L'épée du cœur : partie 2/3

📖 Cœur de Cristal ✍️ Shelly_Yun 📝 3027 mots

Après deux jours de traversée, n’ayant pour seul paysage que le sable à perte de vue, ils aperçurent enfin les remparts brillants de la capitale se dessiner à l’horizon. Rufus leur donna rendez-vous dans deux heures aux portes de la ville, puis quitta Amélia et le garçon pour se diriger vers le château resplendissant de la famille royale. Il chevaucha rapidement dans les ruelles étroites, faisant confiance à Cloclo pour éviter les passants, puis arriva enfin devant les grandes marches du palais. Quelques jours plus tôt, il avait envoyé une missive au roi Ygor pour lui demander une audience spéciale. Les gardes le laissèrent entrer dans le château et le conduisirent dans une grande salle, éclairée par des lustres en diamant, dans laquelle se trouvait un trône au dossier immense. Des portraits des précédents souverains étaient accrochés sur les murs. Le parquet était si bien lustré qu’on pouvait y admirer son reflet. Rufus s’avança vers le trône où était assis un homme de taille moyenne, portant une barbe brune bien taillée, un long manteau de fourrure vermeil sur le dos et une redingote en soie décorée des armoiries royales. Il tenait d’une main ferme un sceptre dont le pommeau représentait la tête d’un lion d’or, symbole de la dynastie Sandoria. L’homme d’âge mûr avait des cheveux grisonnants parsemés sur le crâne et des traits autoritaires. Ses yeux emplis de sagesse se posèrent sur le jeune scientifique qui s’inclinait devant lui.

— Rufus Astrea, annonça-t-il lentement en détachant chaque syllabe. Que me vaut cet honneur ? As-tu fait des progrès sur le projet dont nous avons convenu ? J’ai reçu le rapport fort encourageant du colonel Green la semaine dernière.

— Ouais, fit Rufus en se frottant la nuque avec embarras.

Bon, comment annoncer ça de la manière la plus adéquate possible ? Le scientifique se releva en souriant nerveusement.

— A ce propos, vieu- je veux dire Votre Altesse.

— Oui ? fit le roi en levant un sourcil attentif.

— Je souhaitais vous prévenir de mon départ, continua Rufus en se disant qu’il valait mieux retirer le bandage d’un coup sec.

— QUOI ? s’exclama le roi d’un air profondément contrarié. Comment ça ? Où donc crois-tu aller alors que tu n’as pas accompli ma requête ?!

— Je pars à la recherche du château de la déesse Angela, révéla Rufus sur un ton sérieux et calme.

Le roi resta muet d’étonnement. Les quelques conseillers qui patientaient à ses côtés eurent le visage déformé de stupeur devant sa déclaration. Le souverain se racla la gorge, essayant de garder son sang-froid malgré la colère naissante dans ses yeux, puis posa un regard sévère sur le jeune homme.

— Mon garçon, je ne te comprends pas… dit-il d’un air déçu. Je pensais pouvoir te faire confiance concernant l’avenir de notre royaume, mais à présent, tu me parles d’un conte pour enfant ?

— J’ai des preuves de l’existence de ce château, affirma Rufus sans en démordre, et elles me viennent de la main de Clovis Cyrus lui-même !

— Vraiment ? demanda le roi en ouvrant des yeux soudain intéressés. Tu crois donc pouvoir trouver ce château ? Malgré cela, Rufus, qu’en est-il de ce que tu m’as promis ? Le moyen de secourir mon royaume ? Crois-tu que les rebelles et les pays étrangers vont attendre ton retour pour se mettre en mouvement ? Penses-tu que les miséreux mourant de soif s’intéressent à une vieille légende oubliée ? Je veux du concret !

