Chapitre 2 : Le tueur

📖 L'artiste Peintre ✍️ NM.L 📝 895 mots

 

Deux ans plus tard, capitale de Francessia.

Je n’avais jamais aimé qu’on se tienne trop près de moi. Toujours plus avec les années et mon retour de Janomie. Je n’acceptais plus le regard des gens, mais j’avais encore la bêtise de sortir à visage découvert. Je n’avais pourtant plus besoin de ce maudit visage. De ce visage qu’un seul être pouvait contempler. Un seul. Je ne voulais plus un autre regard que le sien sur ma peau.

— Il est pire qu’une charogne, croyez-moi. Un de ses amis proches m’a assuré qu’il avait volé et recopié une bonne moitié de son œuvre. Il ne dessine pas. Il laisse ses apprentis s’en charger. Il vole leur travail aussi. Non, vraiment, Séverin Morias n’a rien d’un artiste. C’est un voleur invétéré et un prédateur, par-dessus le marché.

L’homme s’approcha de moi comme si ce qu’il avait à dire était un secret qu’il fallait chuchoter pour être le plus convaincant. Son parfum délicat et la couleur topaze de ses yeux auraient pu me convaincre de le trouver attirant, mais le son de sa voix ne fit qu’irriter mes oreilles. Je n’aimais pas sa façon de me regarder ou même de rouler ses « r ». Que racontait-il sur Séverin ? Que savait-il de lui ? L’avait-il une seule fois vu peindre ? Bien sûr que non, sinon, il en serait tombé tout de suite en admiration. Son venin n’aurait fait que l’empoisonner et le rendre fou de passion pour le Maître. Comme moi, il aurait succombé. Il se serait repenti d’avoir, un jour, osé blasphémer contre lui.

— Il est une personne mauvaise. On dit qu’il fait des choses avec ses apprentis. Certains n’ont même pas l’âge légal. Il les pervertit et en fait ses distractions. Il a de sombres pratiques.

Plus de doutes, les rumeurs viennent de cet homme.

Deux autres « gentilshommes » s’avancèrent vers nous avec de grands sourires aux lèvres. Cela cache toujours la pire vermine.

— Que racontez-vous à ce charmant, mon ami ? demanda l’un d’eux.

— Je ne fais que le mettre en garde sur ce Morias. Il semblait très en prise devant cette peinture détournée.

Ils se tournèrent comme un seul homme vers la peinture exposée dans le hall de l’hôtel, près d’un bar, tous une boisson alcoolisée dans leur main, tous avec un regard de pure convoitise. Ils auraient voulu être le Maître. Ils auraient voulu entrer dans sa couche et connaitre son esprit, ainsi que le mouvement de son pinceau sur la toile.

— Oh ! Oui, ce Morias n’est qu’un copieur, doublé d’une ordure. Savez-vous combien de jeunes apprentis il a utilisés à sa guise ? Il le fait encore, impunément. Les pauvres se font retourner la tête. Il paraît que l’un d’eux aurait mis fin à ses jours.

— C’est un être perfide et profiteur, il leur fait faire des choses horribles. J’ai vu ce Morias lever la main sur le dernier de ses apprentis et le forcer à des choses. Je n’ai rien pu faire. Le garçon était convaincu que ça ne me regardait pas. Ils se sont enfermés dans une pièce. Je n’ose imaginer ce qu’il s’est passé. J’en ai la nausée.

La nausée me monte à moi aussi. De t’entendre proférer de telles inepties sur l’âme d’un homme plus que bon, plus que prodigieux. Toutes ces histoires nauséabondes qui circulaient…

Vous en êtes les investigateurs.

Mon corps se crispa et une folle rage me prit dans l’esprit.

Trois autres hommes se ramenèrent. Allaient-ils faire une ronde autour de moi pour me convaincre ?

Chacun portait à sa veste un badge. Ce dernier les identifiait comme étant du même club.

Une vive chaleur monta en moi, et je me sentis prêt à hurler. C’était eux ! Tous ces commérages. Tous ces problèmes. Toutes ses tentatives de briser le Grand Séverin Morias !

Enfin, je leur mettais la main dessus. Enfin, j’allais leur faire fermer leur caquet de merdeux.

Ils ne savaient rien de Séverin.

Ils n’ont jamais rien vu de mon Séverin.

La jalousie et l’envie les mordaient. Ces hommes n’avaient pas eu ce qu’ils voulaient du Maître, c’était évident. Je découvrirai le pourquoi de leur venin. Je ne les laisserai plus le calomnier et, inspirer dans l’esprit des gens de la méfiance à son encontre.

Le Maître devait continuer à briller. Et je le ferais étinceler.

Ces minables pensaient le détruire ? Ils venaient de se vendre à ma colère la plus rougeoyante.

Je partais sans rien dire en écoutant un autre type parler mal de Séverin à une jeune femme. Ses yeux brillaient d’outrance.

Ne le crois pas !

Je serrai les poings, autant par révulsion que par énervement.

Je ne laisserai personne lui manquer de respect de la sorte. 

Je saurai vous retrouver, et vous faire passer l’envie de propager de telles horreurs. L’heure est au règlement de compte. Ils ne savent pas à qui ils se sont frottés. Ils ne savent rien de moi, de mon affection profonde pour le Maître.

Ils ne se doutent pas de ce qui m’anime. 

Mon cœur bat trop fort pour le maître. Et pour lui, je ferai brûler les Hommes.

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