Samedi 9 octobre

📖 Mais qu’est-ce qu’il y a dans son pantalon ? ✍️ Passiflore 📝 4109 mots

Cela fait plus d’un mois que j’ai lâché mon appartement et nous vivons vraiment ensemble, Fañch et moi. Nous ne nous voyons, pour autant, guère plus pendant la semaine qu’avant. Le matin, nous prenons notre petit déjeuner ensemble, nous mangeons tous les soirs ensemble, nous nous couchons ensemble mais le reste du temps, c’est chacun de son côté. J’ai mon boulot, il a le sien.

Le sien a, de plus, l’inconvénient d’être à rez-de-chaussée de l’immeuble. Parfois, je dirais même souvent, après manger, il redescend « juste pour vérifier un truc ». Si je ne l’appelais pas pour aller se coucher il y resterait jusque tard dans la nuit. C’est un peu le problème quand votre travail est aussi votre passion. C’est encore davantage un souci quand vous êtes quelqu’un de stressé, de perfectionniste et que vous voulez à tout prix réussir ce premier gros contrat, qui va vraisemblablement définir votre avenir sur le plan professionnel.

Marc l’a beaucoup aidé ces deux derniers mois mais a fini par décrocher le poste qu’il convoitait dans une grosse boite. Il a commencé le premier octobre. Fañch a embauché un alternant en bac pro : Younès, 17 ans, un gamin. De tous les candidats qu’ils ont vu Marc et lui, c’est le seul qui a montré de l’intérêt pour les bricolages de Fañch : il voulait tout savoir de comment ça marchait, pourquoi ils avaient fait comme ceci ou comme cela. Sur le papier ce n’était pas le meilleur, mais la motivation faisait tout, selon Fañch. Younès n’a véritablement commencé à bosser avec Fañch que lundi dernier. Le mois de septembre il était au lycée. Ils ont débuté par le démontage de l’ancienne salle à l’Escape Game de Cesson. Ils vont travailler encore trois semaines ensemble pour construire la nouvelle, puis Younès devra retourner en cours tout le mois de novembre. Fañch devra finir seul le travail.

Marc a réussi à convaincre Fañch d’acheter un utilitaire. Ils ont trouvé un Citroën Berlingo électrique d’occasion. Cela lui sera été bien pratique pour emmener à la déchèterie tout ce qui n’était pas récupérable de l’ancienne salle. Cela lui sera également utile pour transporter le matériel qu’ils ont préparé, Marc et lui tout le mois d’août et de septembre. L’atelier de Fañch s’est grandement élargi. Il inclut désormais l’ancien local commercial dont les vitrines ont été couvertes d’un sticker translucide marqué « FLB Solutions » pour « Fañch Le Bras Solutions ». Marc a insisté pour, qu’avant il fasse repeindre la devanture et la porte d’entrée, par un peintre. Qu’il le fasse faire. « T’as pas le temps ! », lui a-t-il dit. Le départ de Marc me soucie. Je ne suis pas certaine que mon Fañch ait son sens de l’organisation pour pouvoir gérer tout cela sans lui. Mais peut-être au-je tort et devrais lui faire davantage confiance. Marc m’a promis tout de même de ne pas le lâcher et venir faire une inspection une fois par mois au moins.

Nous avons organisé en septembre, deux pendaisons de crémaillères. Nous étions une douzaine dans l’appartement lors de la première avec les copains de Fañch qui avaient largement participé aux travaux et au déménagement. Même Jérémie et Sonia étaient là, alors qu’ils étaient vacances en août. Nous étions un peu moins lors de la seconde avec les filles, Killian et Arnold qui nous avaient aidés pour le déménagement, ainsi que Wilhem et Thomas.

Avec Wilhem, nous avions finalisé les capsules vidéo qui étaient désormais en ligne. J’attendais les retours sur les statistiques de visionnage et l’évolution des ventes pour faire un premier bilan à un mois. Nous devions de plus, dans la semaine à venir commencer à interroger des groupes test pour évaluer de façon qualitative l’impact de cette campagne.

