Vivre dans une maison …

📖 Koda ✍️ Mandhyne 📝 1706 mots

Qu’est ce que j’ai eu du mal à m’adapter.


La première journée était longue et complexe. L’angoisse de ce nouveau lieu peu de temps après mon abandon me remplissait de craintes et de pensées négatives.


Mes nouveaux maîtres essayaient de me calmer, je crois. Ils pensaient aussi que j'avais chaud. Après, j’avais chaud. Mais ce n’était pas ça qui m'incommodait le plus. Ce qui me tirait le plus était la tristesse, la douleur de mon cœur brisé. Ces personnes inconnues qui m’avaient ramenés chez eux. J’étais dans une maison. Pas dehors, pas dans un jardin. A l’intérieur, avec eux. 


Rien que ce changement était angoissant. Que pouvais-je faire ? Qu’avais-je le droit de faire ? Le lieu était rempli de meubles et d’autres trucs que je me prenais sans arrêt. J’avais pas l'habitude de me mouvoir dans un lieu exigu. C’est là que j’appris à peu près ma taille et comment me déplacer dans un endroit rempli d'objets. 


Les coins des meubles, les portes, les armatures de portes, les humains dans mon passage. Se retourner était parfois complexe aussi. Je me retrouvais plié en deux sans comprendre que je m’étais simplement mis entre deux meubles et qu’il fallait faire une marche arrière.


Maintenant, je suis pro des marches arrière. 


Mais il n’y avait pas que les épreuves d’obstacles que j’ai dû surmonter !

J’ai appris avec eux les paniers. 


Ils voulaient que je me couche sur des tissus moelleux. Sauf qu’avant, j’avais l’interdiction de poser mes pattes sur ce genre de choses. Ici, ils ont insisté, plusieurs jours de suite, des heures durant pour qu’enfin je m'assois sur les couvertures. J’avais droit à des félicitations, des bonbons et des caresses. 


Vraiment étranges ces humains. 


Ils avaient également essayé de me faire monter dans leur fauteuil. Chez mon ancien maître, j’avais aucun droit, j’avais une pièce vide. Ici, ils me forçaient presque à faire tout ce dont je n’avais pas le droit avant. 


Je n’ai jamais aimé leur fauteuil trop mou, trop haut ( d’où je risque de m’écrouler au sol et me faire mal). Il me faisait peur ce canapé.


Ensuite, il y avait la compagnie animalière peu familière. Comment agir ?


Je devais partager la maison avec deux nouveaux copains. Ils étaient mal polis au début. Je voulais leur dire bonjour et eux, disparaissaient aussi vite que possible. Je pensais qu’ils voulaient jouer. J’étais content de rencontrer d’autres animaux. Des êtres se mouvant à quatre pattes. Mais ils n’étaient pas du même avis que moi. Le roux était le plus peureux mais une fois dans les bras de la fille, il se laissait renifler. J'ai été joie pendant ces moments là. Car elle venait régulièrement avec le matou nommé Sparrow dans ses bras afin que je puisse faire la rencontre. L'autre… c'était infaisable.


Mojito, le brun, donc, quant à lui, était moins peureux en soi mais protégeait son territoire. Il n'acceptait pas d'être dans les bras. Il avait son petit caractère et les humains le respectaient et ne l'obligeaient à rien. 


Mojito me griffait régulièrement la truffe. Un jour, il a même coincé une de ses griffes dans le coin de mon œil. Il faut avouer que j’avais posé ma truffe sur son bedon pendant qu’il dormait. Cela n’empêche qu’il m’avait fait mal et que les humains avaient dû intervenir.


Le dialogue n'était pas évident. J’avais l’impression de ne pas parler le même langage. Je n’avais pas encore réussi à trouver les règles des jeux auxquelles ils jouaient tous les deux. 


Mais ce n’est pas fini ! A l’intérieur j’ai aussi eu d’autres nouveautés. 


J’avais de l’eau en continu, à portée de langue ! Un régale, elle était changée tous les jours. Un vrai luxe.


J’avais mis plusieurs jours à comprendre que la gamelle à côté de l’eau était également pour moi. Des croquettes étaient dedans. Mes maîtres n’arrêtaient pas de me forcer à les manger. C’était trop gros, trop dur … J’savais pas quoi en faire moi ! D'habitude, je ne me nourrissais pas de ça. 


Ils avaient changé et m’avaient proposé plusieurs croquettes de goûts et de tailles différentes. Je ne comprenais pas ce manège mais au bout de deux jours sans rien avaler, j’ai dégusté ce qu’ils m’offraient.


Ils se sont vite rendu compte que j’adorais le poulet, cette viande blanche et sèche. Quand la fille m’en a préparé, l’odeur emplissait toute la pièce, j’en bavais tant ça sentait bon. Elle m’a versé le contenu, une fois refroidis, sur mes croquettes. Je n’avais jamais mangé cette viande aussi bonne tendre et juteuse ! Normalement, elle était toujours sèche et avait un autre goût. Je pense que c’est à partir de ce jour-là que j’ai commencé à vider ma gamelle matin et soir, sans me soucier de savoir si demain, il y allait avoir encore de la nourriture. Sans non plus me dire qu’il fallait que je me rationne. Ils avaient l’air d’avoir des réserves de nourritures conséquentes pour moi et ça aussi c'était nouveau.


