et un mot. Un mot qui n'aurait jamais dû se trouver là. Parce qu'il avait été écrit... Cinq ans avant la création officielle d'Atlas. Le mot : ALPHA Le regard de Klaudija croisa celui d'Emmanuel. Et pour la première fois depuis longtemps...
elle eut réellement peur.
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