J’avais eu en septembre deux rendez-vous avec mon psy. Celui de mi-septembre était le dernier des trois payés par ma boite. Il m’a demandé si je voulais continuer ensuite. J’ai dit oui. Des cauchemars, je n’en avais pourtant plus faits, mais nos échanges avaient pris un tournant que je trouvais intéressant. Il était moins dans l’écoute et plus à m’aider à rechercher des explications. Pourquoi j’avais enfoui ces souvenirs pénibles au fond de ma mémoire et pourquoi ils avaient ressurgi ? En opérant par petites touches, en me posant des questions, en me demandant de chercher les réponses, il m’a davantage fait comprendre qu’il ne m’a expliqué que, si ces souvenirs avaient ressurgi c’est probablement à cause d‘un écart trop grand entre ce que mon cerveau avait anticipé et ce qui s’était passé. Selon lui, mais il s’appuyait pour cela sur un tas de résultats de recherche en neurosciences qu’il a seulement évoqués, notre cerveau ne cesse d’anticiper ce qui va se passer. C’est une condition de survie : prévoir permet d’éviter les risques prévisibles. Pour cela, le cerveau se base pour l’essentiel sur ses expériences passées.

Dans cette salle de bain, chez ma mère, mon cerveau avait anticipé un certain type de rapports sexuels, conformes au souvenir qu’il en avait. Prévoyant une certaine brutalité de sa part, de l’inconfort ou la douleur, quel que soit le qualificatif que je voulais donner à mon propre ressenti, mon cerveau avait mis mon corps en mode pause. Ce n’était pas grave, ce n’était pas dangereux, Lucas ne m’a jamais blessée physiquement. C’était juste un mauvais moment à passer que mon cerveau oublierait ensuite. Or cela, ce jour-là, à Nantes, dans cette même salle de bain, dans les mêmes conditions, ne s’était pas passé comme mon cerveau l’avait anticipé.

Depuis il faisait remonter en surface tout un tas de souvenirs enfouis pour les réexaminer à la lumière de mes nouvelles expériences. De préférence la nuit, quand il n’a plus à être attentif à ce qui se passe autour mais peut réorganiser sa mémoire. C’est à cela que sert le sommeil. D’où mes cauchemars. Sans vouloir faire de comparaisons inappropriées, mon psy m’a fait comprendre que c’était un peu le même phénomène, en moins grave quand même, que ces enfants violés à qui leur violeur demande de ne rien dire, « c’est un secret ! », qui semblent avoir oublié leur agression, jusqu’à ce qu’ils se fassent de nouveau agresser, même pour simplement tenter de leur voler leur portefeuille, mais que devenus adultes, par réflexe ils se défendent. Alors les souvenirs enfouis remontent et les agressions qu’ils ont subies enfant, sans pouvoir se défendre, leurs apparaissent pour ce qu’elles sont : comme des actes anormaux. Et alors seulement, ils portent alors plainte contre leur agresseur, 10 ans, 20 ans, 30 ans après les faits. S’ils ne sont pas prescrits.

Pour moi, il n’y avait pas matière, juridiquement parlant, à porter plainte. Je devais juste gérer ces souvenirs au fur et à mesure qu’ils ressurgiraient et les classer dans une nouvelle case : les faire passer de la classe « normal » à la classe « anormal ». C’était donc juste une question de temps et c’est ce que mon cerveau s’employait à faire la nuit. C’était douloureux mais nécessaire. Du moins c’est ce que moi j’ai compris de nos échanges.

