Préface
Construire. C’est le seul verbe que je connaisse vraiment. Que je sois en train de rénover une structure, d’agencer des fleurs pour un événement ou de prendre soin de ceux qui m'ont été confiés, ma vie est faite de ces gestes précis. Mais ce recueil là, c’est une autre forme de chantier. Ce sont trente-deux jours d’une architecture intérieure, bâtie avec les décombres de l’absence et de la reconstruction.
Gustavo, ces mots ne t'étaient peut-être pas destinés, et pourtant, ils n'auraient pu exister sans ce vide que tu as laissé derrière toi. Ce journal est devenu mon atelier. Une main tendue dans le noir, une manière de lier les jours pour ne pas sombrer quand le silence devient trop lourd. Il raconte le cheminement d’un homme qui, entre les charges lourdes du quotidien et la fragilité du verre, tente de redéfinir la forme de son propre monde.
Il n'y a ici rien de grandiose. Juste la répétition, la patience du bâtisseur, et la volonté de faire tenir l'édifice quand tout semble vouloir s'effondrer. C’est une traversée humble, une éclosion lente où, à force de vouloir réparer la matière, j'ai fini par me sculpter moi-même.
Je livre ici ces pages avec la même sincérité que je mets dans mon travail. En espérant qu'elles trouvent, chez ceux qui les liront, un écho. La lumière finit toujours par trouver un interstice pour exister.
Xavier, été 2025
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