Partie 2 ~15

📖 La Geste d'Amédée ✍️ Filenze 📝 3098 mots

Tout le jour durant, les deux enfants marchèrent en longeant la bordure Est du plateau. La chaleur était accablante, comme si le canyon se vengeait du trop plein d’humidité déversé les jours précédents. Ils cherchèrent des chemins pour descendre. Naar Shalod avait enfin commencé à baisser et son débit était moins rageur que les jours précédents. Il était malgré cela impossible de quitter des hauteurs, les passages existants qui se jetaient tous dans l’eau. 

— Nous sommes prisonniers du canyon, comme dans les légendes de grand-mère.

Amédée marqua une pause et regarda son frère. Sa fièvre était redevenue inquiétante et marcher semblait n’être plus qu’un automatisme pour lui.

 — Azel, tu es épuisé. Arrêtons nous là, on continuera demain.

Le garçon avala sa salive pâteuse, secouant la tête pour s’éclaircir les idées. 

— Non Amédée, il fait encore jour, avançons vers l’Ouest.

Il parlait dans une économie de mots qui trahissait sa fatigue. Elle décida de ne pas trahir son inquiétude. Elle passa son bras sous le sien et, avec enthousiasme, pointa l’horizon où le soleil entamait sa descente. 

— Alors, allons-y! Et que le Maître du Désert nous soit favorable!

Mais leur parcours fut plus harassant que prévu. Le plateau était aride, offrait peu d’ombre et aucune eau. Au bout du second jour, ils avaient épuisé leurs réserves et n’avaient pas encore trouvé de chemin pour quitter ces hauteurs. L’état d’Azel était de plus en plus inquiétant. Il murmurait en permanence, comme un vieillard égaré dans ses pensées. Il se reprenait quand sa sœur le lui faisait remarquer, mais très vite, ses yeux redevenaient vitreux et ses marmonnements recommençaient. Ce maudit canyon allait le rendre fou. Galla et Mordémon étaient morts, elle ignorait ce qui était advenu de Fazam et Ejaz, mais ses espoirs se tarissaient peu à peu. Eux-mêmes allaient succomber s’ils ne trouvaient pas rapidement de l’eau. Un vent plaintif sifflait entre les cheminées de fées, étranges colonnes de pierre taillées par l’érosion. Le soir venu, autour du feu, ils mangèrent les derniers jujubes qu’ils avaient rationnés. Ils étaient tous deux assoiffés. Ils ne parlaient presque plus.

— Azel, dors en premier… Je vais surveiller les coyotes.

Son frère s’était docilement roulé en boule. Avant de s’endormir, il éclaircit sa gorge sèche et dit : 

— Amédée, je crois que le canyon ne nous laissera pas repartir tant qu’on aura pas retrouvé papa…

C’était la raison de leur présence ici, et de toute cette folie. Mais à présent, sa seule aspiration était de les sortir d’ici avant d’être grillés sur place, ou qu’il ne bascule définitivement dans la folie. Les espoirs enfantins qui l’avaient amenés à suivre Mordémon n’étaient plus qu’une poussière d’absurdités et d’inconséquences. Elle ne pouvait pas se permettre le luxe de pleurer, chaque goutte d’eau dans son corps devait être précieusement économisée. Elle vit Azel partir dans un sommeil agité. Elle prit un peu de suie et traça le sillon des endeuillés sur son front, comme le faisait Dalila, puis elle fit de même sur son propre visage, chantant doucement la chanson du vent qu’elle avait entonnée avec son grand-père à El Silma. Peu après la levée des deux lunes, le vent tomba, ses geignements incessants laissèrent place à un étrange silence. Un silence de mort dans la foulée du cataclysme où tant de bêtes avaient péri. Amédée sentait le sommeil l’engourdir peu à peu, mais elle fut réveillée en sursaut par son frère. Azel se leva d’un coup, le souffle coupé par son cauchemar. Il agrippa l’épaule de sa soeur : 

— Amédée!  Je sais où trouver de l’eau!

