Saison 4 - Épisode 7 - GHOSTS IN THE SAND

📖 CAPARICA SINS ✍️ Splinter 📝 494 mots


L'océan était calme.

Étrangement calme.

Pas de vent.

Pas de tempête.

Pas de cargos.

Pas d'Atlas.

Pas de fusillades.

Juste le bruit des vagues.

Et Emmanuel.

Seul.

Pour une fois.

Très tôt le matin.

Caparica dormait encore.

Les bars étaient fermés.

Les surfeurs absents.

Les touristes invisibles.

Même Alex dormait probablement.

Ce qui relevait du miracle médical.


Emmanuel marchait dans le sable humide.

Les mains dans les poches.

Le regard perdu quelque part entre l'horizon et ses souvenirs.

Depuis le départ de Klaudija...

quelque chose avait bougé.

La bague.

Le premier mensonge.

La photo.

Le symbole.

Tout revenait.

Comme une marée.

Et le problème avec les marées...

c'est qu'elles ramènent toujours ce qui n'a jamais réellement disparu.


Le Mexique revint en premier.

Toujours le Mexique.

Le soleil.

La poussière.

Les armes.

Le sang.

La jeunesse.

Une époque où il croyait encore que survivre était suffisant.

Une époque où chaque journée ressemblait à la dernière.

Un monde simple.

Manger.

Dormir.

Rester vivant.

Le reste était un luxe.

Puis Tokyo.

Toujours Tokyo.

Les néons.

La pluie.

Les moteurs.

Le bruit des rues.

Les regards silencieux.

Les hommes qui ne souriaient jamais.

Les femmes qui comprenaient tout avant les autres.

Et Michiko.

Toujours.

Comme une cicatrice.

Pas douloureuse.

Simplement présente.

Le genre de souvenir qui refuse de mourir.

Puis la Lituanie.

Les forêts.

Le froid.

Les lacs.

Les routes infinies.

Les enfants.

Klaudija.

Les années.

La vie normale.

La vraie.

Celle qu'il avait essayé d'avoir.

Et qu'il n'avait jamais réellement réussi à garder.


Il s'arrêta.

Le soleil commençait à apparaître.

Lentement.

Comme s'il hésitait.

Une silhouette se dessina derrière lui.

Il n'eut même pas besoin de se retourner.

— Tu me suis.

— Je te surveille.

répondit Luna.

— C'est pire.

— Je sais.


Elle s'assit dans le sable.

Comme une reine qui aurait perdu son trône mais conservé sa dignité.

Le rosaire glissait lentement entre ses doigts.

Une.

Deux.

Trois.

Toujours.

Emmanuel regarda l'océan.

Puis finalement demanda :

— Tu crois aux fantômes ?

Luna sourit.

— Ça dépend.

— De quoi ?

— De si tu parles des morts ou des souvenirs.

Silence.

— Les souvenirs alors.

Elle regarda les vagues.

Longtemps.

Puis répondit :

— Les souvenirs sont les pires fantômes.

Le vent souffla légèrement.

Le rosaire s'arrêta.

Une perle.

Mémoire.

Encore.

Toujours.

— Pourquoi ?

demanda Emmanuel.

Luna leva les yeux vers lui.

— Parce qu'ils marchent avec nous.

Pause.

— Ils mangent avec nous.

Pause.

— Ils dorment avec nous.

Pause.

— Et ils nous parlent quand personne d'autre ne le fait.

Le silence revint.

L'océan continuait son travail.

Comme il l'avait toujours fait.

Comme il le ferait toujours.

Puis Luna ajouta doucement :

— Mais parfois...

— Oui ?

— Ils nous empêchent aussi d'avancer.

Pour la première fois depuis plusieurs minutes...

Emmanuel sourit.

Pas parce qu'il était heureux.

Parce qu'elle avait touché juste.

Comme toujours.


Très loin au large.

Un cargo traversait lentement l'horizon.

Invisible pour la plupart des gens.

Mais Emmanuel le regardait.

Sans savoir pourquoi.

Puis il regarda la bague lithuanienne.

Puis le rosaire.

Puis l'océan.

Et quelque part...

pour la première fois depuis longtemps...

il eut la sensation étrange que toutes les routes de sa vie convergeaient vers le même endroit.

Pas Caparica.

Pas Tokyo.

Pas la Lituanie.

Quelque chose d'autre.

Quelque chose qu'il ne voyait pas encore.

Luna observa son visage.

Et pour la première fois...

elle comprit pourquoi le rosaire revenait toujours aux mêmes perles lorsqu'elle pensait à lui.

Mémoire.

Perte.

Destination.

Le chemin d'Emmanuel.

Puis elle se leva.

Et tendit la main.

— Viens.

— Où ?

— Petit déjeuner.

— C'est ça ton grand conseil spirituel ?

— Oui.

— Après tout ça ?

— Oui.

— Tu es vraiment une sorcière nulle.

Luna éclata de rire.

Le vrai rire.

Et pendant quelques secondes...

Atlas.

Origin.

Le premier mensonge.

Les fantômes.

Le passé.

Tout disparut.

Il ne resta plus que deux silhouettes marchant sur une plage.

Comme si le monde leur accordait une pause.

Une seule.

Avant la prochaine tempête.

💬 Commentaires 1

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Lana • 1 semaine, 6 jours
Petite pause, réflexions intenses, avant le retour au combat.
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