Cet hiver-là, le lac était pris dans la glace
Une villanelle, ça faisait longtemps.
Cet hiver-là, le lac était pris dans la glace
Comme j’étais piégée à risquer le fagot ;
Quand viendra le printemps, je referai surface.
Il promettait le nord, l’écran de sa cuirasse,
Moi, j’étais sans boussole à mimer la margot ;
Cet hiver-là, le lac était pris dans la glace.
Il bombardait d’amour, mais sans laisser de traces,
Car encore mineure, il craignait les ragots ;
Quand viendra le printemps, je referai surface.
Il savait me guider et calmer mes angoisses
Et m’apprit à danser au pas de son tango ;
Cet hiver-là, le lac était pris dans la glace.
Souvent, je le déçus et souffris sa disgrâce ;
Rarement ses pardons s’avéraient prodigaux.
Quand viendra le printemps, je referai surface.
Un jour de bref redoux, je sortis de l’impasse
Pour retrouver mes peurs et mon inculte ego ;
Cet hiver-là, le lac était pris dans la glace,
Quand viendra le printemps, je referai surface.
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