Sainte-barbe
La sainte-barbe était le nom, à bord d'un navire de guerre, des entrepôts à poudre et à munitions.
Les palaces flottants sous pavillon duplice
Font scintiller la nuit loin de la marina,
Des reflets fragmentés de lune et d’artifice,
Fracassent de couleurs la party jetsettrice ;
Le teck aussi transpire et sent la gomina.
L’excès est de rigueur, c’est bien la seule norme
Des désirs assouvis, tous à la perfection.
L’inlassable équipage au sourire uniforme
S’affaire en demi-teinte, attendant que s’endorment
Les pseudo impétrants d’une prélibation.
S’il advient qu’une main sous les jupes divague
Que tel ordre outrepasse et morale et fonction,
À l’abri des regards ou au centre des blagues,
Il n’est qu’un interdit : causer la moindre vague ;
À bord, on méconnaît violence ou agression.
Passeports retenus, mauvais calculs horaires,
Contrats jamais fournis ou avec un blanc-seing,
Le large rend étroit le repos ancillaire
Quand ça prend pour acquis les penchants mercenaires
De corps larbinisés à l’huile de ricin.
Les palaces flottants, ces galères modernes,
Étendent leurs transats pour des cuirs racornis ;
On lotionne à foison sous les regards paternes
Et dans l’ordre établi, aucun coup de galerne
Ne viendrait refroidir l’insensible vernis.
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