Le Deuxième Jour – Le tri des décombres

📖 Gustavo Les Heures Claires ✍️ LeBatisseurSilencieux 📝 273 mots

Le Deuxième Jour – Le tri des décombres


Gustavo,

Le deuxième jour est celui des questions que je n'ose pas poser. J'ai passé la journée à vider une maison, à jeter ce qui ne sert plus. Je fais la même chose dans ma tête.

J'essaie de trier ce qui est "encombrant" dans mon amour pour toi. Est-ce que le souvenir de ta voix est un déchet ? Est-ce que l'espoir que j'avais est une poussière à balayer ? Je ne peux pas.

Je refuse de jeter ce qui m'a rendu vivant, même pour un court instant. Je vais ranger, je vais organiser, mais je ne vais rien supprimer.

Le désencombrement est devenu ma méthode de survie, ma façon de garder le contrôle sur un monde qui m'échappe. Je trie les objets, les vieux bois, les métaux rouillés, et je me demande si, au fond, je ne suis pas en train de chercher une pièce de moi-même que j'aurais égarée.

Chaque objet que je manipule porte une histoire, une empreinte, et cela me renvoie à la nôtre, si courte, si fulgurante. Pourquoi est-ce que les choses restent et que les hommes s'en vont ?

Je continue de travailler, car c'est la seule chose qui me maintient en surface. Mes mains sont fatiguées, mais mon esprit est resté bloqué sur toi, en boucle.

La douleur est le prix de la vérité, celle d'avoir osé aimer. Je ne veux pas être épargné si cela signifie devenir un homme qui n'a plus rien à offrir.

Je vais continuer ce travail de tri, jour après jour, en espérant qu'à la fin, il ne restera que l'essentiel : ce que je ressens, pur et intact.

Ton bâtisseur silencieux, Xavier.


💬 Commentaires 0

Connectez-vous pour commenter ce chapitre.
💬

Aucun commentaire pour le moment

Soyez le premier à partager vos impressions !