Promenons-nous dans les bois
Que dire de cette sortie. J'ai adoré ! Je commence à vraiment apprécier ce genre de balade. Encore plus quand il y a d’autres copains.
Enfin, j'ai eu peur à un certain moment lorsque j'étais dans l'eau mais chaque chose en son temps. Je vais tout vous raconter !
Je n'avais jamais connu ça avant. Nous étions au début de ma vie avec mes nouveaux humains. De base l'eau je la sentais tomber du ciel et dégoulinant dans mes poils. Il en faut d'ailleurs beaucoup pour que cela touche réellement ma peau et transperce ma couche énorme de poils.
Ici, nous partions pour une journée de balade au vu du harnais, du collier et du sac que mes humains avaient préparés.
J'ai trop hâte de partir !
Je saute lorsqu'ils prennent le harnais qui signifie longue balade.
J'aboie et cours vers la porte d'entrée, je râle de leur lenteur. Je tourne en rond, repars les chercher, retourne à la porte, sautille. J'ai tellement hâte.
Dire qu'avant j'avais super peur de monter dans leurs engins de malheur. C'est avec cette chose que mon ancien maître m'avait laissé dans l'endroit lugubre et triste dont je vous ai déjà conté l'histoire. Mais maintenant, je n’y pense plus ou très rarement.
Avec cet engin, nous avons aussi été chez le véto des toutous ce qui n'était pas non plus agréable. J'en ai perdu ma dignité. Si vous avez loupé le chapitre qui l'explique, retournez aux précédentes pages, cela vous fera une petite piqûre de rappel.
Enfin, après de nombreux aller-retour en voiture parfois chouette, parfois moins drôle, j'ai compris que la plupart du temps, c'était pour faire de bonnes choses.
Alors, maintenant, je suis content ! Même quand je vois ce bout de plastique qui m'empêche d'ouvrir entièrement la gueule. Certes, je peux boire, manger, grogner et aboyer mais je n'ai pas la possibilité d'attraper les autres s'ils m'ennuient.
Trève de bavardage, vous lisez ce chapitre pour en apprendre plus sur mon escapade, pas sur des sujets dont j'ai déjà déblatérer !
Je m'assieds enfin pour qu'on m'enfile mon harnais. La tête passe puis je les aide même en soulevant la patte gauche puis la droite.
Ils ajustent mon collier pour que cela ne me gêne pas. Je reste assis, comme un bon toutou. Ils me félicitent, je reçois une tape sur la tête. Ma langue pend jusque par terre, je suis heureux, trop content. Je me demande où allons-nous aller.
Plusieurs options sont possibles et le vétérinaire est à exclure étant donné que mon sac de balade est préparé. La muselière aussi donc ça peut vouloir dire que je vais rencontrer de nouveaux copains ou copines ! S'ils sont gentils et que je me comporte bien, je pourrai même enlever la muselière et aller les renifler en toute tranquillité.
Les balades sont donc soit le ravel, soit le parc avec un lac, soit un endroit encore inconnu ou alors une rencontre avec un toutou dans la région.
Ils prennent les clés de l'engin ! Youpi ! Je resaute de joie même si mes hanches n'apprécient pas du tout ce geste incontrôlé tant je suis enjoué.
Je manque de faire tomber Mamandine lorsque je fonce dehors. Ils me retiennent, tirent légèrement en arrière et veulent me rassoir. Ils attendent le temps qu'il faudra. Ils sont plus bornés que moi et moi, j'ai envie de partir donc j'obéis. Au début, c'était complexe de faire ce qu'ils me demandaient car j’étais excité et je comprenais pas pourquoi je devais m'asseoir devant cette fichue porte pendant des secondes interminables. Je devais rester assis, ne pas tirer même si la porte s’ouvrait, sortir sagement, attendre qu’ils referment et me dire go avant de dévaler les marches. Je peux comprendre car les premières fois, mon humaine les a dévalée couchée… Oups.
Une fois que je suis de nouveau calme et à l'écoute, on avance et descend doucement les marches. A croire qu'ils me mettent à l'épreuve. Je garde un maximum de calme. Et enfin, on arrive à la voiture, je les regarde, renifle le coffre, ma queue s'agite malgré moi. Ils actionnent le mécanisme qui clique. Ils ouvrent le coffre, enfin.
Je monte dedans sans aucun problème, il fait pil poil ma taille. Ils déposent ma laisse, ajustent ma queue pour qu’elle ne se coince pas lorsqu’ils ferment le coffre et on est parti. Quelle joie.
Ils s'installent devant et on démarre.
Je connais certains trajets. Ils empruntent celui du vétérinaire. Je sors alors mon plus gros soupir et mes yeux doux. Même si cela ne change jamais grand chose, enfin vaut mieux toujours essayer.
Finalement, ce n’était pas le vétérinaire.
On part loin, je vais peut-être retrouver les mini-chiens ? C'est la grand route où on roule vite, où je ne vois rien... Je me couche alors en soupirant à nouveau, histoire de leur faire comprendre.
Pfiou, le trajet est assez long, je ne sais pas où ils vont donc je vais découvrir un nouvel endroit mais avec des copains, quelle joie mêlée malgré tout à de l’angoisse… Et oui, on ne se refait pas.
Nous ralentissons, je pleure, me relève, vois les alentours. J'observe ce nouveau paysage inconnu. Je reconnais la camionnette d'une amie. Je sais qu'il y aura mes copines de toujours. Je gigote et fait tanguer l'habitacle.