— Votre majesté ! répliqua Rufus avec audace. Je terminerai mon projet dans les moindres délais ! Toutefois, on dit que le voyage élargit les horizons. En tant que scientifique, je dois m’assurer d’avoir toutes les cartes en main. Découvrir le pays que nous voulons tous sauver de mes yeux me permettra de mieux cerner la manière de le faire ! Mon invention s’enrichira de mes expériences. De plus, ne croyez-vous pas qu’un château d’où tombe une cascade serait aussi bénéfique au Royaume d’Angela ?

— Tes arguments se tiennent, marmonna le roi dans sa barbe, en pleine réflexion.

Il se concerta avec ses conseillers, puis prit sa décision.

— Dans ce cas, je vais t’offrir une escorte de soldats afin d’assurer ton voyage jusqu’à ce château mythique, déclara-t-il.

— Ah, s’exclama Rufus en secouant les mains, non ce ne sera pas nécessaire ! J’ai déjà assemblé les personnes qu’il me faut, je n’ai pas envie de réquisitionner plus de monde, je vous remercie !

Rufus n’avait pas besoin de s’encombrer de soldats à l’esprit étriqué ! Ils ne feraient que les ralentir et remettre en question chacune de ses décisions. Il s’inclina une dernière fois avant de quitter le palais. Alors qu’il traversait les couloirs bordant le jardin royal, dont les fragrances lui chatouillaient le nez, il tomba par hasard sur la princesse Fidelys. Il s’inclina respectueusement devant la femme accompagnée de ses domestiques.

— R-Rufus ! bredouilla l’adolescente en rougissant. J’ignorais que vous étiez au palais !

— Je m’en allais justement, répondit le scientifique en faisant mine de passer son chemin.

— Attendez ! s’écria la princesse en le retenant. Je voulais justement vous parler…

Elle posa timidement sa main sur le collier bleu qu’elle portait au cou, voulant sûrement que le jeune homme le remarque, mais ce dernier ne sembla pas prendre conscience des signaux qu’elle lui envoyait. Il attendit patiemment qu’elle prenne la parole, sans comprendre pourquoi elle paraissait si déçue.

— Voyez-vous, hésita-t-elle en se tortillant les cheveux, cela fait un moment que nous nous connaissons.

— Pas vraiment, répondit Rufus en cherchant dans sa mémoire depuis quand il connaissait la princesse.

A vrai dire, il ne se souvenait même pas de lui avoir déjà adressé la parole. Il l’avait peut-être croisée une ou deux fois au palais ou lors d’évènements officiels, mais il n’y avait pas fait attention. Fidelys fut choquée de sa réponse. Elle posa une main délicate sur son visage, l’air stupéfait, puis reprit un air noble. Elle ne se laisserait pas abattre pour si peu ! Rufus était sûrement trop intimidé par son rang social élevé pour admettre ses sentiments. Elle se mit à rougir.

— Bon, il est vrai que nous ne nous connaissons pas si bien que cela, vous et moi… admit-elle tristement. C’est pourquoi j’aimerais en apprendre davantage sur vous ! Que diriez-vous d’être mon fiancé ?

La princesse plaça une main sur ses joues rouges pivoines. Elle l’avait dit ! Fidelys n’en revenait pas d’avoir enfin demandé à Rufus de devenir son petit-ami. Elle sentait une bouffée de chaleur l’envahir à l’idée de son expression profondément touchée. Ce devait être un honneur pour lui que la princesse lui porte de l’intérêt ! Elle ouvrit les yeux pour admirer son visage empreint de bonheur, mais resta pantoise. Il arborait un air ennuyé. Elle se mit à trembler d’effroi.

— Euh, comment dire, merci ? fit Rufus en prenant un air gêné. Mais l’amour ce n’est pas trop mon truc, désolé ! Je dois partir en voyage justement, et je suis un peu pressé… Je me vois dans l’obligation de refuser votre demande, pourtant si flatteuse.

