Chapitre 39 : Tequila et mode d'emploi

📖 Love 128 BPM ! (histoire gay, collab Xenos x lampertcity) ✍️ lampertcity 📝 1641 mots

Meilleures salutations à tous ceux qui ont migré avec nous sur scribonautes ainsi qu'aux nouveaux !! Voici le 39ème chapitre de notre longue épopée !

Aujourd'hui, nous vous proposons un petit voyage japonais : Dr Peacock - Trip To Okinawa


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  • Mais non ! C’était vraiment ce connard d’Arthur ? s’indigne Roger alors que nous avons quitté le Ray Wonder.
  • Et oui… Mais je crois qu’il a bien compris que ce n’était pas dans mes plans de le revoir. 


=== Pdv Léo ===

Dans deux jours, je rentre chez moi pour les vacances de Noël. Avant ça, Alan m’a invité pour une dernière soirée chez lui. Ce n'est plus vraiment nécessaire, mais il a essayé de me corrompre en proposant de démarrer le dossier de socio à rendre pour fin janvier. S’il parvient à se tenir ne serait-ce qu’une demi-heure avant de divaguer complètement, ce sera un exploit monumental. Je lui ai demandé si nous devions nous attendre à une visite de Roger. Sa réponse négative m’a soulagé un trop bref instant, avant que n’arrive un second message : « Moi et toi seuls pour faire toutes les bêtises possibles ! ». Connaissant cet irrésistible énergumène, je parviens bien à imaginer ce qu’il a en tête.

Une fois n’est pas coutume, j’hésite longuement devant mon dressing, qui se résume pourtant à une seule haute étagère. J’ai envie de plaire à Alan, mais n’oublions pas que la froideur de l’hiver est bien arrivée, même ici dans le Sud. J’opte finalement pour une chemise ; c’est certain qu’Alan prendra un malin plaisir à me l’ôter avec ses regards à la limite de la déviance sexuelle. Je rassemble également des feuilles de cours et mon ordinateur portable, puis je m’assure une dernière fois que mon petit plan est bien en place : il ne pourra pas le rater. Voilà, je pense que je suis prêt !

Dehors, dans la nuit déjà tombée, des ombres fugaces strient la noirceur du quartier. Je lève la tête vers un lampadaire et distingue quelques flocons furtifs. Soudain, ils grossissent d’un coup et se mettent à tomber drus en me fouettant le visage. En revanche, la température extérieure doit rester positive, car à peine tombés sur le bitume noir, les cristaux blancs se décomposent en une fraction de seconde en perdant leur couleur. Je m’émerveille comme un gosse qui découvre le phénomène pour la première fois ; ça me donne envie de traîner en chemin. Alan saura bien patienter quelques minutes, même si je crains qu’il ne soit encore plus excité. Je fais plusieurs détours dans les rues du quartier et commence à réfléchir à notre sujet de sociologie : « Niveau et diversité des études selon l’orientation sexuelle ». C’est Alan qui a trouvé le sujet. Moi, je le jugeais étrange et prétentieux dans un sens, mais la prof était emballée. Nous devons chercher des études statistiques et développer un regard critique sur leur méthodologie et leurs conclusions.

***

À peine Alan m’a-t-il ouvert la porte qu’il fonce sur moi : 

  • Tes magnifiques cheveux blonds sont tout givrés ! s’écrie-t-il en y passant la main. Suis-moi dans la salle de bains, on va tout essuyer avant que ça te dégouline dessus. 


J’ai du mal à croire que son choix de mots puisse être innocent. Heureusement, je ne rougis pas plus que la teinte provoquée par le froid extérieur. Alan me fait asseoir sur un tabouret et je me fais essorer en bonne et due forme par ses soins. J’avoue que j’imaginais une expérience plus sensuelle qu’une séance de car-wash.

Je sors ensuite mes affaires de mon sac à dos. 