Engourdie par la fatigue, elle ne put que le dévisager avec incompréhension :

— Quoi ? Comment ça ? 

Fiévreux, il se leva et avisa une direction en regardant les étoiles.

— C’est l’esprit de papa qui me l’a dit, il faut aller vers le nord.

Le cœur d’Amédée commença à battre la chamade, ils allaient pouvoir étancher leur soif. Peut-être que leur père veillait sur eux de là où il était. Elle emboîta le pas à son frère qui avançait d’une foulée décidée dans l’obscurité. Au bout de quelque temps, ils entendirent le chant de l’eau, puis virent un petit ruisseau glisser entre d’imposants rochers. Ils s’y jetèrent la tête la première, aspirant le liquide à grandes goulées, à la façon des chameaux. Le ventre rempli d’eau fraîche délicieuse, Azel écloussa sa sœur en riant, et celle-ci en fit autant.

— Tu vois! Je te l’avais dit! 

— De l’eau, de l’eau, de l’eau!

Après une danse de victoire dans l’onde, elle remplit avidement son outre jusqu'à saturation. Elle remercia silencieusement son père. Ensemble, ils avisèrent d’imposantes roches vers lesquels ils se dirigèrent pour terminer leur nuit, abrités. Les lunes découpaient les reliefs du plateau dans d’intimidantes formes ténébreuses. Le chemin formait un petit escalier qu’on eut dit taillé par les humains. 

— Les chants des esprits… Ils sont moins forts par ici. 

Il bifurqua sur la gauche, escaladant ces étranges marches, quand soudain, un éclat, une lueur fugace, attira leurs regards. Le point de lumière avait disparu immédiatement. Amédée plissa les yeux, cherchant à percer les ténèbres. S’il s’agissait d’un feu, peut-être qu’un autre survivant avait trouvé refuge ici? S’il s’agissait d’un Ifarit… ou d’un autre mauvais djinn… Elle ne préférait pas y songer. Azel, contre toute attente, bifurqua dans la direction où la lumière était apparue.

— Azel, nous devons nous éloigner…

— Je sens sa présence, Amédée.

Ses pas accélérèrent, il semblait clairvoyant dans la nuit tandis qu’elle butait sur les obstacles rocheux. Son cœur battait d’appréhension. Avaient-ils trouvé le lieu où leur père était mort? Pourraient-ils le voir une dernière fois? Un vertige la glaça. Cela signifiait que ce qui l’avait tué était là aussi, et que Mordémon, broyé par Naar Shalod, n’était plus ici pour le détruire. Amédée voulut hurler pour rappeler son frère qui était déjà loin, mais sa voix était scellée dans sa gorge par l’angoisse. Azel disparut soudain de sa vue. Elle paniqua et se précipita vers lui, s’écorchant sur les roches. 

Il était juste devant lui, dans une grotte ronde comme une arène. C’était plutôt une ruine qui avait un toit en coupole percé. La lumière des lunes l’inondait. Au centre, en contrebas de quelques marches, était posé le plus grand miroir qu’il lui eut été donné de voir, comme une mare miroitante attendant qu’on y plonge. Amédée se calma, nulle trace d’Ifarit ou de tout autre mauvais djinn. La lumière qu’ils avaient vu était les reflets des lunes qui avaient frappé le miroir. 

Elle s’arrêta aux côtés d’Azel. Outre l’inquiétant objet antique, le lieu était calme et abrité. En plus, la fièvre de son frère s’était un peu dissipée. Ses yeux avaient retrouvé leur clarté habituelle. Il ne put cacher sa déception, il pensait retrouver son père, comme lorsqu’il avait eu ce rêve si vivide aux côtés de la Manticore. Il descendit les quelques marches pour s’approcher du miroir, sentant que sa sœur le suivait. Lorsqu’il posa son deuxième pied au sol, le décor bascula. Il était de retour à El Silma, dans la ferme, dans son jardin. Il sursauta et jeta un regard paniqué par dessus son épaule :

— Amédée, tu es là?

