Samedi 14 novembre

📖 Mais qu’est-ce qu’il y a dans son pantalon ? ✍️ Passiflore 📝 3430 mots

Aujourd’hui c’est mon anniversaire. Je n’aime pas trop les anniversaires où l’on est censé célébrer de se voir vieillir. Passe encore pour les enfants qui peuvent se réjouir de grandir, de voir s’ouvrir de nouvelles opportunités. Mais passé un certain âge, on ne fait qu’amèrement constater que l’on s’éloigne un peu plus de nos plus belles années. En plus cette année je passais un cap que je redoutais : trente ans, fin de la jeunesse ?

Quand je me suis réveillée, mon chéri n’était plus dans le lit. Je l’ai trouvé dans le séjour, en train de consulter son téléphone. Je suis allée l’embrasser. Il m’a souhaité un bon anniversaire. Il y avait pensé c’était plutôt gentil. Il m’a montré d’un signe de tête le sachet de viennoiserie. Il était allé me chercher des croissants. Il est retourné consulter son téléphone. Ça va, il n’en faisait pas trop non plus !

Dans la matinée nous sommes allés au marché. Il m’a demandé ce que me ferait plaisir. Je n’ai pas fait de folies. J’ai quand même voulu pour me consoler des Saint-Jacques. J’espérais que mon chéri me les poêlerait et me les servirait avec une embeurrée de chou. Il m’a déjà fait cela une fois : le chou blanchi passé au four avec pas mal de beurre et du safran, j’adore. « Je vais en prendre plus, comme cela Marie pourra en manger avec nous », a-t-il dit. J’aurais préféré un dîner aux chandelles en amoureux. Il est allé acheter une bouteille de vin blanc pour aller avec.

Nous sommes rentrés du marché, fourbus. Il a fait réchauffé au four les tartes salées que nous avions achetées. « Tu veux qu’on aille à la mer cet après-midi ? Saint Malo ? Cancale ? » a-t-il proposé. Pourquoi pas, cela nous ferait du bien de prendre l’air.

Nous avons fait le tour des remparts de Saint-Malo. Comme la marée était basse, nous avons poussé jusqu’à l’îlot du Grand Bé, voir la tombe de Châteaubriant. Pas une bonne idée que d’aller se remémorer l’inéluctabilité de la mort quand on a déjà le bourdon de vieillir. J’ai essayé de me ressaisir, après tout il me restait statistiquement à vivre, tout de même deux fois ce que j’avais déjà vécu. Nous avons marché un long moment sur la plage du Sillon et ses troncs de bois noircis qui servent de brise lame…

… pour arrêter les vagues           
Et de vagues rochers     
Que les marées dépassent          
Et qui ont à jamais le cœur         
À marée basse

Je ne sais pas pourquoi j’ai pensé à Brel. J’avais le cœur à marée basse. Trente ans, je quittais la vingtaine tandis que mon chéri n’avait même pas encore 25 ans. Nous n’allions plus être dans la même décennie. L’écart d’âge se creusait, certes seulement symboliquement mais le symbole était fort. Je n’avais pas eu un coup de fil de ma mère. Des textos des copines auxquels j’avais répondu d’un laconique « merci » et plus surprenant, un de mon père. Il ne m’avait donc pas complétement oublié ?

Fañch m’a demandé pourquoi j’étais triste comme cela, le jour de mon anniversaire en plus. Je lui ai raconté. Les trente ans, le cap difficile à passer. « Dis-toi que tu as vingt-dix ans. T’es toujours aussi belle, t’as toujours de jolis seins, je les aime toujours. Autant qu’hier en tout cas ». Vingt-dix ans ! Cela me permettait de rester dans la même décennie que lui ! Cela m’a arraché un sourire.

Il n’y avait pas que le fait de passer un cap qui me minait le moral. Novembre n’est pas un mois que je trouve joyeux. Le temps est souvent maussade, la végétation a perdu ses couleurs de l’automne. Cabrel a chanté la mélancolie d’octobre.