En plus, il n’avait de place que pour la science dans son cœur. Sans plus d’explication, il préféra prendre ses jambes à son cou. La princesse Fidelys sentit son sang bouillir dans ses veines. Est-ce qu’il venait de lui dire non ? Elle grinça des dents, furieuse, humiliée, et hurla aux gardes du château qui patrouillaient :

— Rattrapez-le moi, immédiatement ! Je ne tolérerai pas cet affront !

La princesse était hors d’elle. Les domestiques osaient à peine respirer. Personne ne refusait jamais quoi que ce soit à Fidelys. Ses crises de colère étaient notoires parmi les gens du palais. On ne disait pas non à la petite fille chérie du roi. La princesse serra les poings de fureur. Comment avait-il osé ? Ce Rufus, pour qui il se prenait ? Ce n’est pas parce qu’il était beau à en tomber par terre, avec ses longs cheveux qui lui faisaient penser aux pétales de rose de son jardin, avec ses yeux plus brillants que le coucher de soleil, et son intelligence si séduisante… Fidelys se mit à rougir. Non ! Il allait voir ce qui l’attendait ! Il l’épouserait, un point c’est tout ! Tous les gardes du palais se mirent à la poursuite du jeune scientifique qui dut s’enfuir pour leur échapper.

— Mais qu’est-ce qu’il leur prend ?! s’étrangla-t-il en voyant son cheval près de l’entrée du château.

L’un des soldats postés aux portes, ne comprenant pas bien ce qui se passait et n’ayant eu que l’information d’attraper un individu s’enfuyant, braqua sa lance vers le jeune homme qui approchait. Il donna un violent coup en visant Rufus, qui s’écarta juste à temps pour l’éviter.

— Sérieusement ? susurra-t-il entre ses dents.

— Je ne te laisserai pas t’échapper, mécréant ! cria le soldat avec un peu trop de zèle.

— Ah ouais ? répondit Rufus avec défiance. Désolé d’avance mon pote, t’étais juste au mauvais endroit, au mauvais moment.

Le soldat lui lança un regard de travers, confus. En tout cas, il n’avait pas l’intention de bouger pour laisser passer le jeune homme. Rufus s’élança vers le garde et attrapa le bout de sa lance avec sa main gantée.

— Electrical touch ! s’écria Rufus en souriant, narquois.

Soudain, une décharge électrique se propagea du gant jusque dans l’arme, et traversa le soldat de part en part. Ce dernier s’écroula sur les marches du palais, engourdi par le choc électrique. Rufus en profita pour rejoindre son cheval et chevaucha rapidement en direction des portes de la capitale, tandis que les soldats se lançaient à sa poursuite avec un léger retard. Après quelques virages serrés dans les ruelles pour s’assurer que personne n’était à ses trousses, il prit la direction des portes où l’attendaient Amélia et Théo. Quelle histoire, soupira-t-il en essuyant les gouttes de sueur qui perlaient sur son front. Encore un peu, et il se mariait l’imbécile. Avec la princesse Fidelys en plus ! Quel cauchemar ! En plus de ça, en l’apprenant le roi lui aurait fait trancher la tête, sans aucun doute… Après trente minutes, il parvint aux grandes portes majestueuses de Rived’or.

— Rufus ! s’exclama Amélia en le saluant joyeusement.

— Vite, il faut filer d’ici ! cria le jeune homme en les incitant à partir sur le champ.

— Qu’est-ce que tu as encore fait ? demanda la joaillière, exaspérée, en faisant claquer la bride de son cheval.

— Pourquoi estimes-tu systématiquement que je suis le fautif ? rouspéta Rufus entre ses dents.