Sa sœur lui avait attrapé la main, elle était aussi présente à ses côtés.

— Azel… Nous sommes à la maison, comment c’est possible? 

Azel reconnut le rêve où il avait retrouvé son père, son cœur accéléra. Approchant par l’arche qui en marquait l’entrée, la grande silhouette d’Amon, vêtu de sa longue tunique blanche et son derra'a indigo, apparut. Son tagelmust immaculé protégeait sa tête et son visage du soleil. C’était ainsi qu’il revenait de ses voyages dans le désert. Il écarta le tissu qui cachait le bas de son visage, découvrant son sourire éclatant. 

— Papa!

Ils avaient crié de concert et s’étaient jetés dans ses bras. Il les souleva, les fit tourbillonner comme s’ils ne pesaient rien, et les serra contre son cœur. Aucun des trois ne pouvait retenir ses larmes. Azel soufflait entre deux sanglots: 

— Tu vois, je te l’avais promis, on t’a retrouvé papa, on t’as retrouvé.

— Je sais mon fils, je sais.

Amédée se noyait dans cette étreinte, laissant libre cours à sa peine, au déchirement du deuil. C’était ce moment dans les rêves si doux et vertigineux de douleur, où l'on retrouvait le souvenir de l’être tant aimé, tout en réalisant qu’on allait le perdre à nouveau au réveil. Elle s'agrippait à lui comme une naufragée. Elle leva la tête, le dévorant des yeux, c’était bien lui, son regard perçant qui connaissait tout du désert, son nez qu’ils avaient en commun, ses mains rendues rugueuses par le travail et son infinie patience avec les hommes et les bêtes.

— Papa, j’ai vu ton corps à El Silma, tu étais gravement blessé, mais ton visage souriait… Et je me suis rappelée des anciennes légendes…

Azel hochait la tête et compléta :

—  Oui, grand-mère nous a raconté que l’esprit de ceux qui sont morts en souriant attend qu’on le retrouve pour dire au-revoir.

Amon sourit et les serra à nouveau contre lui:

— Et vous avez bravé tous les dangers pour venir me chercher. 

— Oui, nous ne pouvions pas te laisser partir comme ça. 

Amon les cajola, les serrant fort dans ses bras. Les enfants retrouvaient la présence sereine et forte de leur père, dénouant des nœuds d’angoisse et de solitude pesant sur leurs entrailles depuis sa mort. Il se leva et les prit par la main, les guidant dans le jardin d’Azel, passant sous l’arche aux melons, dérangeant les papillons qui s’envolèrent en une vague diaprée. Il s'assit sur un petit banc de pierre, juste à côté de la fontaine qui glougloutait joyeusement, faisant jouer les éclats du soleil. Il assit Azel à sa droite, puis invita Amédée à s’installer à sa gauche. 

—  Vous savez où nous sommes, les enfants? 

— Dans mon jardin? 

Amon sourit à son fils et compléta : 

— Oui, mais nous sommes surtout dans le monde des esprits… Et les esprits ont toujours aimé ton jardin.

Leurs yeux s’écarquillèrent. Leur père avait trouvé refuge ici? Azel regarda les alentours d’un œil neuf, lui qui avait toujours communiqué avec eux, il ne s’était jamais imaginé que leur monde était si semblable au sien. Amon continua, toujours tourné vers Azel : 

—  Dans le monde des esprits, tout est possible. La magie triomphe et elle peut nous réunir, c’est elle qui nous réunit maintenant.