Le soleil sortira à peine 
Nos corps se cacheront sous des bouts de laine  
Perdue dans tes foulards            
Tu croiseras le soir         
Octobre endormi aux fontaines 

Il n’a pas osé chanter la tristesse de novembre dont le sommeil est encore plus profond. Il faudra désormais attendre le temps des fêtes, les illuminations de Noël pour la vie reprenne.

J’accuse, le temps, celui qui passe comme celui qu’il fait, mais si j’étais vraiment honnête, je reconnaitrais que ma tristesse vient surtout de l’entretien de fin d’année que j’ai eu en début de semaine avec mon chef. Je ne l’ai toujours pas digéré. Il m’a reproché que la nouvelle campagne de communication a été livrée en retard, alors que lui-même était conscient dès juin, quand le projet a été validé par le siège, que les délais étaient hyper serrés voire impossibles à tenir. J’avais effectué un boulot de dingue sans compter les heures, renoncé à mes vacances et si nous avons eu dix jours de retard c’est uniquement à cause du temps que lui-même nous avait fait perdre à chipoter sur tout. A croire qu’il l’avait fait exprès pour le couler. Avait-il pris au sérieux la plaisanterie du big boss qui lui avait dit que si je continuais ainsi, je pourrais prendre sa place ? Toujours est-il que je n’aurais pas droit à la promotion que j’avais tant espéré. La campagne n’avait été de plus qu’un demi-succès. Les ventes avaient certes un peu augmenté mais pas autant qu’espéré. Et ça, c’était uniquement de ma faute peut-être ? Il aurait eu une meilleure idée pour relancer les ventes ? Non, trois jours avant la réunion, nous étions à sec pour proposer une campagne de communication cohérente et la proposition que j’avais faite était la seule qui tenait la route, vu les contraintes qui nous étaient imposées.

Après Saint-Malo, Fañch a voulu qu’on pousse jusqu’à Cancale. Nous nous sommes arrêtés à la pointe du Groin pour y regarder le coucher de soleil. Il y avait beaucoup de vent. J’ai regardé les mouettes ou les goélands, je ne sais pas faire la différence, planer dans le vent. Comme Bénabar dans sa chanson où il raconte son week-end en Bretagne pour y fêter ses trente ans, je restais insensible à la beauté du paysage.

J'ai besoin d'être seul, j'marche face à l'océan    
Pour faire le point, au contact des éléments        
Mais tout ce que j'en conclus, j'dois pas être un poète     
C'est qu'ça doit être très chiant d'être une mouette         
Bon anniversaire            
Petit trentenaire             
Et le temps passe d'hier en demain         
Ça me tragique, ça me cruel mais j'y peux rien   
Même les pompiers au regard si franc   
Sur un calendrier n'ont rien d'rassurant

J’avais froid. Il m’a pris dans ses bras mais cela n’a pas suffi à me réchauffer.

Et le temps passe d'hier en demain         
Ça me tragique, ça me cruel mais j'y peux rien

Il m’a proposé d’aller boire une boisson chaude à Cancale. J’ai pris un thé, il a pris un chocolat viennois. Je me suis moquée de lui parce qu’il avait de la chantilly sur la lèvre supérieure.

« Ça me fait une moustache, comme Maël ? Tu aimerais cela que je me fasse pousser la moustache ?
- Laisser pousser quoi : tu as trois poils !              
- Je pourrais aller en Turquie me faire faire une greffe ? 
- T’es bête ! »

Je voyais bien qu’il faisait tout son possible pour essayer de me dérider. Dérider, c’est bien le mot approprié un jour d’anniversaire où l’on vient de prendre une ride de plus ! Ses efforts étaient louables, les résultats certainement décevants pour lui.

En sortant du café, il a voulu qu’on s’arrête dans une boutique. Il avait vu un pull marin, bleu marine avec des épaulettes en toile. Il voulait savoir si cela me plaisait à moi aussi. Il a toujours, avec son daltonisme un peu particulier (il ne voit pas le jaune et mal le bleu), une appréhension sur les choix de couleurs pour ses vêtements. Sa belle-sœur va jusqu’à les lui marquer pour qu’il sache ce qui va avec quoi. C’était bien la première fois que je le voyais, entrer dans une boutique de fringues, lui qui achetait tout sur internet. Il m’a encouragé à regarder pour moi aussi pendant que nous y étions. Était-il à cours d’idée pour un cadeau d’anniversaire ? Je n’étais franchement pas d’humeur à faire du shopping : rien ne me plaisait.