Je pleure de plus belle, heureusement, les humains ne s'attardent pas trop. Ils sortent, disent bonjour à l'humaine de mes copines et viennent enfin me libérer de ce coffre exigu.
Je saute et retombe sans trop de dégâts. Je fonce, enfin, j'essaie de foncer, vers les autres qui attendent patiemment.
Cannelle (qui était encore là à cette époque) hurle, digne de sa race de chien de chasse à cours. Josephine me montre encore les dents mais cela ne m'empêche pas de lui faire une grosse lèche. Quartz n'est pas présente aujourd'hui, sa patte doit trop la faire souffrir. J'espère malgré tout qu'on ne partira pas des heures car mes hanches sont douloureuses à cause de toute l’agitation de ce départ.
Je suis content, je le montre et on me demande de m'asseoir et d'être sage. On met ma muselière, cela veut dire que je verrai d'autres copains, de nouveaux copains. L'excitation augmente encore. Je dois rester calme.
Des chiens de tailles moyennes, pas attachés arrivent, ils sautent, jouent avec mes copines. Ils viennent me renifler mais on peur de moi. Tous les chiens prennent peur et m'agressent. Je ne comprends pas alors je réplique. Ma muselière m'empêche d'attraper ces poilus impolis.
On me réprimande alors que j'allais juste leur dire bonjour. Je ne dois pas encore comprendre certaines choses car là, je suis perdu. Heureusement au fil des rencontres j’ai compris le comportement à avoir. Mais soit, les nouveaux s'en vont, libre et moi je reste attaché, en court en plus. Juste la petite laisse ... Je fais trop de nœuds avec ma corde de 20 mètres. Ma copine Cannelle est aussi toujours attachée mais sa laisse est parfois plus longue, parfois courte. On est les deux seuls tenus lors de cette balade. Les autres, libres de leurs mouvements, vagabondent, courent, vont dans les prés, vont renifler des odeurs inatteignables pour moi.
Cela me frustre un peu mais je peux, quand je veux, faire des lèche à ma copine et je fais faire des gauches droites sans fin à mon humaine. Je reste malgré ce détail super content. On découvre de nouveaux endroits. C'est super joli.
Je rencontre alors, pour la première fois, de l'eau dans une autre situation que mon bol d'eau et la pluie.
Elle s'écoule dans un courant plus ou moins fort. Les autres trempent leurs pattes. On dirait des flaques gigantesques. J'adore patauger dans les flaques. Cela doit être pareil.
J'avance avec prudence pour découvrir cette étendue mouvante.
Je place mes pattes avant tout doucement, puis, j'avance, petit à petit. C'est la même profondeur qu'une flaque. Je prends de l'assurance et avance plus vite, ouvre ma gueule en grand pour laisser de l'eau s'y engouffrer. Je tousse, trop d'eau est entrée en une fois. Cela passe également par ma truffe, au secours, je panique, recule et reprends mon souffle.
Après avoir récupéré ma respiration, je replonge dans cette aventure extraordinaire. La gueule à nouveau grande ouverte. Je comprends que je dois, de temps à autre, relever la truffe.
Je ne me rends pas compte mais je m'éloigne. Mes humains avaient troqué ma laisse par ma longue corde. Ils ne veulent pas se mouiller les pattes.
L'eau est désormais à mes épaules. Je me fige. Je suis en pleine panique. Je n'ose plus bouger une patte. Les autres sont déjà loin. Je cherche mes maîtres du regard et je recule. Marche arrière toute.
Doucement, une patte après l'autre. Je remonte difficilement le courant pour avoir à nouveau patte et ne pas couler comme une pierre.
De retour à un niveau acceptable, je replonge dans ma folie, cours, saute, m'amuse dans l'eau. C'est si chouette.
J'aime pas quand on me mouille volontairement mais là, je m'amuse. C'est si chouette.
Je passe une matinée au poil !
Nous ressortons de l’eau pour poursuivre la balade. Une randonnée ardue, mon humaine est en sueur, rouge pivoine et parfois son cœur s’emballe lorsque nous rencontrons des chemins pentus.
Il y a des montées assez complexes qui font que je commence à vraiment ressentir de grosses douleurs. Aucun des chiens qui font la balade ne font de pause. Pourtant, moi, je n'en peux plus ! J'ai envie d'une pause alors je prends une pause. Je m'assieds et montre que je ne bougerai plus. Mon humaine comprend, me rassure et demande aux autres de patienter. On attend quelques minutes mais il faut avancer, on est en groupe. On ne peut pas attendre une dizaine de minutes le temps que je reprenne un peu mon souffle. Même si... au final... Plus j'attends et plus la douleur est intense.
M'asseoir et stopper la marche fait malgré tout comprendre aux humains que j'en peux plus !
Ils m'assurent qu'on a bientôt fini, qu'on va rentrer. Je lève donc mon gros fessier fabuleux et j'avance à contre-cœur. Cannelle m'encourage en courant dans l'allée pentue que je suis en train de gravir. Mon humaine peine aussi face à la difficulté du terrain escarpé et caillouteux. Vivement mon doux panier et une grosse sieste. La voiture sera déjà une délivrance, si j'arrive à monter dedans.
Encore une magnifique matinée avec des copains (même si ceux-ci n'ont pas montré d'affection ni apporté de l'attention à mon égard).
Cela change de mes balades qui deviennent habituelles où nous allons au Ravel avec ou sans les copines.
Pfiou, je suis si heureux d'être tombé chez eux. J'ai mal aux pattes mais mon cœur est devenu si léger. Les craquelures s'amenuisent. Mon bonheur grandit.
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