Amédée buvait ses paroles, emplie d’admiration. Son père avait toujours été si ingénieux, capable de trouver des solutions à toutes sortes de problèmes. Courageux aussi, il n’avait pas hésité à affronter la mort pour aider les bergers à retrouver leur bétail. Amon avait posé sa main sur la joue d’Azel, touchant doucement l'estafilade laissée par le carreau d’arbalète: 

— Là où la magie triomphe, les mondes des vivants et des morts se rapprochent et peuvent même se traverser.

Amédée sentit un étrange courant d’air froid sur sa nuque. Azel s’exclama : 

— Tu veux dire qu’il y a un moyen pour que tu reviennes avec nous ?!

Pourquoi restait-il tourné vers Azel ? Pourquoi avait-elle l’impression qu’ils s’éloignaient d’elle alors qu’elle était toujours assise sur le banc? 

— Oui, il y en a un.

Pour la première fois depuis le début de leur échange, elle remarqua l’étrange accent métallique dans la voix de son père. Le courant d’air dans son dos était devenu un vent froid. Elle plissa les yeux, scrutant le visage d’Amon sous un autre jour, une petite ligne sombre courait tout le long de sa mâchoire. Elle traçait une faille, imperceptible au départ, mais qu’il était impossible d'ignorer à présent, ce petit écart était empli de… néant. 

— Papa, s’il y a la moindre chose que je puisse faire pour te ramener, dis-le et je le ferai. 

Il fallait partir, il fallait fuir. La chose portait le masque de son père. Amédée coassa, sa voix tordue par l’angoisse : 

— Papa, qui était le démon qui t’a tué? Où est-il maintenant? 

C’était comme si elle avait parlé dans une bulle, le son de ses paroles inaccessible aux oreilles de son frère. La créature tourna sa tête vers elle, le masque d’Amon toujours occupé à parler à Azel. Il n’avait pas de visage. Le souffle glacé sur son cou était devenu si froid et insistant qu’il lui brûlait la peau. C’était un cri de femme, il perça la bulle d’illusion et Amédée l’entendit enfin : 

— Amédée, réveille-toi !!!!!

Elle revint à elle, glacée mais vivante. Elle s’était laissée bercer par le mirage du démon. Son corps, qu’elle réintégrait douloureusement, avait été abandonné en retrait sur les marches tandis que son frère avançait comme un somnambule vers le miroir. Elle le vit tendre sa main puis, en effleurer la surface moirée qui se mit à ondoyer. Une poigne faite de griffe et de néant en jaillit et s’empara de lui en douceur, sans jamais rompre leur rêve commun. Azel commença à tirer le démon hors du miroir, l’endroit où leurs deux corps se touchaient fusionnait dans un halo éthéré. Amédée, à nouveau au contrôle d’elle-même, se jeta en avant, il fallait les séparer, il fallait que cette créature lâche son frère!

— Azel!!!!!

Elle sauta et donna un coup dans le bras de la chose. Elle n’avait aucune consistance, et son assaut la traversa comme si elle eut été faite de fumée. Impuissante, elle hurla aux oreilles d’Azel : 

— Azel, je t’en supplie!!! Réveille toi!!! Ce n’est pas notre père!!!

Son frère semblait trop enfoncé dans l’illusion pour l’entendre, mais un éclair de doute traversa son regard perdu dans les limbes. Des larmes, non plus de joie mais de terreur, inondaient les joues d’Amédée qui parvint à articuler entre deux sanglots: 

— Papa était trop courageux… Il était trop brave pour fuir face à la mort! Il… Il n’aurait jamais mis ses enfants en danger pour venir le sauver!!!

Azel cessa de tirer le démon à lui, il cligna des yeux puis posa un regard incrédule sur la main décharnée sortie du miroir qui lui tenait le poignet. Il hurla de frayeur , s’arcbouta, pour mettre la plus grande distance entre lui et le démon. Puis il comprit soudain que plus il tirait, plus il aiderait la chose à émerger. Sa sœur s’évertuait à frapper le bras intangible, désespérée. 

— Tu… Tu vas laisser mon frère!!!