Il a réglé son pull. Il est vrai qu’il lui allait bien. Il était très seyant sur lui. Il mettait en valeur son torse tout plat. Je lui ai dit que je le trouvais très sexy dedans. Il a alors ôté son sweat à capuche qu’il portait depuis le matin et demandé à la vendeuse d’’enlever toutes les étiquettes du pull pour qu’il puisse le porter tout de suite. Nous avons rejoint sa voiture. J’étais fatiguée, l’air de la mer peut-être.

Ce n‘est pas vrai : la mer n’y était pour rien. Si j’acceptais d’être honnête, je devais reconnaitre que j’étais fatiguée depuis le matin. S’il n’avait pas insisté pour m’emmener à droite et à gauche, je crois que j’aurais passée ma journée sous la couette à me lamenter sur mon sort. Je voulais rentrer à la maison. Je ne rêvais que d’une chose. Manger le foie gras qu’on avait acheté ce matin pour mon anniversaire, boire le vin liquoreux qu’il avait acheté pour aller avec et m’endormir dans ses bras. Nous mangerions les coquilles Saint-Jacques demain.

Nous nous sommes engueulés à la sortie de Cancale. Enfin c’est surtout moi qui ai gueulé sur lui. Il s’était trompé de route. Par deux fois, qui plus est, il avait loupé l’embranchement pour Rennes, à croire qu’il le faisait exprès. Il avait en outre refusé de faire demi-tour. Il ne cessait de répéter. « T’inquiète, je sais où on va ». Il était resté d’un calme stoïcien. Il faisait déjà nuit et j’étais de plus en plus de mauvaise humeur. Il a fini par s’arrêter devant l’entrée d’un domaine. Il y est entré en voiture, pas gêné. Comme je protestais il m’a dit

« Il y a une borne de recharge là-dedans. Je ne suis pas certain d’avoir assez d’élec pour rentrer sur Rennes ».

Ah les voitures électriques ! Il n’aurait pas pu charger à Cancale ou à Saint Malo où nous sommes restés des heures et où il y avait une foule de borne ! Comment pouvait-on être si mal organisé ! Le domaine comprenait un restaurant assez chic. Même très chic. Un établissement certainement étoilé au Michelin. Il ne s’est même pas garé face à la borne de recharge. Il a ouvert la porte de la voiture, il en a fait le tour et est allé ouvrir la mienne et me disant :

« Tu viens ? On va manger.        
- Ça ne va pas la tête ! Ça doit être super cher ici ! Et puis il faut certainement réserver à l’avance.
- On a une table de réservée. Pour deux ».

Alors seulement j’ai réalisé. La balade en bord de mer, s’attarder à Cancale en allant jusqu’à faire les magasins pour arriver pile poil à l’heure du diner dans ce restaurant. Et dire que je n’avais rien vu venir ! Depuis ce matin je le voyais se trimballer avec son petit pantalon bleu marine qui lui fait de si jolies fesses, sa belle chemise, lui qui ne porte quasiment que des teeshirts. Quand nous étions partis de la maison, il m’avait suggéré de mettre autre chose, plus habillé que ce que j’avais enfilé le matin pour aller au marché et je n’avais même pas réagi. Il était même allé voir sa coiffeuse la veille. Il s’était fait tout beau. Tout cela aurait dû me mettre la puce à l’oreille mais j’étais tellement j’étais occupée à broyer du noir, que je n’avais fait attention à rien.

« Tu es fou !      
- On va fêter ton anniversaire et puis aussi la livraison de la première salle. Par contre, tu ne trouves pas qu’on fait un peu plouc avec le Berlingo au milieu des BMW et des Audi ? »

La livraison de la première salle à l’Escape Game de Cesson… Il est vrai que, pour lui, sur le plan professionnel, les choses se présentaient plutôt bien. Grâce l’aide de Marc puis de Younès, son alternant, il était sur le point de livrer la première des quatre salles dont il avait décroché la commande cet été. Il aurait même été capable de la livrer dès lundi prochain, mais Matthieu n’y avait pas cru et avait fixé la date de l’inauguration au 23 novembre, ce qui restait une semaine plutôt que prévu. Tous ses employés de Matthieu seraient présents pour tester la salle et pour ensuite jouer leur rôle de Game Masters. Marc et Younès seraient là aussi.

