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Pas de chaleur suffocante, ni de brûlure intense ou d'odeur de chair brûlée, Lisa osa ouvrir les yeux, mais l'obscurité la gagnait toujours. Elle sentit enfin le tissu qu'on avait mis sur sa tête, son inconscient l'avait occulté quand sa peur avait pris le dessus. Elle perçut aussi la densité et le duveteux des poils sous ses mains attachées. Son corps couché sur le ventre tenta de prendre une position plus confortable.
– Arrête de gigoter, ordonna une voix sifflante. Et puis, tu comptes aller où ? On est bien à trois cent mètres d'altitude, si ce n'est plus.
Être aveugle pour un temps, d'accord. Monter à cheval, pas dans la meilleure position, pourquoi pas. Mais être en altitude sans filets, Lisa n'était pas folle.
La jeune femme prit son mal en patience, pas le choix. Une ribambelle de questions inondait son esprit et son angoisse grandissait. Malgré la fraîcheur de la nuit et les zéphyrs, de la sueur coulait lentement. Ses poumons fonctionnaient à plein régime et son cœur menaçait de sortir de sa poitrine. Une migraine lui serrait le crâne.
Lisa se détendit légèrement quand elle entendit les sabots du cheval clopiner sur le sol. Le danger toujours en tête, elle s'apprêtait à réagir. Sa réaction fut coupée dans le vif, quand on la plaça sans ménagement sur une épaule robuste. Elle bougea de nouveau en tous sens pour ne pas lui ou leur faciliter la tâche. On la stoppa net d'une claque magistrale sur les fesses. Lisa sursauta par la violence et le caractère outrancier de l'acte.
Ballottée, Lisa restait aux aguets. Elle saisit l'ouverture d'une porte par son grincement. Son coude frôla à plusieurs reprises de la pierre. Elle en déduisit qu'ils se trouvaient dans un étroit couloir. À travers le tissu, elle distingua quelques raies de lumière qui dansaient, sûrement que le corridor devait être éclairé par des torches. Encore une porte qu'on déverrouille. Soudain, Lisa fut jetée à terre, elle se contorsionna tant bien que mal pour au moins se mettre à genoux. On lui retira le tissu, ses yeux mirent du temps à s'adapter à la luminosité.
– Bonsoir ma chérie, lança une voix connue de la jeune femme.
– Maman, souffla la captive.
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