Mais la silhouette, immense, ne cessait d’éclore, elle avait commencé à posséder Azel qui s’était figé, tétanisé. Des ombres griffues terrifiantes sortirent du miroir, comme autant de bras assurant des prises sur Essiah pour faciliter son passage du miroir. Amédée, à court de solution, ceintura le corps de son frère et adressa toutes ses prières au Maître du Désert. 

Dans une réponse providentielle, elle entendit le tintement d’une épée qu’on dégaine. Elle tourna la tête vers l’entrée du temple et vit le Sieur Mordémon, ou du moins, ce qu’il en restait. Son bras gauche arraché pendait au bout de ligaments. Il était couvert de plaies suintantes d’un sang noir cloquant et bouillonnant. Malgré son état de charpie, ses yeux étaient habités d’une fureur existentielle: 

— Amédée, recule!

Elle ne pouvait se résoudre à lâcher son frère. Elle resserra davantage son étreinte. Elle vit l’épée du Lame Noire, tachée de sang et sombre comme une nuit sans lunes, s'abattre sur le bras et le couper net, là où toutes ses tentatives avaient échoué. Les deux enfants basculèrent en arrière.

Puis, tout s’emballa. Le démon émergeant, comprenant que la chance tournait, projeta à nouveau plusieurs bras hors du miroir. Il atteignit Amédée au niveau de l’épaule droite, la plantant tel un crochet fin mais profond, l’arrachant du sol pour l’envoyer s’écraser lourdement contre un mur. La douleur de ce contact si vive qu’elle crut mourir sur le coup. Elle perdit connaissance. Projetant ses membres, le monstre dressa un mur entre le Lame Noire et lui, le forçant à combattre des incarnations infatigables et les autres djinns malveillants appelés du canyon en renforts qui se déversaient par l’entrée du temple. Il devait occuper le guerrier suffisamment longtemps pour pouvoir posséder l’enfant qui était sur le point de céder. D’autant plus qu’il avait trouvé sa faiblesse : 

— Si tu me laisses te posséder, je ne tuerai pas ta sœur. 

Il s’était à nouveau emparé d’Azel, empoignant ses deux épaules, dans une guerre d'esprits terrible où il avait repris les traits d’Amon. Mais l’enfant n’était plus dupe. Au contraire. Son anima était réveillée. Impuissante et inutile face au démon, elle lui permit de sentir une autre présence dans ce temple. Il y avait sa sœur, le Lame noire face aux démons, et… une aura à la fois familière et inconnue. C’était un esprit qu’il savait intimement de son côté, qui avait toujours été là depuis qu’il était né, et qui voulait le protéger. Il avait réveillé Amédée de son songe, mais cet esprit ne pouvait rien faire de plus à présent. Maintenant c’était à lui de veiller sur sa sœur. Avec un geste résolu, le cœur battant à tout rompre dans un ultime renoncement, il s’empara des poignets du démon qui le tenaient toujours. Il regarda de tous côtés dans le chaos d’ombres et d'éclats, cherchant sa sœur des yeux. Aux limites de la conscience, elle parvint à lever la tête dans sa direction. Leurs regards se rencontrèrent un bref instant. Il lui dit:

— Je t’aime, grande sœur. 

Puis, usant de toute son anima, il poussa le démon dans le miroir et s’y jeta avec lui. Les limbes et les ombres furent aspirées à leur suite comme des draperies jetées dans un gouffre, les djinns maléfiques redevinrent de paisibles esprits et s’évanouirent. Mordémon, dont la route n’était plus barrée, se précipita vers le miroir et le brisa. Une colonne de lumière aveuglante et colossale s’en échappa, et monta aux cieux par le passage dans la coupole. Les éclats, touchant le firmament, se dispersèrent aux quatre vents dans une explosion prodigieuse qui illumina le ciel nocturne comme en plein jour l'espace d’un instant.

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