Les deux chevaux se mirent en route et quittèrent la capitale à la hâte. La roulotte prit la direction du désert sablonneux, sous une chaleur accablante, roulant dans le sable fin avec pour destination la ville de Crépuscule, aussi connue sous le nom de la ville de lumière, le bastion principal de l’Eglise de la déesse Angela. Ils avaient à peine parcouru un kilomètre qu’ils entendirent de grands cris derrière eux. Théo et son caméléon relevèrent la tête, intrigués, plissant les yeux pour apercevoir à qui appartenait cette voix grondante comme le tonnerre. Le garçon se figea de terreur en voyant un cavalier galopant à une vitesse prodigieuse dans leur direction, le visage marqué par une sévérité inquiétante. L’homme montait un étalon blanc, le regard d’un noir puissant braqué sur la petite troupe, portant une armure légère sur le torse. Une épée accrochée à la ceinture et un bâton de combat dans le dos, le guerrier ressemblait à un ours enragé prêt à leur bondir dessus.

— Qui est cet énergumène qui nous fonce droit dessus ?! fit Théo en tremblant de peur.

— Bon sang ! s’exclama Rufus en catastrophe. Fidelys a sérieusement envoyé ce mastodonte après moi ?! Elle est vraiment en colère…

— Le colonel Erwin Green ? s’écria Amélia en écarquillant les yeux. Mais qu’est-ce que tu as fait à la princesse, Rufus ?!

— Comme je te l’ai déjà dit, pourquoi penses-tu que j’ai fait quelque chose de mal ? Je n’imaginais pas qu’elle enverrait carrément le colonel !

— RUFUS ASTREA !!! s’époumona Erwin Green en rattrapant à grands pas la roulotte qui filait pourtant à sa vitesse maximale. Arrête-toi !

Rufus jeta un regard rapide par-dessus son épaule en galopant, ses cheveux écarlates dans le visage, du sable dans les yeux. Il tira brusquement les rênes de son cheval, qui s’arrêta net.

— On n’arrivera pas à lui échapper, lâcha-t-il avec agacement, Erwin est le meilleur cavalier de son régiment ! Avancez, c’est à moi qu’il en veut !

— Rufus ! s’écria Amélia en le dépassant. Ce n’est pas ce qui était prévu !

— Je sais, je vous rattraperai, ne vous en faites pas !

La femme aux cheveux bouclés hésita à tirer sur la bride de son poney, qui était déjà essoufflé par sa course, mais continua à contre-cœur son chemin. Leur aventure commençait très mal ! Théo jeta un coup d’œil en arrière, inquiet malgré-lui pour le scientifique, et vit le chevalier en armure s’approcher dangereusement du gringalet.

— Il va se faire tuer, fit Théo en caressant doucement Chewing-gum, dont la peau vira au bleu clair.

Il avait presque l’air désolé, mais son expression ne trahissait pas d’émotion à l’idée que Rufus se fasse étriper. Soudain, ses yeux s’écarquillèrent. Rufus était toujours en possession du précieux journal de Clovis.

— Oh non, murmura Théo avec un léger doute, il va vraiment se faire tuer.

Et je vais perdre le journal.

Amélia arrêta soudainement la roulotte, pour laisser son cheval reprendre son souffle, puis après un instant de réflexion, elle décida finalement de faire demi-tour. Elle laissait Rufus deux heures sans surveillance et il avait déjà toute l’armée aux trousses ! Elle ne pouvait pas l’abandonner comme ça ! Elle ignorait ce qu’il avait fait, mais la joaillière imagina mille excuses différentes pour calmer le courroux de la princesse Fidelys tandis qu’elle chevauchait de nouveau dans la direction de Rived’or.

Rufus sauta de son étalon noir, bien déterminé à en découdre. Il ajusta ses gants et baissa ses petites lunettes de mécanicien sur ses yeux dorés, se préparant à un combat acharné. Après tout, son adversaire n’était pas n’importe qui. Le colonel Erwin était réputé pour sa force et son habilité au combat, et Rufus avait pu maintes fois le constater quand il était cadet sous ses ordres. Il patienta tandis que le colonel descendait de sa monture, faisait tinter son armure. L’homme aux cheveux ébène s’avança en silence du scientifique.

— N’essaies pas de m’arrêter ! fit Rufus entre ses dents. Je n’ai pas l’intention de l’épouser, ni de m’excuser, et encore moins de me faire décapiter !

