Mes copines ♥

📖 Koda ✍️ Mandhyne 📝 2021 mots

Mamandine rentrait parfois avec les odeurs d’autres chiens. J’en reconnais certains mais ici, je n’arrivais pas à l’identifier. Il y avait trois odeurs inconnues. Après mon inspection habituelle dès ses retours de visites canines, je la laisse entrer tout en continuant à quémander de l’attention. 


Je ne me doutais pas une seule seconde qu’un jour ces trois chiennes seraient mes copines de balade régulières. 


Il y avait un chiot qui, elle, était déjà très grande mais très fine : Cannelle. Elle avait le même entrain que moi pour jouer et s’amuser. Je l’adore !

Ensuite, une petite noire : Joséphine. Elle partait souvent faire sa vie, détachée en balade et qui n’appréciait, au début pas du tout ma présence.

Enfin, une géante, la taille parfaite pour moi, Quartz. Magnifique Dogue Allemand grise qui n’avait pas toutes les croquettes dans la même gamelle au vu de son comportement totalement imprévisible et incompréhensible. OK je ne suis pas expert en communication canine mais avec elle, c’était toujours une épopée pour la comprendre. 


J’avais bien entendu, à la première rencontre, ma muselière. Je devais agir de manière distinguée afin de pouvoir les revoir. Et ce fut le cas. 


J’ai vite été accepté dans ce trio qui devint ma bande. Je ne me doutais pas que cela allait pouvoir m’ouvrir des portes dans de nouvelles balades avec d’autres copains ! Malheureusement, ce trio de femelles changea au bout de deux ans… 


C’est avec elles qu’au fur et à mesure j’appris à mieux agir avec les toutous que je croisais en balade. C’est avec elles que j’ai rencontré d’autres chiens. C’est Cannelle qui se mettait devant les chiens errants lorsque nous les rencontrions afin de faire tampon. Cela me rassurait même si je restais sur mes gardes, prêt à défendre. C’est aussi avec elles que j’aimais passer, une fois par semaine, trente minutes de balade et de jeu. Cannelle, Joséphine et Quartz ! Mes copines ! 


Chacune avait leur propre caractère bien trempé. Je les aimais tellement. Leur humaine aussi je l’aimais bien ! Elle m’avait même gardée une fois à la maison, je vous l’expliquerai. Enfin bref, parlons chiens ! 


Cannelle était ma grande copine ! Je l’adorais et on jouait à chaque fois qu’on se voyait. Elle était grande pour son âge, je l’avais croisée qu’elle était encore chiot mais elle arrivait presque à mon épaule. Ensuite, elle a grandi et de ses pattes sveltes et élancée de chien de chasse à court, elle atteignait mon garo et ma tête. J’adorais machouiller ses oreilles en jeu et la taquiner. On s’amusait bien ensemble. Elle n’avait aucunement peur de ma force ni de ma fougue. Je pouvais me lâcher sans souci même si au début, mon humaine me demandait de faire attention. Au fur et à mesure des sorties ensemble, elle me laisse de plus en plus de liberté. La confiance était commune car je retenais mon entrain malgré tout. Je faisais attention à ne pas blesser ma copine. 


Joséphine était une petite chienne roumaine de moitié de taille comparé à moi. Elle était indépendante et, au début, n’appréciait pas grandement ma présence. Elle me grognait, clappait des dents lorsque je m’approchais d’une odeur qu’elle reniflait, ou m’avançais tout simplement vers elle. A force de persévérance, j’ai pu l’approcher de plus en plus. Une fois, par témérité, j’ai même lancé une léchouille lorsqu’elle me montrait ses dents prêtes à mordre. J’étais si content. Mes humains étaient morts de rire devant la scène et la tête de Jojo qui était éberluée de mon audace. Désormais, je peux même pousser sa tête avec la mienne pour renifler ce qu’elle sent, je peux me coller à elle lorsque nous sommes tenus en laisse… Je respecte enfin son périmètre social et elle a compris que je ne lui voulais aucun mal. Quand elle revient vers nous je ne lui saute pas dessus, quand je joue et fait le fou, je m’arrête immédiatement et ne l’invite pas au jeu car je sais qu’elle n’est pas intéressée. Grâce à tout cela, elle m’a acceptée dans le groupe et j’my sens bien. 


Enfin, Quartz. Grande dogue allemande grise, ma taille ! Super sosotte, elle n’a pas toutes les croquettes dans la même gamelle et j’adore ça. On joue parfois ensemble mais je pense qu’on arrive pas à se comprendre. Elle appelle au jeu, son fessier en arrière, prête à me bondir dessus puis lorsque je m’approche pour jouer, elle grogne et manque parfois de mordre… Elle tolère ma présence, me nargue constamment et parfois, on court ensemble, elle détachée, moi, toujours au bout de ma longe avec mon humaine qui nous suit désespérément derrière en essayant de garder le rythme. 


La bande était bien sympa, et le temps d’acclimatation était passé. Je pouvais me promener sans crainte, sans trop réfléchir et rester moi-même tout en respectant les filles ! Sauf qu’un jour, Cannelle ne vint plus. Je sentais une tristesse profonde en Jojo, Quartz et leur humaine. La mienne aussi car elle verse des larmes. Les derniers temps, Cannelle se sentait pas très bien, elle boitait, avait de la fièvre, sentait bizarre. Je jouais moins avec elle car elle m'ordonna de pas trop l’approcher… J’étais triste mais j’acceptais. Jusqu’au jour où je ne la reverrai plus jamais. Si j’avais su que c’était la dernière fois, je lui aurait au moins machouillé l’oreille, léchouillé la babine, je sais pas un truc quoi … 


Les sorties entre copines cessèrent car simplement Jo et Quartz, ça n’avait pas la même saveur et mon énergie n’était pas dépensée en jeu mais en gestion de ma frustration à ne pas ennuyer les deux filles. 