En décembre, Younès et lui enchaineraient sur les travaux que sein de l’Escape Game situé en forêt de Brocéliande qui était fermé tout l’hiver. Il avait bon espoir de livrer cette seconde salle fin janvier, de commencer les travaux à Nantes en février, puis ceux de Vannes en avril. Tout allait bien pour lui et il voulait fêter cela avec moi. C’était gentil même si ça ne faisait que raviver mon sentiment d’échec au niveau professionnel.

Nous sommes allés faire un tour dans le parc manoir. Il me tenait par les épaules, je l’ai pris par la taille. Deux amoureux enlacés. Nous avons contemplé la mer et au loin le Mont-Saint-Michel éclairé. J’ai commencé à me sentir heureuse. J’avais quand même mon chéri, très sexy dans son pull bleu marine, qui m’aimait et faisait tout pour le montrer. Et si je me mettais à apprécier ce que j’ai, et que je n’avais pas il y a un an de cela plutôt que de me morfondre de ce que je n’avais pas encore. Depuis sept mois que nous connaissions, j’avais découvert l’amour désintéressé d’un homme qui donne tout n’attend rien en retour. Cet amour inconditionnel m’avait guéri des traumatismes et des angoisses que je trainais depuis l’adolescence. Je vivais avec lui, chez lui, chez nous puisqu’il m’avait même offert d’en être copropriétaire, dans un appartement qu’il avait eu à cœur de refaire de fond en comble pour me faire plaisir. Il m’avait même fait découvrir les plaisirs de l’amour charnel moi qui pensait avant lui, ne pas être capable de les éprouver. Avais-je seulement le droit d’être triste ?

Avant de rentrer dans le restaurant il m’a dit :

« Tu me diras comment faire, moi je n’ai pas trop l’habitude de ce genre d’établissement ».

Moi ce n’était pas la première fois que j’y allais. Gérald m’y avait emmené plusieurs fois. Mais là ce n’était pas pareil. J’y allais avec mon chéri, celui qui partageait ma vie et mes nuits alors que Gérald retournait ensuite auprès de sa femme et de ses enfants après s’être vidé les couilles dans mon vagin, pour le prix d’un restaurant et d’un hôtel passés en frais professionnels. J’ai tiré Fañch par la main alors qu’il montait les quelques marches permettant d’accéder au restaurant. J’ai quémandé un baiser, tant pour le remercier que pour effacer le souvenir de Gérald. Et surtout pour effacer décidément toutes les idées noires qui m’avaient poursuivies toute la journée.

Le maître d’hôtel nous a installé près d’une fenêtre avec vue sur la baie. Tout était chic mais pas pompeux. Il nous a proposé un apéritif et Fañch a commandé deux menus dégustation. « Comme cela, on va pouvoir tout goûter ! » s’est-il justifié avec un air gourmand. Le sommelier nous a proposé des vins au verre pour accompagner les différents plats. J’étais un peu inquiète.

« Tu ne vas pas pouvoir conduire pour renter si tu bois tout cela ! lui ai-je fait remarquer.       
- T’inquiète, on dort là. J’ai aussi réservé une chambre pour ma Princesse.             
- Le Prince dort avec la Princesse ?         
- S’il plaît à son Altesse. Sinon j’irais dormir dans la voiture.        
- Mais je n’ai pas de rechange pour demain !      
- Je t’ai emmené ce qu’il fallait. Par contre, c’est moi qui ai choisi les couleurs de ta tenue de demain. Comme il n’y a pas de code couleur sur tes vêtements, je ne garantis pas le résultat. ».

