Chapitre 5
Gentil Toutou
Il monta les deux étages en sautillant et surgit dans l’appartement affublé d’un chapeau de paille, on était en décembre (j’ai bien dit qu’il était fantasque !). Il portait en bandoulière sa sacoches de pc portable et trainait de la main droite sa samsonnite à roulette qu’il envoya rouler dans le couloir avant de me prendre dans ses bras pour m’embrasser. Quelle entrée ! Il sortit son chapeau estival, symbole de vacances sous les cocotiers, doigts de pieds en éventails et mojito, et le posa sur ma tête. Son imagination n’avait donc aucunes limites ? Il recoiffa d’un geste viril ses cheveux noirs huileux. Une seule mèche rebelle ondulée retombait sur son front, parfaitement calculée, comme super-man. Il sentait bon, il était frais et beau avec son sourire-lavabo. Soudain, il fit un écart, il sembla me voir pour la première fois :
-Waouh ! dit-il, t’es nature aujourd’hui ma puce. Tu dormais ?
Et moi :
-Heu non, je t’attendais.
Il sembla décontenancé. Il me tourna le dos, avança dans l’appartement, regarda par la fenêtre et se dirigea vers le sofa où il s’affala dans un soupir :
-Je suis claqué ! Prépare-toi ma puce, après on va bouger. Je t’attends.
Puis il prit la télécommande et alluma Netflix. Je tournais les talons et rentrais dans la chambre. Je fouillais dans mon sac pour trouver la bonne tenue : quelque chose de sexy mais pas trop voyant, qui met mes formes en valeur sans être vulgaire. J’optais pour un pantalon 7/8 ieme noir et un fin pull à col en v bleu canard. J’enfilais mes boots à talon qui me faisaient gagner quelques centimètres. Dans la salle de bain, je me peignais, et me maquillais. Lorsque je sortis parfumée, bijoutée, Djibril se leva et tendit les bras vers moi en disant d’un ton flatteur et encourageant :
-Et bein voilà… C’est qui la plus belle ?!
Il me prit la main et fit tourner sur moi-même en sifflant d’admiration en bon connaisseur. Et moi, je tournais en souriant, en rougissant sous ces compliments. Dans mon pantalon 7/8 ième, je remuais la queue.
Nous sortîmes nous promener dans cette ville froide entourée d’eau boueuse. Je ne sais pas ce qu’il m’avait pris de louer un week-end ici. Ah si, Eva trouvait l’idée sympa de manger un morceau au halles le samedi matin, de faire les boutique l’après-midi, restau le soir, et le lendemain, bouffer des tapas en Espagne Des souvenirs de restau et de shopping avec elle me sautèrent à la gorge : Elle était du genre à t’ouvrir l’appétit et au dernier moment, une fois que tu as commandé ton tartare/frites du chef, elle optait finalement pour une salade ou un bowl végan. Elle me laissait être la petite grosse, la gourmande, celle qui porte ses péchés. Eva était en réalité Dorian Grey et j’étais son portrait caché. Bitch. Pareil pour mes coups de cœurs dans les boutiques qu’elle trouvait ringard sur moi mais quelle portait quelques semaines après pensant que de l’eau était passé sous les ponts. De la boue oui ! je voudrais lacérer son portrait. Je ruminais ces pensées, main dans la main aux côtés de Djibril qui me parlais d’une nouvelle idée de business dans l’I.A, c’était l’avenir disait-il alors qu’il n’y connaissait rien et moi non plus. Je le coupais au milieu d’une citation d’Elon Musk et lui dit :
-J’ai envoyé Eva se faire foutre !
Il s’arrêta net et me fixa l’air inquiet et concerné :
-Mais…mais pourquoi enfin c’est ta meilleure amie ? Elle t’as dit quelque chose… qui t’as fait du mal ? bredouilla-t-il.
Il attendait fébrilement la réponse et j’étais ravie qu’il prenne mes problèmes avec autant de sérieux.
-Oui et non, enfin comme d’habitude, elle me traite comme de la merde. C’était la fois de trop. La coupe est pleine, je ne veux plus la voir !
Il poussa un soupir et sembla soulagé. Il me sera dans ses bras et nous continuâmes d’avancer.
-Tu as raison, me dit-il, personne n’a le droit de mal te parler ma puce.
Il me serra contre lui et m’embrassa sur le front. Je posais ma tête contre son épaule, fière de moi et pleine de reconnaissance. Avec lui j’étais soutenue et en sécurité. Ouaf-ouaf.
La ville alors, m’apparaissait sous un nouveau prisme, bourrée d’air frais. Les façades étaient belles, les rues atypiques et tortueuses, les petites boutiques charmantes, les bars chaleureux et même la couleur de l’eau sous les ponts semblait miroitante et dorée.
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