Plusieurs mois passèrent et je revis enfin la bande mais cette fois-ci avec un petit gars aux côtés des filles : Aetos ! Chien de chasse également, assez grand, oreilles pendantes. Un véritable compagnon de jeu j’en étais certain ! Au début, quand il était chiot, il avait un peu peur de moi et ne jouait que peu. Ensuite, les choses se sont faites comme d’habitude et on s’amuse à la sortie des voitures, avant la balade et parfois en plein milieu. Aetos est rigolo. Il se couche parfois en levant les quatre pattes en l’air. Je renifle alors tout son corps et ensuite mordille ses oreilles, j’adore les oreilles ! 


Il était lâché de temps à autre contrairement à Cannelle sauf qu’une fois, il fit une frayeur de dingue aux humains. Il était parti, en courant à toutes pattes, sans revenir. Il était loin, je perdais même son odeur ! Parfois, il revenait, nous voyait et ensuite repartait. Les humains ne parlaient plus entre eux. Ils appelaient Aetos, sifflaient et regardaient partout autour. L’angoisse était pesante, palpitante, oppressante ! 


Après de longues minutes, Aetos est revenu vers nous, tout content alors je montrai à Mamandine que je voulais l’accueillir comme il se doit et : BOUM ! Nos deux torses s’entrechoquèrent dans un fracas. Aetos se retrouve couché au sol, content et légèrement fatigué. La langue bien pendante, le souffle et le rythme cardiaque fort. Je lui ai donné plein de bisous et enfin, un coup de patte pour montrer qu’on pouvait partir jouer. Mamandine nous suivait tant bien que mal afin de me laisser me défouler sur ce moloss qui était parti sans moi ! J’avais aussi eu peur quand même ! Surtout, j'étais content de voir qu’il était de retour. Je ne voulais pas le perdre. 


C’est donc avec ces trois-là, Jojo, Quartz et Aetos que je me promène généralement une fois par semaine. Cela est bien suffisant car mes douleurs s’accentuent surtout quand je joue sans réfléchir. J’ai toujours droit à un médicament après. En hiver, je me colle au radiateur pour que la chaleur apaise les tensions et me détend. J’adore mes copains de promenade. 


J’en ai rencontré plein des copains, certains m’aiment, d’autres me détestent et certains me fuient. Je fais peur apparemment. Je suis trop brusque. Pourtant j’apprends. C’est pour ça que mon trio est important et essentiel.


A l’heure où j’vous écris, je suis tellement plus sage ! Mais je vous raconterai mon évolution des balades et les mésaventures ainsi que la rencontre avec les autres chiens de famille dans le chapitre dédié si vous l’avez pas encore lu, c’est là qu’il faudra se rendre après si vous voulez la suite. 


J’ai aussi rencontré un chien qui s’appelle comme moi, Koda ! C’était rigolo. Il fait la moitié de ma taille. Je l’ai d’abord rencontré aux détours de balades, avec son odeur. Ensuite, je l’ai croisée au ravel pour enfin sentir son odeur sur Mamandine ! Oui ! 


Je ne comprenais pas trop. Quand elle revenait, elle sentait parfois une odeur intense, camphrée et mentholée, avec des notes herbacées et épicées de clou de girofle et d'eucalyptus. Pourquoi autant de détails ? Car à force d’y aller deux à trois fois par semaine, je la sentais cette odeur forte qui piquait le nez. 


Entremêlée à cela, je sentais d’autres odeurs, moins puissantes. Sur les chaussures par contre, l’odeur était légèrement plus forte. Celle d’un toutou mâle, odeur musquée, légère touche d’herbe et de savon floral. 


J’avais toujours hâte qu’elle rentre pour sentir cette odeur si particulière entre celle qui me faisait piquer le nez et l’autre qui me rappelait un toutou. Mamandine y a été souvent surtout après sa deuxième opération. Mais entre les deux visites. J’ai rencontré ce fameux Koda et j’ai pu lui dire bonjour. Lui aussi devait sentir mon odeur partout sur mon humaine sans jamais avoir su mettre une truffe dessus. 


Je sortais de chez moi quand l’odeur me frappa. Au loin, au bout de la rue, il était là. KODA ! 


Mamandine salua l’humaine et Franfran m’autorisa à m’approcher. Je n’étais pas muselé. C’était l’ancienne époque où je devais systématiquement enfermer ma mâchoire dans ce bout de plastique afin de protéger les autres. Alors, on commença à se sentir. Koda avait un peu peur de moi, il reculait, voulait sentir mon arrière train, je fis comprendre que je n’étais pas d’accord alors il se cacha derrière son humaine pour revenir ensuite à la charge d’une autre manière. Il était gentil, ça pourrait devenir mon copain en vrai. Je lui ai mis que deux ou trois coups de pattes avant sur son corps pour entamer un jeu mais il n’a pas enchaîné. Lorsque j’ai essayé, par frustration, de l'attraper, il se mit à hurler de toutes ses forces ! J’en ai eu mal aux oreilles. Heureusement, son humaine ne prit pas peur et les miens, habitués et sachant que je ne mordais pas, calmèrent le jeu et on pu se renifler à nouveau, Koda et moi encore quelques minutes et il me montra par la suite qu’il n’était plus enclin à me côtoyer. J’acceptai et on repartit chacun de notre côté. C’était sympa d’enfin mettre un regard, un corps, une truffe sur l’odeur qu’on sent depuis des semaines sur son humaine. Je ne l’ai pas recroisé depuis… 


Si seulement je pouvais faire ça avec tous les chiens…



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