Les journées se ressemblaient et cela me réconfortait ce qui m'aidait fortement. La fille me promenait chaque matin avant de me nourrir et partait ensuite au travail. Elle revenait bien plus tard dans la journée. Durant tout ce temps, je restais à l’intérieur. Au début, j’étais enfermé dans une pièce mais ils ont vite compris que ce n’était pas pour moi. Alors, ils m’ont laissé au rez-de-chaussée, seul. J’avais de quoi machouiller en les attendant, de l’eau, mon panier et des jouets. Lorsqu’elle rentrait, fatiguée, j’avais le droit à un tour au jardin avec des exercices d’écoute (assis, couché, viens/ici, …). Ensuite, on rentrait, elle cuisinait et là, ils se reposaient. L’homme me promenait le soir. C’était plus calme, il n’y avait pas d’autres chiens ou humains pour interrompre mes reniflements. Mais les promenades feront partie d’un autre chapitre car il y en a des choses à expliquer !


L'acclimatation à l’intérieur fut très longue. Chaque nouveau panier devait être approuvé par mes maîtres. Ils m'appâtaient avec des bonbons, s'asseyaient dessus, me donnaient l’ordre de m'asseoir ou me coucher, me félicitaient et me récompensaient. 


Les croquettes étaient données matin et soir. Leur grandeur avait augmenté avec le temps, le goût avait changé aussi. Je n’avais pas souvent droit à de la viande fraîche. Cependant, j’avais droit à parfois, un os ! Ouais vous lisez bien, un OS ! Enfin jusqu’à ce que j’en devienne allergique (au boeuf, porc, mouton, cheval… Je leur en ai fait baver avec mes intolérances alimentaires grandissantes). 


Mais revenons aux os que je recevais à l’époque. 


Le truc faisait la taille de ma gueule voir le triple en fonction de ce qu’elle me ramenait. Et là, je te parle des os de viande sortie des animaux directement. Je ne parle pas de toutes les friandises que je mâchouille chaque jour depuis mon arrivée : oreille de cochon, peau de bœuf, nerfs, poulet, canard, … Je n’avais jamais connu ça avant. C’était trop bon, trop chouette ! Malheureusement, tous ces changements m’ont donné des plaques à la peau. Cela me grattait, me gênait, je me léchais donc pour me soulager et cela empirait la situation. Les humains ont de moins en moins proposé des friandises à machouiller. Parfois j’avais des nouveautés, des goûts et des textures que je ne connaissais pas. C’était moins appétissant que ce que j’avais au début mais mes plaques ont disparu avec le temps et ce nouveau régime alimentaire. J’aimerais encore manger des bons os frais … Cela n’empêche pas mes humains de m’offrir, tous les jours, un truc à ronger. Maintenant c’est végétal apparemment car plus aucune source animale ne me convient. 


Ils parlent d’allergie… J’connais pas et j’aime pas ça. Mais j'aime les alternatives qu'ils ont trouvé. Les os me manquent tout de même, on va pas se mentir.


Il y a également un dernier point que je n’avais jamais vu ni vécu dans mon ancien chez moi : les jouets. 


J’ai eu droit à une balle en plastique, une autre recouvert de tissu, des peluches, un tube en tissu que je pouvais machouiller à ma guise, deux cordes et j’en passes. Ils étaient rigolos avec leurs têtes de bienheureux quand je choisissais ou remuais de la queue devant un jouet. Je testais et sélectionnais les jouets que je préférais en espérant qu’ils comprennent mes choix. Ils avaient vite remarqué mes préférences et j’ai été inondé de mes jouets et peluches préférées.


J’ai aussi, apparemment, volé des jouets pour les chats (les deux cohabitants de cette maison). Ils ne venaient jamais où j’étais alors, je me suis servi. C’était rigolo mais ils cassaient beaucoup plus vite que mes propres jouets.

En parlant des félins, ils avaient vraiment une crainte de me rejoindre. Il a fallu plus d’une année pour qu’ils restent au rez-de-chaussée. 


Durant cette année, j’en ai vécu et connu des choses ! J’avais appris à mieux vivre à l’intérieur, bien me comporter, répondre à mon prénom, à quelques ordres et d’autres choses utiles ou moins utiles. Vous allez voir, j’suis épatant !



💬 Commentaires 2

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Pomlamouette • 3 semaines
On se met toujours bien à sa place et on voit l'évolution de son adaptation, ses difficultés aussi.
Ah la cohabitation chats-chien... Pas simple.
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Résilience • 3 semaines
Cette suite est tout aussi agréable à lire que la première. On suit avec curiosité et enthousiasme l'histoire de ce toutou, ainsi que de ces péripéties qui m'ont étiré un large sourire. On les reconnait bien.

Pouah ! Les oreilles de cochon, je les avais vite arrêté avec le miens tellement que l'odeur était forte ! Ça m'a rappelé de vieux souvenirs.

J'ai hâte de connaître la suite de ses aventures et de ses futures gaffes !
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