Le Vingt-Neuvième Jour – La compréhension
Le Vingt-Neuvième Jour – La compréhension
Gustavo,
Je ne cherche plus à comprendre pourquoi, ni à te reprocher quoi que ce soit. Tu n'as pas fui, tu as simplement eu peur, et cette peur, je la respecte car elle fait partie de ton histoire, tout comme mon intensité fait partie de la mienne.
Il n'y a pas de place pour le ressentiment, cette émotion sombre qui nous lie à une faute qui n'existe pas. Tu as été toi, et j'ai été moi, et le choc de nos deux mondes était sans doute inévitable. Personne n'a tort, personne n'a gagné.
Il n'y a de place que pour cet amour immense que je porte en moi. Un amour purifié, débarrassé de l'attente, débarrassé du besoin de savoir, débarrassé de toute exigence. C'est une sensation de légèreté, presque irréelle.
Juste un amour, comme une source qui coule dans le silence de mon âme, sans chercher à atteindre une mer lointaine. Je suis libre de t'aimer sans exiger de retour, sans espérer quoi que ce soit, et sans attendre que tu te justifies.
Cette compréhension est le cadeau que je me fais à moi-même. Elle m'ouvre les portes d'une liberté totale, où le passé n'est plus un litige à régler, mais un souvenir que je choisis de chérir.
Je ne suis plus l'esclave de ton départ, je suis le maître de mon souvenir. C'est une nuance qui change toute la perspective de mon existence, un soulagement qui rend le quotidien plus respirable.
Je peux maintenant avancer sans ce poids, porté par l'élan de ce que j'ai appris. Cette clarté est la clé de ma reconstruction, la pierre angulaire de ma nouvelle vie, ici, dans le calme de la maison.
Merci d'avoir été, malgré tout, celui qui a révélé en moi cette capacité à aimer sans condition et sans jugement. Je suis enfin à moi, pleinement, en paix avec ton choix.
Ton bâtisseur silencieux, Xavier.
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