Le Cinquième Jour – Le masque de verre
Le Cinquième Jour – Le masque de verre
Gustavo,
Le cinquième jour est arrivé, et le poids est revenu. Je me suis réveillé à côté de John. Je l'aime, de cette tendresse profonde que l'on porte aux piliers. Mais ce matin, j'ai ressenti un vertige atroce.
Je suis là, je l'accompagne, mais mon âme est restée suspendue à ce que j'ai vécu avec toi. C’est une sensation effroyable : celle d'être un imposteur. Je suis le socle de ma famille, mais je suis une âme en lambeaux.
J'ai peur que cet amour immense ne devienne ce qui m'empêchera d'être présent. Je ne veux pas oublier, mais cette douleur est une plaie ouverte qui menace de tout engloutir.
Comment concilier ce que je ressens pour toi avec la vie que je mène ? C'est une question qui me hante, une équation insoluble. Je me sens divisé, déchiré entre mon devoir et ma passion.
John ne sait rien, ou peut-être qu'il sait tout, mais nous ne disons rien. Ce silence est une protection, une manière de ne pas briser ce qui nous lie. Mais c'est un silence qui me pèse, un masque de verre qui menace de se briser à chaque instant.
Je travaille pour oublier, pour ne plus penser, mais le souvenir de ton visage revient, lancinant, comme une musique de fond que je ne peux pas éteindre.
Je suis cet homme qui porte un masque pour protéger ceux qu'il aime de sa propre noirceur. C'est un sacrifice que je fais, sans rien attendre en retour.
Je continuerai à être ce socle, quoi qu'il m'en coûte, car c'est ma responsabilité. Mais le prix est lourd, Gustavo, si lourd.
Ton bâtisseur silencieux, Xavier.
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