IV
Les séances d’exorcisme durèrent des mois, jusqu’à l’automne. Parfois j’y assistais et j’avais l’impression que le mal montait en puissance.
Il survint ce jour où, Liviana possédant une force surhumaine, réussit à briser ses entraves. Un des hommes de garde fut retrouvé la gorge béante par celui qui prenait le relai. Plus une goutte de sang ne coulait de sa blessure. Il s’enquit de demander de l’aide. La fillette ne se trouvant pas dans les parages, une escorte de ces sentinelles chauve-souris dont j’ignore le rôle exact la chercha au-dehors. La matinée était bien avancée quand Edmond me demanda de l’accompagner. Il pensait que Liviana ne s’en prendrait jamais à moi, ni à ceux qui m’escortaient. Elle avait gardé un lien ténu, mais utile avec ma personne. J’espérais qu’il dît vrai car je ne désirais aucunement mourir.
Au détour d’une allée, le corps raidi de la jeune fille apparut. Elle ne bougeait pas, aux prises avec ce mal étrange qui la rendait inerte pendant des jours ou alors qui précédait un épisode de folie meurtrière. Je supposais qu’elle était calmée après l’égorgement et qu’elle ne réagirait pas avant plusieurs heures. Sa bouche avait goûté au fluide de l’homme égorgé. Sa peau saignait et cela ne me surprit pas puisque chaque mois au moment de son cycle menstruel, ce phénomène survenait.
La meute de chiens s’étant échappée, entourait la maudite. Voulaient-ils la protéger des humains si nocifs ? Leurs langues nettoyaient les souillures rougeâtres. Ils ne lui feraient aucun mal. Je garderais cette image en mémoire longtemps.
Une petite escouade d’hommes en noir et M. Moreau arrivèrent peu de temps après. Ils portèrent Liviana en un lieu secret. Nous fûmes congédiés tous les deux. Edmond ne réussit pas à raisonner le père de la malade. Il demandait une reprise des séances d’exorcisme ou une consultation de l’enfant auprès d’un évêque responsable de ce genre de ca
s.
💬 Commentaires 0
Aucun commentaire pour le moment
Soyez le premier à partager vos impressions !