— Quoi ? marmonna Erwin sans comprendre. Qu’est-ce que tu racontes ?

Le soldat porta la main à sa ceinture pour saisir un objet qu’il avait dans sa sacoche, mais Rufus l’interpréta mal. Il sentit son cœur bondir dans sa poitrine, et s’élança vers Erwin, la main tendue en avant.

— Electrical touch ! hurla Rufus en posant ses doigts sur l’armure de plates de l’homme, qui faisait bien deux têtes de plus que lui.

L’armoire à glace resta cependant de marbre. Erwin posa un regard plein de confusion sur Rufus. Le scientifique ouvrit une bouche béante, abasourdi.

— Ça ne t’a rien fait ?! s’exclama-t-il en déglutissant. Tu n’as rien senti ?

— Hum ? murmura Erwin en posant ses yeux sombres sur la main de Rufus, toujours appuyée contre son torse. Ah, je crois avoir ressenti une minuscule décharge…

Rufus pleura intérieurement. Erwin était un monstre. Il n’avait aucune chance de le battre ! Le pauvre se voyait déjà ramené de force à la capitale pour être châtié par la princesse Fidelys, ou pire, être obligé de se fiancer avec elle. Adieu le voyage périlleux à la recherche du mystérieux château de la déesse ! Erwin leva un sourcil circonspect en voyant la mine affligée de Rufus.

— Je sais que tu as dit ne pas vouloir d’escorte, expliqua le soldat en sortant de ses affaires un petit parchemin contenant une note officielle signée du roi, mais sa Majesté a insisté pour que je vous accompagne.

Rufus écarquilla les yeux. Quoi ? Une escorte du roi ? Le jeune homme se plaqua la main contre la figure en riant brusquement. C’était ça ! Il releva ses lunettes en pleurant de rire, soulagé de ne pas avoir à affronter Erwin. Le colonel le contempla avec désarroi. Il commençait à se demander si la folie n’avait pas eu raison du scientifique. D’abord cette histoire de voyage sortie de nulle part, pour trouver un château imaginaire, et maintenant il s’esclaffait de rire tout seul.

— Le roi aimerait s’assurer que le projet avance bel et bien, et il s’intéresse aussi de près à cette histoire de château volant dans le ciel. Je serai ses yeux et ses oreilles durant le voyage.

La roulotte arriva en trombe devant les deux hommes. Amélia sauta de son siège en faisant voler les pans de sa robe vert pomme, et planta profondément ses yeux émeraudes dans ceux d’Erwin.

— J’aimerais faire mes plus plates excuses à la princesse Fidelys, déclara-t-elle d’un regard déterminé, quoi que cet énergumène ait fait, je lui conjure de lui pardonner !

Erwin observa Amélia avec surprise, puis se tourna lentement vers Rufus d’un air suspicieux.

— Qu’est-ce que tu as encore fait, Rufus ? laissa échapper Erwin avec exaspération.

— Mais je n’ai absolument rien fait ! s’exclama le scientifique.

Amélia dévisagea les deux hommes avec confusion.

— On a un nouveau compagnon de route, expliqua Rufus en souriant. Plus on est de fous, plus on rit ! Bon, maintenant il faut vraiment filer…

Théo leva un sourcil circonspect. La perspective ne l’enchantait guère, mais il se garda d’intervenir. Erwin grimpa sur son cheval blanc d’un bond agile, rejoignant le groupe pour leur périple à travers le désert aride. La roulotte reprit sa route en direction de la ville Crépuscule, escortée par le colonel Green ainsi que Rufus chevauchant son vaillant Cloclo.

💬 Commentaires 1

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patrick.skedli • 6 heures, 38 minutes
J'ai trouvé que le roi acceptait un peu vite de laisser partir Rufus.
Sinon un chapitre amusant avec cette princesse un brin antipathique et autoritaire, une véritable enfant gâtée.
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