Chapitre 40 : “Journal, mon beau journal, dis-moi qui est le plus amoureux ?” (1/2)

📖 Love 128 BPM ! (histoire gay, collab Xenos x lampertcity) ✍️ lampertcity 📝 1070 mots

Bonsoir, le chapitre 40 ayant subi une inflation répétée, nous avons décidé de le couper en deux parties, voici donc la première !

Pour la musique, nous poursuivons avec un artiste de hardcore japonais aussi déjanté que génial ! Kobaryo - Orbital Laser


=== Pdv Léo, deux jours plus tard ===

Le train démarre et son rythme monotone s’installe pour les deux heures de voyage à venir. Je lance une playlist « Années 70 » mêlant rock, funk et soul, et me munis de mon carnet de notes. Mon esprit est encore et toujours ébloui par l’intense nuit passée chez Alan mercredi et j’ai besoin de tout mettre sur papier pour faire de l’ordre. Une boule au ventre me prend en même temps, car je n’échapperai pas à l’annonce de la « rupture » avec Louane. Toute ma famille croit encore qu’elle passera quelques jours chez nous pendant ces vacances de Noël. Enfin, chaque chose en son temps, soyons aussi méthodiques que pour les révisions de partiels. 

« Ma première fois avec Alan - mercredi 14 décembre »

Bon, j’avoue que j’ai beaucoup stressé pour pas grand-chose. J’aurais dû lui parler directement de mes questions « techniques » au lieu d’aller chercher des articles foireux sur Internet. Finalement, il a été super pour ça… peut-être normal car j’ai compris depuis longtemps que je n’étais pas son premier garçon, très loin de là. Il a un million de fois plus d’expérience que moi, mais j’ai étrangement hâte de le rattraper.

C’est dingue : rien qu’en écrivant cette phrase, un nouveau frisson remonte dans tout mon corps ! J’ai une étrange envie de l’interroger plus en détail sur ses différentes expériences avec des mecs, enfin je ne sais pas… C’est sûrement malsain, car je ne pourrais me forcer à lui offrir tout ce qu’il connaît déjà. 

Revenons-en à nos moutons ! Nous avons donc préparé ensemble les cocktails, puis il m’a réchauffé un plat de nouilles asiatiques qui, selon lui, ne datait que de la veille. « Je préfère devoir m’arrêter en pleine action à cause d’un souci tout à fait naturel plutôt que de devoir appeler le 18 parce que tu me fais un malaise ! ». Je crois que j’aime aussi Alan pour cette raison : il est si naturel, si sûr de lui, que n’importe quelle phrase, aussi prosaïque ou tendancieuse soit-elle, résonne en moi comme une preuve d’affection. 

Je comprends que je puisse lui inspirer confiance ; je suis même incroyablement fier qu’il se soit autorisé à expérimenter une relation avec moi, mais un mystère subsiste : qu’est-ce qui peut tellement l’attirer chez moi, ou le « perturber », comme il dit ? Je reste quand même quelqu’un d’affreusement posé et sérieux. Ce n’est pas normal d’achever tous les dossiers une semaine à l’avance et de continuer à rédiger des plans de révisions pour les partiels. Quant au « McCartney Got Talent », je mettrai jusqu’à la fin de l’année pour me remettre de mes émotions, alors qu’Alan pourrait repartir directement pour une tournée internationale. 

Enfin, si ça se trouve, il ne se pose pas ces questions ; il n’a pas besoin de décortiquer tous ses sentiments pour savoir que je lui plais. 

Finalement, nous n’avons pas avancé une seule minute sur notre projet de cours, pour lequel j’avais ramené mes notes et mon ordinateur. Pour une fois, j’ai volontairement laissé tomber ! C’était la veille des vacances et Alan commençait à observer tout mon corps très intensément. Moi, j’étais comme d’habitude en pâmoison devant les jolies mèches blondes qui dépassent de ses cheveux plus foncés. J’accepte de l’admirer… je ne peux pas m’en empêcher et lui s’en nourrit. J’ai attendu qu’il passe son bras dans mon dos et me tire contre lui pour oser le toucher à mon tour. La chaleur de son torse irradiait à travers nos épais vêtements d’hiver. 

J’ai ensuite enlevé mon sweat et Alan m’a imité dans la seconde comme s’il était satisfait de cette initiative. J’ai rougi de plus belle en me rendant compte que j’attendais impatiemment de sentir ses mains venir se promener sur mes cuisses, voire même un peu plus haut. Nous nous sommes levés et il m’a guidé vers sa fameuse « antre du sexe », comme il se plaît à me le rappeler. « Personne d’autre que toi n’y a pénétré depuis plus de deux mois ! » a-t-il déclaré fièrement. 


Il s’est allongé sur le dos, me laissant à genoux au-dessus de son torse et de son visage. C’est à ce moment que je lui ai dit : « Alan, j’ai très envie de te faire l’amour », comme il me l’a appris ! Son regard est passé par dix expressions en une seconde, et il a fini par répondre : « Tu veux ME faire l’amour ? ».  À vrai dire, je n’avais pas spécialement réfléchi à ce qu’impliquait précisément ma tournure de phrase, mais j’ai décidé de persévérer pour m’amuser… ça n’a pas tout à fait eu l’effet escompté. « Tiens, maintenant que tu sais où je le range, tu peux aller chercher mon gode : ça serait la première fois qu’un mec l’utilise lui-même sur moi ! », a-t-il ajouté.

Je sursaute lorsqu’une main touche mon épaule. Je referme mon carnet d’un coup, arrache mon casque dans un réflexe et tourne le regard vers ma droite. 


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