Saison 3 - Épisode 6 - THE GOLF CLUB
Capuchos. 10h12. Le soleil brillait. Le ciel était bleu. L'herbe parfaitement tondue. Le genre d'endroit où les gens très riches prétendent faire du sport tout en parlant d'argent. Le genre d'endroit qu'Alex détestait. — Je déteste cet endroit. — Ça fait trois minutes qu'on est là. répondit Emmanuel. — Ça m'a suffi. — Pourquoi ? — Parce qu'un homme vient de payer quinze euros une bouteille d'eau. — C'est un sport de psychopathe. Emmanuel sourit. — Attends de voir le prix des clubs. — Putain... Un homme les attendait près du départ. Costume beige. Cheveux gris. Montre hors de prix. Sourire calme. Très calme. Trop calme. Kenji Yoshimura.
Ancien Yakuza. Ancien. Officiellement. Comme tous les anciens Yakuza. Il serra la main d'Emmanuel. Puis regarda Alex. Longtemps. — Lui c'est Alex. — Je sais. — Ah. — On m'a prévenu. Alex fronça les sourcils. — Prévenu de quoi ? Kenji regarda Emmanuel. — Je comprends maintenant. Quelques trous plus tard. Emmanuel jouait remarquablement bien. Pas spectaculaire. Précis. Calme. Comme tout ce qu'il faisait. La balle allait exactement là où elle devait aller. Toujours. Pendant ce temps... Alex venait de pulvériser un panneau publicitaire. Un arbre. Un banc. Et probablement une espèce protégée.
— C'est un jeu débile. — Tu es mauvais. répondit Emmanuel. — Nuance. — Quelle nuance ? — Je suis mauvais dans un jeu débile. Kenji éclata de rire. Puis ils continuèrent. Et c'est là qu'Alex posa la question. La bonne. Comme toujours. — Pourquoi on est là ? Kenji regarda le paysage. Puis : — Parce qu'Atlas cherche quelque chose. — On sait. — Non. Petit silence. — Vous savez qu'ils cherchent. Vous ne savez pas quoi. Même Emmanuel leva la tête. Kenji planta son tee dans l'herbe. Puis : — Ils cherchent quelqu'un. Le vent souffla. — Qui ? demanda Alex.
— Si je savais... je serais déjà mort. Lisbonne. Vieille église. Quartier oublié. Pierre noire. Bougies. Odeur d'encens. Luna avançait seule. Dans un coin discret. Une Santa Muerte. Pas officielle. Pas reconnue. Simplement présente. Comme beaucoup de choses anciennes. Elle s'assit. Puis posa son chapelet noir sur ses genoux. Long silence. Puis : — Grand-mère... Le mot résonna dans l'église vide. — Je crois que je suis perdue. Les bougies vacillaient. Comme une réponse. Ou un courant d'air. — Emmanuel porte le monde entier sur ses épaules. — Et je ne sais plus comment l'aider.
Puis : — Les enfants arrivent dans cette histoire. Sa voix trembla légèrement. — Je ne veux pas qu'ils deviennent comme nous. Long silence. Puis elle sourit. Parce qu'elle entendit presque la réponse de sa grand-mère. "Alors protège ce qui est encore innocent." Zone industrielle de Lisbonne. Nicky conduisait discrètement. Très discrètement. Ce qui n'était pas son style. Devant elle. Un camion. Banal. Trop banal. Le genre de camion qu'on oublie immédiatement. Le pire genre. Elle gardait ses distances. Puis aperçut quelque chose. Une petite main. Derrière une grille. Une seconde seulement. Puis plus rien. Le sourire de Nicky disparut. Complètement. — Diana... — Oui ?
— On les a trouvés. — Les enfants. Costa. Salazar sortait de l'eau. Dernière vague. Dernier tube. Dernier sourire. Puis il aperçut quelqu'un. El Cuervo. Toujours. L'homme mystérieux. Toujours là. Toujours trop près. Toujours trop calme. Salazar prit sa planche. Et le suivit. Almada. Petit hôtel. Vue sur le Tage. Établissement discret. Le genre d'endroit où les gens ne posent pas de questions. El Cuervo entra. Quelques minutes plus tard. Une femme arriva. Élégante. Magnifique. Sur le toit voisin.
Un adolescent en skate. Appareil photo. Objectif longue portée. Clic. Clic. Clic. Des dizaines de photos. El Cuervo. La Femme. Ensemble. Discussion. Enveloppe. Échange. Puis : Clic. Une dernière photo. La plus importante. Parce qu'au fond de l'image... assis sur un banc. Casquette. Vieil homme. Silencieux. Personne ne le regardait. Personne ne faisait attention à lui. Sauf le gamin. Qui zooma. Puis resta figé. Parce qu'il reconnut immédiatement le visage.
Gabriel Voss. Retour au golf. Dernier trou. Alex s'apprêtait à tirer. — Si je réussis celui-là... — Tu ne réussiras pas. dit Emmanuel. — Laisse-moi rêver. Alex frappa. La balle partit. Rebondit sur un panneau. Sur un arbre. Sur un chariot. Puis... Tomba directement dans le trou. Absolu. Kenji regarda la balle. Puis Alex. Puis Emmanuel. Puis la balle. — C'était volontaire. déclara Alex. — Bien sûr. répondit Emmanuel. — Je maîtrise une technique secrète. — Laquelle ? Alex sourit.
— Le chaos. Kenji éclata de rire. Et pour la première fois depuis longtemps... Emmanuel aussi. Mais au fond de lui... une phrase continuait de tourner. Atlas cherche quelqu'un. Et il commençait à craindre que ce quelqu'un ne soit pas lui.
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