Ma copine Simone

📖 Koda ✍️ Mandhyne 📝 1769 mots

J’vais encore rencontrer une copine au vu de la muselière qu’on prend avec nous. La fille qui vient souvent à la maison récemment est devant, sur la rue. J’suis trop content de la voir car ça signifie qu’on va se balader.


J’arrive pour lui dire bonjour et là, j’sens une autre odeur, un toutou ! Un jeune, une jeune même, c’est une femelle.


On met la muselière, la petite est loin devant. C’est la procédure, je l’accepte sans broncher car je sais que cela signifie que je vais pouvoir lui dire bonjour, plus ou moins. Elle s’approche de moi, moi aussi. J’essaie de ne pas faire le fou. Elle est petite. Elle s’avance, heureuse dans l’ensemble. Nos truffes se rencontrent, on se renifle et après plusieurs secondes, elle souhaite renifler plus loin. Je me tourne, ma muselière la touche et c’est le drame. 

Un cri strident sort de sa gueule, elle recule, part se cacher derrière sa maîtresse. Je les regarde, me vexe. J’essaie de la rattraper, lui montrer que je n’ai rien fait de mal. Ma maîtresse me retient fermement, avec un NON catégorique. Je n'ai rien fait moi … C’est la petite chose qui hurle sans raison et c’est moi qui reçoit une réprimande. 


L’humaine qui tient le chiot est en panique, son cœur s’emballe. Elle s’est accroupie pour rassurer son chien comme si je l’avais traumatisée. 


Mamandine redonne le ton en demandant à l’humaine de se lever car il n’y a eu aucun événement qui nécessite une protection et un geste comme ça. On procède du coup autrement pour la suite. 


Je fais donc des aller et venues devant elle, parfois je peux m’approcher à nouveau, doucement. Elle crie systématiquement et m’empêche de l’atteindre. L’exercice est épuisant et frustrant. J’ai envie de retirer ma muselière qui ne me sert à rien et le montre à mes humains. Après de longues minutes et des va et vient incessant devant ce petit chiot peureux, on m’enlève la muselière. Je tente à nouveau de l’approcher sans succès. 


Je me calme, m’assieds pour enfin me coucher. L’autre chienne ne souhaite même pas avancer si je suis dans son champ de vision. J’ai abandonné. Je suis épuisé. Qu’elle aille au diable ! Si c’est comme ça. J’ai passé une heure a essayé d’être gentil, calme, sage, éduqué ! Et elle me renie et m’évite comme si j’étais une tique géante qui allait la tuer. 


La deuxième rencontre avec ce petit monstre précieux se déroule plusieurs jours après. Cette deuxième tentative est similaire à la première. Elle avait grandi un petit peu. Elle restait claire de peau et peu musclée encore. Tout se déroula comme la première fois : cri, hurlement, aucunement le droit de m’en approcher non muselé.


Muselé, elle ne veut pas non plus. recule, se cache derrière ses maîtres. Elle n’ose même pas avancer et commencer la balade. Mes humains essaient plusieurs tentatives sous des angles différents, mais rien n’y fait. Je retourne à nouveau un peu bredouille et surtout frustré. On avait de la route en plus cette fois. Bien une demi-heure est passée ce jour-là sans succès flagrant. 


Les humains étaient plus sereins pour la deuxième sortie. J’espère qu’ils n'abandonneront pas ! J’ai envie de me faire d’autres copains mais c’est les autres chiens qui ne veulent pas de moi… 


La troisième rencontre avec Simone fut un peu plus prometteuse. 

Elle se pissa dessus de peur. Elle tremblait mais s’était soumise en montrant son bide pour que je puisse la renifler. Muselé, je la pousse un petit peu, content de pouvoir enfin faire pleinement connaissance. Elle se redresse et commence à dire également bonjour, à sa manière. Je prends son invitation pour jouer positivement et démarre aussi le jeu. Cependant, elle eut peur, à nouveau et hurla. Sa maîtresse stressa à un niveau assez élevé. La mienne me cria dessus tout en me reculant abruptement et le plus vite possible. 


J’avais sauté sur le chiot. C’était pas ok apparemment.


Cannelle, Jo et Quartz arrivèrent quelques secondes plus tard. Effets tampons que disait leur humaine. J’adore Cannelle mais elle n’était pas non plus très encline à jouer ce jour-là. 


Plusieurs tentatives plus tard, je perdis l’envie et j’avançais sans plus trop me soucier de mes copines alentour. Simone sautait parfois sur Quartz et cette dernière ne disait rien. J’étais jaloux. Pourquoi elle pouvait jouer avec alors que j’étais toujours grondé lorsque je voulais m’amuser avec cette beauté grise ! Bon la beauté permet au chiot de sauter mais elle ne donne rien en retour. Cela diminue un peu ma jalousie.


Simone fut remise à sa place quelques fois sans que cela n'ait un grand impact sur son comportement. Elle ne voulait, cependant, pas trop s’approcher de moi et les humains faisaient en sorte que cela n’arrive pas. 