  • Tiens, tu peux regarder ce que j’ai déjà préparé sur l’ordi ! Tu te souviens de mon code ?
  • Je crois que oui !
  • Fais juste gaffe à l’écran, le cadre s’est fissuré ces derniers jours. J’ai déjà dû mettre du scotch pour le faire tenir.
  • Franchement, tu pourrais en racheter un nouveau, le tien commence à me faire pitié.
  • Je te rappelle que je ne roule pas encore sur l’or ! Tu vois bien que je n’ai pas le luxe de me payer un appart’ étudiant de quarante mètres carrés. 
  • Justement, c'est pour ça que je te fais profiter du mien ! dit Alan avec un grand sourire très fier.


En fait, ce garçon me rappelle mes cours de latin-grec du lycée : il est la définition même de l’hubris, cette démesure et cette arrogance construites sur l’argent et ses succès, aussi bien musicaux que sexuels. Il faut un moment pour s’y faire. 

  • Je vais me servir à boire, si tu veux bien, lui dis-je.
  • Bien sûr, d’ailleurs j’ai tout ce qu’il faut pour préparer un Tequila Sunrise. Tu peux même commencer !
  • Euh… au risque de te décevoir, je n’y connais rien du tout. 
  • T’as juste à choper le jus d’orange dans le frigo, et dans le tiroir d’à côté, t’as un sirop de grenadine et une bouteille de tequila. J’arrive dans deux secondes. 


Soudain, je vois Alan très intéressé par mon écran d’ordinateur. Il se penche dessus comme un petit vieux. Le plan fonctionne à merveille ! J’avoue que c’est le meilleur moyen que j’ai trouvé pour aborder le sujet avec lui : j’aurais eu trop honte de lancer le sujet moi-même. 

  • Oh là là, mon petit Léo, tu n’es pas discret ! « 10 conseils pour réussir ta première fois comme passif » ! 


Je fais semblant d’être pris en flagrant délit et bégaie : 

  • Euh… il est possible que j’aie cherché quelques… renseignements. Je me disais que tu… voilà quoi. 
  • Que j’avais envie de te défourailler ? 
  • Te connaissant… je me dis que ça doit te manquer dans notre relation, non ?
  • Oh tu sais, avec Roger, on exagère parfois… Mais il est vrai que faire l’amour à un gars est souvent intense et plaisant. Voyons voir cet article. 


Je me rapproche de lui. 

  • Hmm, dit-il, se détendre, se parler, utiliser du lubrifiant… Il ne faut pas avoir fait Polytechnique pour inventer ça ! Moi, je peux te proposer un vrai guide pratique avec application immédiate, et quand tu veux.
  • Pour l’instant, j’ai très envie d’être contre toi.
  • Accordé ! On se soûlera plus tard !


Je le laisse me couvrir de ses yeux vairons il n’a pas mis de lentilles aujourd’hui ? et le saisis par la taille lorsqu’il s’installe face à moi, sur mes cuisses. Nos langues ne tardent pas à se rejoindre, pour mon plus grand plaisir, et le sien aussi : je le sens aux caresses dans mon dos qui s’intensifient.

  • Léo, c’est ton ventre qui gargouille comme ça ? demande-t-il soudain en se relevant.
  • Je crois bien. 
  • Tu manques de deniers pour te nourrir ?
  • Non non, je te rassure, c’est pas ça !


Il fronce les sourcils.

  • Ne me dis pas que tu as mis en application le point numéro neuf de ta liste ?
  • Bah si… avoué-je. Apparemment, c’est mieux de jeûner avant… pour ne pas avoir de soucis. 
  • On ne fera rien si t’es pas dans les meilleures dispositions, mon petit ! 


Sur ces paroles, Alan m’emmène vers la cuisine avec l’objectif bien précis de concocter le cocktail qu’il m’a vendu à l’instant. Il récupère deux longs verres et sort un bac à glaçons de son congélateur. 

  • Je prépare le tien et tu fais le mien, n’est-ce pas romantique au plus haut point ? s’exclame-t-il. 
  • Si tu le dis.


À tour de rôle, nous versons les glaçons, la tequila puis le jus d’orange. 

  • Maintenant, l’étape cruciale : la grenadine. Il faut verser lentement pour qu’elle tombe bien au fond du verre. Regarde comme j’y vais dou…ce…ment… Pas de précipitation, ajoute-t-il en appuyant son regard sur moi. 
  • Je sais exactement à quoi tu penses en ce moment-même.
  • Ah bon ? Raconte-moi ça en détail !


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