Chapitre 17

📖 Le papillon de cristal ✍️ Plume 📝 469 mots

Quelques jours plus tard, Elena était assise près d’une fenêtre avec Aélis.

Pendant plusieurs minutes, elles regardèrent simplement le paysage.

Depuis le château, Elena pouvait apercevoir une partie du royaume. Les habitants avaient commencé à reprendre leurs habitudes et, peu à peu, les traces de la révolte disparaissaient.

Aélis finit par parler.

— Je peux te poser une question ?

Elena tourna la tête vers elle.

— Bien sûr.

Aélis hésita quelques secondes avant de sourire.

— Quand tu étais petite… qu’est-ce que tu aimais le plus ?

Elena réfléchit.

— Les histoires.

Aélis eut un sourire attendri.

— Les histoires ?

— Oui. J’en demandais toujours une avant de dormir.

— Tu avais une préférée ?

Elena regarda par la fenêtre.

— Une histoire sur une petite fille qui voulait découvrir le monde.

Aélis rit doucement.

— Ça te ressemble.

— Peut-être.

Un silence s’installa entre elles.

Elena posa son regard sur le paysage.

— Ma mère adoptive me lisait souvent des histoires avant de dormir.

Aélis sourit.

— Elle devait être douée.

— Elle l’était.

Elena marqua une pause.

— Même si parfois, elle changeait la fin.

Aélis haussa les sourcils.

— Vraiment ?

— Oui. Elle disait que certaines histoires avaient besoin d’une meilleure fin.

Aélis laissa échapper un petit rire.

— Je crois que j’aurais aimé lui ressembler.

Elena se tourna vers elle.

— Tu lui ressembles peut-être déjà.

Aélis resta silencieuse.

Son sourire s’effaça légèrement.

— J’aurais aimé être là, murmura-t-elle.

Elena la regarda.

— Pour me raconter des histoires ?

— Pour tout.

Aélis baissa les yeux.

— Pour te voir grandir. Pour entendre tes premiers mots. Pour te voir faire tes premiers pas… Pour savoir ce que tu aimais, ce qui te faisait rire, ce qui te faisait pleurer.

Sa voix trembla légèrement.

— J’ai manqué tellement de choses.

Elena observa sa mère quelques secondes.

Elle aurait pu lui dire que ce n’était pas juste.

Qu’elle aurait dû être là.

Qu’elle avait encore parfois du mal à accepter les années qu’elles avaient perdues.

Mais elle savait aussi qu’Aélis portait déjà ce poids.

Alors elle prit doucement sa main.

— Tu n’as pas besoin de rattraper vingt ans en quelques jours.

Aélis sentit ses yeux s’humidifier.

— J’ai peur de ne jamais y arriver.

Elena serra légèrement sa main.

— Alors on ne rattrapera rien.

Aélis releva les yeux vers elle.

— Comment ça ?

— On ne peut pas changer ce qui s’est passé.

Elena lui sourit doucement.

— Mais on peut commencer maintenant.

Aélis resta silencieuse quelques secondes avant de lui rendre son sourire.

— Maintenant, ça me va.

Elena se rapprocha légèrement d’elle et posa sa tête contre son épaule.

Aélis passa doucement un bras autour d’elle.

Elles restèrent ainsi quelques instants, sans avoir besoin de parler.

Pour la première fois, Elena ne pensa pas aux vingt années qu’elles avaient perdues.

Elle pensa à toutes celles qu’elles pourraient encore partager.

Un léger courant d’air entra par la fenêtre et fit doucement bouger les rideaux.

Elena ferma les yeux.

Elle ne savait pas encore exactement ce que l’avenir lui réservait.

Mais pour une fois, elle n’avait pas besoin de le savoir.

Elle avait simplement envie de profiter de cet instant.

Et cela lui suffisait.


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