J’espère qu’elle n’allait pas s’incruster à toutes mes balades de groupes pour ensuite me voler mes copines et me forcer à marcher derrière tout le monde. Car oui, j’étais le dernier de la file, bien loin derrière. L’esprit encombré, je ne comprenais pas trop pourquoi… Mais bon, je dois dire que quand je suis frustré, mes réflexions ne sont pas très cohérentes et mon comportement en est le reflet. J’avais même essayé de jouer avec Jo qui me fixa d’un air de défi. L’humaine m’avait arrêtée à temps. Si j’avais été plus loin dans mon action, le coup de croc serait inévitable, c’est certain. Elle me tolère et veut bien me dire bonjour mais aucunement jouer avec moi. Josephine quoi … Mais je l’aime bien quand même ! 


Ce n'était pas mon jour. Aucune d’elle ne joue avec moi. Je devais regarder Simone me voler mes copines de balades et marcher derrière ma troupe… J’espérais vraiment que cela n’allait pas se reproduire ! 


Heureusement, la troisième balade groupée fut bien plus agréable. J’ai pu l’accueillir sans muselière, j’ai directement été lui dire bonjour. Elle était contente de me voir mais s’était allongée malgré tout les premières secondes. 


La balade avec mon trio de copines et la nouvelle arrivante s’est bien déroulée, j’ai joué avec Simone une bonne partie du trajet. Cela m’avait tué mais j’étais heureux. Elle devenait confiante, elle avait aussi vachement grandit et prit en assurance. J’ai plusieurs fois pu m’amuser, la mordiller, la lécher, prendre sa gueule dans la mienne, la bousculer, … Bref, des bons moments de jeux ensemble. Les humains riaient de notre comportement. Cela me réchauffe le coeur ce genre de moment. Trouver des copains ou copines qui m’acceptent comme je suis et avec qui je peux m’amuser. 


J’ai même donné à nouveau un bisou à Jo. Cannelle avait voulu me dire bonjour mais je la boudais toujours de la dernière balade sans faire attention à moi. Avant qu’elle se mette entièrement dans sa balade à renifler le sol et le moindre grain de poussière, elle m’a fait comprendre ne pas être contente. Elle boudait. Elle a continué son boudage tout le long de la balade et je n’ai pas pu jouer avec elle. 

La balade se finit comme toujours, avec des bonbons pour me récompenser, une fois monté dans le coffre de la voiture. 


Ce jour-là, j'ai du regarder mes copines dire bonjour à un nouveau. Je n’ai pas eu le droit de m’y approcher, de le renifler ou même de le suivre. Je n’avais pas ma muselière et le protocole est toujours trop respecté. Pas de rencontre sans être muselé les premières fois… Je fais trop peur, je suis trop brusque… Ils ne comprennent rien ces humains, je suis simplement authentique ! Si j’ai envie de goûter ou d’attraper le nouveau, c’est pour de bonnes raisons. 


Finalement, Simone est devenue ma grande pote ! Dès qu’on se voyait, c’était la fête. Jeu, course, … J’ai hâte qu’elle vienne chez moi ! Mais ce n’est que l’étape suivante. On doit savoir se gérer avant. Savoir se dire non, savoir rester calme, savoir … Les balades suivantes étaient toujours super rigolote en tout cas malgré mes douleurs aux hanches qui parfois m’empêchaient de vivre pleinement le moment.


Les maîtres riaient et nous aussi ! 


Elle est encore super jeune quand je vous raconte ça mais elle a déjà une force impressionnante. J’ai dû lui dire stop car elle m’avait bousculé trop fort. Après, je ne peux pas lui en vouloir, j’avais sauté sur son dos du haut de mes 50kg et l'avais plaquée au sol pour lui faire plein de léchouilles. 


J’étais content, elle avait directement compris mon STOP, s’était figée et attendait mon approbation pour recommencer le jeu ! J’sens qu’elle va rester ma copine à vie ! Vivement qu’on aille jouer dans le jardin à deux, sans les contraintes des laisses. 


Ce jour arriva, on n’arrêtait plus, j’en pouvais plus. Sa jeunesse faisait qu’elle était inépuisable, pas moi. Exténué je souhaitais calmer le tout et me reposer mais les signes n’étaient pas compris. Après le jardin, la maison. Elle continua encore de me relancer, puis au final, je la relançais aussi. On ne s’arrêtait jamais. 


Il y a eu plusieurs fois où on s’est vu chez moi. Cependant, il y a eu une longue pause puis plus aucune visite de ma copine. Je vieilli, je deviens fragile et apparemment … Si je me blesse un peu trop fort je risque l’euthanasie. Je ne sais pas c’est quoi ce mot mais il fait battre le coeur de Mamandine à mille à l’heure donc on va éviter. J’ai toujours mon trio gagnant qui se compose désormais de Jo, Quartz et Aetos.



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