Dimanche 5 juillet

📖 Mais qu’est-ce qu’il y a dans son pantalon ? ✍️ Passiflore 📝 1104 mots

Je commence à croire que la fameuse penderie que Fañch m’a promis pour mes « tenues de Princesse », je ne l’aurais jamais. Depuis qu’Alexandre avait amené Léo à son père, Fañch avait, il est vrai, été pas mal occupé et tout ce que nous avions commencé ce jour-là était resté en plan. Il avait d’abord dû s’occuper de Léo, le temps que Corentin et Emilien trouvent une solution de garde. Au bout de deux semaines, Corentin et Emilien l’avaient conduit à Lorient où Annie et Jacques avaient pris le relais. Annie est folle de joie à l’idée de rencontrer ce petit fils qu’elle n’avait jamais vu. Léo doit ensuite passer le reste du mois de juillet chez Soizic et Gwendal, où il pourra jouer avec ses cousins. 

Fañch travaille aussi sur des salles de jeu pour enfants sur le thème des Korrigans. Il faut y retrouver les objets que ceux-ci ont volé et caché pour faire des farces aux humains. Sauf que les commodes, les armoires sont magiques, truquées : on ouvre le tiroir une fois, il est vide, la seconde fois il y a quelque chose dedans. Ou l’inverse. En ce moment ils travaillent sur une attraction qui va être installée dans une grange, où l’on franchit une porte et cela fait comme dans Alice au Pays des Merveilles. C’est comme si les joueurs avaient rétréci. La pièce de l’autre côté est meublée avec des tables, des chaises quatre à cinq fois plus grandes que nature, donnant l’impression aux joueurs qu’ils ont la taille d’un Korrigan. S’ils résolvent l’énigme, ils franchissent ensuite une autre porte et arrivent dans la cachette du Korrigan où est caché l’objet qu’il a volé. Youn et lui s’éclatent comme des fous.

Ces nouvelles commandes de Bertrand vont certainement les occuper toute l’année à venir. De temps en temps, ils partent en urgence réparer un truc dans une des quatre salles qu’ils ont livrées. Mais c’est rare. Ces salles marchent super bien, tant que le plan technique que commercialement parlant. Bertrand, Mathieu et Gilles, les clients de Fañch sont ravis. D’où les nouvelles commandes d’ailleurs.

Ce ne sera pas non plus ce week-end que Fañch a pu s’occuper de mon placard. Mon amie Elise et son compagnon, Anatole, sont venus nous rendre visite. Elise m’avait demandé si on pouvait les héberger car elle voulait faire découvrir Rennes à Anatole. Il était prévu qu’ils louent ensuite une voiture pour faire une tour de Bretagne. Je ne pouvais quand même pas dire non ! Nous avons donc passé le week-end précédent à finir d’aménager la petite chambre devenue un bureau mais avec un canapé convertible puisque le lit de Fañch est maintenant à Nantes chez ma mère.

Ça m’a fait plaisir de pouvoir discuter longuement avec Elise, de nous remémorer nos années à la fac. Cela a dû saouler un peu les garçons car assez rapidement, Fañch a proposé à Anatole de visiter son atelier et lui montrer tous ses trucs de geek. 

Le samedi soir, Elise et Anatole sont partis dans un délire qui m’a bien fait marrer. Elise se souvenait que je lui avais raconté le daltonisme de Fañch, le fait qu’il faisait choisir les vêtements qu’il achetait par sa belle-sœur et de plus en plus souvent maintenant par moi, les faisait marquer pour savoir assortir ses éternelles baskets au tee-shirt, à la chemise ou au polo qu’il portait. Elle a d’ailleurs voulu voir sa collection de baskets de toutes les couleurs. J’ai eu un peu peur que Fañch m’en veuille d’avoir raconté quelque chose de peut-être trop intime à une inconnue, mais elle a vite enchainé en parlant d’Anatole, dont elle avait du mal à lui faire porter autre chose que du noir. 

« Et si on montait une boite pour vendre des tenues assorties à des handicapés de la mode comme Anatole et Fañch ? » a lancé Elise.

Et c’est là que c’est parti en cacahouète. Elise se voyait déjà en acheteuse, proposant sur internet des packs de vêtements / chaussures assortis, puis relançant les clients pour leur proposer d’autres pièces assorties avec ce qu’ils avaient acheté précédemment. Anatole a surenchéri en décrivant le site de vente sur internet relié à une base de données des achats précédents qu’il faudrait développer pour faire de telles offres ciblées aux clients. Il se voyait déjà en développeur web. Même Fañch a participé au truc en prétendant qu’il se verrait bien comme client d’un tel service de « styliste / vendeur en ligne ». Ils sont même allés tous les trois jusqu’à discuter du budget qu’il faudrait mobiliser pour lancer une telle affaire. Elise a essayé de me faire participer au délire en me demandant ce que j’envisagerais, moi, comme campagne de pub pour lancer la marque. Je me suis prise au jeu.

On y a passé la soirée mais on n’en a pas reparlé le lendemain au petit déjeuner. Ce n’est qu’en début d’après-midi, alors que je demandais à Fañch ce qu’il pensait d’Elise et Anatole, qu’il est revenu sur le sujet et m’a demandé ce que je pensais, moi, de leur proposition de monter cette affaire de vente de fringues en ligne avec eux. J’ai dû lui expliquer que tout cela n’était pas sérieux, que c’était juste un délire d’un soir. On s’est chamaillé. Lui prétendait que non, que ce n’était pas du délire, que c’était bien trop réfléchi pour cela. Je lui ai répondu que je connaissais mieux ma copine que lui. Il m’a répondu que nous n’étions plus étudiantes et qu’elle pouvait avoir changé depuis.

Ça nous a fait toute l’après-midi. Fañch est vraiment têtu quand il s’y met. J’ai fini par envoyer un texto à Elise pour lui demander de me confirmer que cette histoire était juste un délire d’un soir, des paroles en l’air, pour rire. Elle ne s’est, bien sûr, même pas donné la peine de répondre, tellement c’était évident. J’ai dit à Fañch que même si ça avait été sérieux, de toute façon, je n’avais les fonds pour faire cet investissement. Toutes mes économies étaient parties dans l’aménagement de l’appartement. 

« Si, ce n’est ce que cela, je peux te le prêter moi cet argent. Avec ce que j’ai touché cette année pour les quatre salles que j’ai livrées, j’en ai les moyens ».

C’est le problème avec Fañch, il n’arrête jamais. Il est incapable de reconnaître qu’il s’est trompé. Il faut qu’insiste. Lourdement. Insupportable. Heureusement, Elise a fini par répondre.

Elise : Cette proposition est tout ce que qu’il y a de plus sérieux. C’était l’objectif principal de notre week-end à Rennes.

Et merde ! Il avait raison !

💬 Commentaires 2

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robert_dubois • 2 jours, 23 heures
Une idée foireuse de plus...
👍 1
Passiflore Auteur • 1 jour, 21 heures
Probable...
👍 0