1492

📖 Le chant de Loreleï ✍️ Enattendantlapluie 📝 523 mots

Lyon, vacances de la Toussaint 1992. Loreleï et Sarah, 15 ans.

Ingrid et Maurice avaient laissé leur voiture à Bordeaux et accompagné Loreleï en train jusqu’à Paris, afin de l’aider à faire le changement entre la gare Montparnasse et la gare de Lyon. Une fois leur fille partie, ils rejoignirent leur petit hôtel du Marais, pour une semaine en amoureux.

Sur le quai de la gare de Lyon Perrache, Sarah sauta dans les bras de Loreleï. La journée s’étirant vers la fin, elles rentrèrent directement. Loreleï retrouva la chaleur de la famille de Sarah. Son grand frère lui promit des histoires encore plus gore. Sa petite sœur tomba en admiration devant sa nouvelle coupe de cheveux. « J’ai arrêté de vouloir les lisser ! » Loreleï passa ses doigts dans les boucles de Sarah. « J’ai d’ailleurs un cadeau pour toi ! »

Loreleï défit sa valise. Elle était déçue qu’elles ne dorment pas dans la même chambre, mais elle ne dit rien. Elle lui donna son tableau, que Sarah contempla pendant plusieurs minutes. « C’est beau ! Merci ! » Elle le posa par la suite sur sa table de chevet.

Une fois tout le monde couché et la maison calme, Loreleï attendit. Pour elle, il était évident que Sarah viendrait la rejoindre. Le sommeil la cueillit. Seule.

Le lendemain matin, Loreleï mit du temps à émerger. Elle se demanda où elle était. En allumant la lampe de chevet, elle se rendit compte qu’une revue était posée à côté. La veille, elle n’avait pas remarqué cet exemplaire de « Ok ! », un magazine pour ado. Elle se souvint du nombre de fois où Sarah et elle avaient rigolé en consultant le courrier des lecteurs. « Le fil de mon tampon est cassé, comment le faire sortir ? » Les deux amies avaient hurlé de rire : « T’imagine, si elle attend toujours la réponse ? » Loreleï parcourut le magazine et eut subitement du mal à déglutir en tombant sur un article sur les « amours particulières à l’adolescence ». Il expliquait que c’était normal, pas honteux. Tout le monde faisait ça. C’était une phase. Le mot fit saigner Loreleï. « Une phase ». Elle se leva pour examiner la table de chevet. Il n’y avait rien d’autre que ce magazine.

Dans la journée, séance shopping. Rires en essayant des chapeaux improbables aux Galeries Lafayette et cavalcades dans les traboules. Elles se firent draguer à une fête foraine. En soirée, avec la famille de Sarah, elles admirèrent les lumières de Notre-Dame de Fourvière, avant d’aller au restaurant. Elles allèrent voir « 1492 » au cinéma, avec d’autres lycéens. En sortant de la salle, ils beuglaient la musique de Vangelis. Loreleï était contente de voir que Sarah s’était fait de nouveaux amis. Non sans une pointe de jalousie.

Le jour du départ arriva. Sarah avait l’air sincèrement peinée. Pourtant, en passant devant sa chambre avec sa valise, Loreleï ne vit plus le tableau. Elle ne revint plus à Lyon.

Sarah et elle continuèrent à s’écrire pendant plusieurs années.

💬 Commentaires 4

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robert_dubois • 3 semaines
Lorelei déçue : elle n'avait pas compris ça comme une phase !
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Enattendantlapluie Auteur • 3 semaines
Complètement, c'était de l'amour, elle l'a dit à Vivian.
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Evydence • 3 semaines, 1 jour
C'est vraiment incroyable comme tu décris avec talent, ces moments d'adolescence dans lesquels toute une génération (dont je suis) se retrouve.
Merci pour ce voyage dans le temps à travers les yeux de Loreleï.
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Enattendantlapluie Auteur • 3 semaines
Quel remarque touchante, merci !
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