Le Sixième Jour – Le prix de la mémoire
Le Sixième Jour – Le prix de la mémoire
Gustavo,
Le sixième jour est venu confirmer ce que je redoutais. Entre John et moi, le temps a transformé les ardeurs d'autrefois en une forme de colocation. C'est sans doute pour cela que quand tu es apparu, tout a volé en éclats.
Je ne chercherai pas à m'enfuir de cette souffrance. Je la regarde en face. Si je dois souffrir éternellement, alors soit. Je préfère cette éternité de douleur, parce qu'elle est la preuve que j'ai aimé.
John est mon ami. Mais mon amour pour toi est mon secret sacré. Il définit la profondeur de mon âme. Je ne veux pas que cette souffrance disparaisse, elle est la marque de mon humanité.
Chaque jour est un combat pour rester fidèle à ce que j'ai ressenti, à cette vérité que personne ne peut me retirer. C'est mon sanctuaire, le seul endroit où je suis vraiment moi-même.
Je vais continuer à travailler, à enlever les encombrants des maisons des autres, à m'épuiser dans le bricolage, mais tout cela ne sera que le décor de mon silence.
Tu es devenu mon point de repère, même dans l'absence. Je ne t'attends plus, mais je ne te quitte pas, tu fais partie de ce que je suis désormais.
C'est un choix, une décision d'homme qui assume ses cicatrices comme des médailles. Je ne cherche pas à guérir, je cherche à porter.
Et si c'est le prix à payer pour avoir connu ce que signifie aimer, alors c'est un prix que je suis prêt à payer chaque jour.
Ton bâtisseur silencieux, Xavier.
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