Il y aurait donc un second cadeau derrière celui du diner au restaurant. Et moi qui, il n’y a même pas une demi-heure, le trouvais désorganisé ! En tout cas, il pouvait se vanter d’avoir réussi à me dérider définitivement. Les plats les vins se sont enchainés. Je me suis régalée. Tout était délicieux, à base de produits de la mer accompagnés de légumes frais et relevés d’épices. Les saveurs et les textures se répondaient les unes aux autres. Je crois n’avoir jamais aussi bien mangé de ma vie. Je flottais sur un nuage.

Quand est arrivé le dessert, il a sorti une petite boite de sa poche. J’ai frémi. Cette boite avait tout de celle d’une bague. « Non, pas maintenant c’est trop tôt ! Cela fait à peine sept mois qu’on se connait ! », ai-je pensé. Au moins il ne s’était pas mis à genoux, devant tous ces gens.

Je lui ai dit que je ne pouvais pas accepter. Il a insisté. J’ai pris la boite avec des pincettes, comme si elle était brûlante ou allait m’exploser dans les mains. Je l’ai ouverte. Ce n’était « que », et il fait mettre des guillemets à « que », deux mignonnes petites boucles d’oreilles. Elles étaient magnifiques. Il y avait un petit brillant au centre et des pierres (semi-précieuses a-t-il précisé, comme pour s’excuser) qui faisaient comme des pétales de fleur tout autour.

« La vendeuse m’a dit qu’il y en avait de toutes les couleurs. Je lui ai fait confiance mais j’espère qu’elle ne m’a pas arnaqué !     
- Elles sont parfaites », l’ai-je rassuré.

J’ai voulu les mettre immédiatement. Je ne pouvais pas voir le résultat, je n’avais pas de miroir à ma disposition. Mais de voir les yeux verts de mon chéri qui brillaient en me regardant, m’ont suffi pour me sentir belle. Trois cadeaux, j’étais décidemment très gâtée cette année.

« Tu crois qu’on peut se faire un bisou ? a-t-il demandé.
- Tout à l’heure.              
- T’as raison, ils ont l’air coincé tous les autres clients. T’as remarqué ? T’es la plus jeune de toutes les clientes ! Et la plus belle aussi ! Malgré tes trente ans.             
- T’es le plus jeune toi aussi.      
- Non il y a un gamin de onze-douze à la table derrière toi. Avec sa mère, j’imagine, et son père ou son grand père, va savoir. Il a l’air de se faire ièche grave, le môme. Moi ça va, je suis peut-être avec une vieille mais elle est très très bien conservée.     
- Tu sais ce qu’elle te dit la vieille ?         
- C’est comme pour le bisou, elle le dira tout à l’heure. Tu sais quoi ? Je viens d’y penser : je n’ai jamais couché avec une trentenaire. Ce sera une première !         
- Si tu continues comme cela tu vas dormir seul dans ta voiture ».

Il a mangé son dessert en me dévorant des yeux. J’étais aux anges. Pour quelqu’un qui n’avait jamais consentit à ne m’avouer qu’il m’aimait, seulement à me dire qu’il croyait m’aimer, je trouvais qu’il m’en offrait décidément beaucoup, des preuves d’amour. J’espérais bien qu’il m’en donnerait une quatrième quand nous nous retrouverions dans la chambre ensuite.

Nous avons pris notre douche ensemble. Je me suis admirée une dernière fois dans le miroir de la salle de bains avec mes belles boucles d’oreilles avant d’aller le rejoindre dans le grand lit. Il m’a fait l’amour comme un dieu, tendrement, passionnément. Il m’a fait jouir deux fois, une fois avec sa langue, une fois avec sa queue. Après avoir lui-même joui, il est resté quelque temps planté en moi, appuyé sur ses coudes. Il s’est approché de mon oreille. Il a déposé un baiser sur mes lobes et les nouvelles boucles qui les ornaient. Il m’a chuchoté à l’oreille : « Je t’aime ».

Ce n’était plus « je crois que je t’aime », mais « je t’aime ». Ce cinquième cadeau fût sans aucun doute le plus beau de tous. Tout compte fait, j’adore les anniversaires.

💬 Commentaires 2

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Lahire • 1 jour, 1 heure
Le grand jeu !
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robert_dubois • 1 jour, 11 heures
Comme c'est chou...
Fanch est adorable, il a mis le paquet pour dérider la mère ronchon !
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