Médée (villanelle)
Il y a villanelle et villanelle.
Pour les yeux de ton hôte,
Pour un peu de frissons,
Tu sens ce cœur qui saute,
Silence les soupçons.
Ton frère flotte, anide,
Dans l’eau des trahisons ;
Qu’elle est loin la Colchide
Et ses douces saisons.
Pour l’amour de ton jules
Qui appelle au talion,
Tu ranges tes scrupules
Dans quelque court-bouillon.
Jeune mère apatride,
Maîtresse des poisons ;
Qu’elle est loin, la Colchide
Et ses douces saisons.
L’idylle s’est éteinte ;
Naguère, il t’adulait.
À qui vont ses étreintes
Dans ce nouveau palais ?
Le substitut algide
Flambera au tison ;
Qu’elle est loin, la Colchide
Et ses douces saisons.
Entre les cris, les plaintes,
L’incendie étouffant,
La ville labyrinthe
T’arrache à tes enfants.
Pour des yeux intrépides,
De divines raisons ;
Qu’elle est loin, la Colchide
Et ses douces saisons.
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