Mon psy s’inquiétait juste de connaitre mon état mental actuel pour savoir si j’étais en capacité d’encaisser ces chocs et comment je pouvais m’y prendre pour gérer au mieux la situation. Il m’a posé tellement de fois la question de savoir si je croyais vraiment à ma méthode consistant à reproduire avec mon compagnon actuel les scènes les plus traumatisantes, que j’ai compris que lui n’y croyait pas. Par contre, il était ravi d’apprendre que nous vivions ensemble et qu’il était désormais tout le temps là pour moi. Il a alors embrayé sur les relations avec lui, comment je les vivais, est-ce que je ne me mettais pas en relation de dépendance vis-à-vis de lui. Il m’a fait m’interroger, comme Amanda l’avait fait une fois, sur pourquoi j’avais choisi un compagnon plus jeune que moi, que je pourrais dominer. Puis il avait ensuite glissé vers les relations que j’entretenais avec sa famille, puis par comparaison avec la mienne, avec ma mère, avec mon père, pourquoi j’avais rompu tout contact avec lui.

D’un côté, obtenir des réponses rationnelles à mes questions me soulageait. Je n’étais pas folle. J’avais juste grandi fans un contexte particulier, avait eu des expériences particulières et les comprendre me permettait de mieux gérer cela. Mais d’un autre, cela ôtait tout romantisme à ma relation avec Fañch. Est-ce que je l’aimais pour ce qu’il était ou comme pansement sur mes plaies, comme baume sur mes bosses ? Et quand je n’aurais plus besoin de lui comme médicament, que deviendrait notre relation ?

Et puis tout cela manquait terriblement de romantisme. Je voulais tellement y croire, moi, à cette belle histoire de coup de foudre pour un mec rencontré dans un bar. Même si, honnêtement, cela n’avait pas été un coup de foudre. Je ne l’avais pas trouvé beau à l’époque avec ses cheveux en brosse, je ne l’avais abordé que par défi, pour faire chier mes copines, sans imaginer un instant que je pourrais faire ma vie avec lui. Et lui-même ? Qu’en pensait-il ? Il ne m’avait jamais dit qu’il m’aimait. Il se l’était toujours interdit, n’étant pas convaincu de bien me connaitre ? Nous vivions ensemble, je possédais une part de son appart, il y avait mes meubles chez lui, mais je n’étais toujours pas certaine de la nature de notre relation. Continuer à creuser cela avec mon psy m’aiderait certainement à y voir plus clair. Et j’en avais bien besoin !

L’avantage d’avoir commencé la phase des travaux à l’Escape Game est que Fañch était moins tenté de retourner dans son atelier pour régler un problème sur lequel il butait. Les problèmes restaient à Cesson. Il devait quitter les locaux à 19 heure 30 max pour ramener Younès chez lui et ne pas déranger la clientèle qui était davantage présente le week-end et le soir après 20 heures. Il pouvait donc souffler un peu. C’est d’ailleurs ce qu’il faisait ce matin-là. Il avait parlé la veille d’aller au marché des Lices mais il était 13 heures et il trainait toujours dans l’appart’ en caleçon et en tee-shirt. Il n’avait pas voulu manger le midi. Pas faim. Il faut dire aussi qu’il s’était enfilé un petit déjeuner copieux à 10 heures. De larges tartines enduites d’une belle épaisseur de de beurre, salé évidemment, abondamment recouvertes de miel. Le boa digérait son repas.

Il s’était recouché dans le lit et lisait « La Mort Blanche » de Frank Herbert, le bouquin qu’il avait acheté il y a des mois place Sainte Anne et qu’il n’avait pas eu le temps de finir. Il avait même dû relire certains chapitres car il ne souvenait plus bien du début.

Je me suis allongée à ses côtés, repensant à tout ce dont nous avions parlé avec le psy. J’étais bien avec lui. Bien qu’il soit plus jeune que moi, c’était devenu un pilier de stabilité dans ma vie. Il me faisait du bien et j’espère que je lui faisais du bien aussi. J’ai passé ma main sous son teeshirt.

« T’as les mains froides », a-t-il juste remarqué.

Mon coté gamine a pris le dessus. Finalement je n’étais pas beaucoup plus mûre que lui. J’ai mis ma main dans son caleçon.

« C’est froid là aussi ?   

- Il parait que si les couilles sont en dehors du corps c’est parce qu’elles ont besoin d’être plus au frais que le reste.

- Ah bon ?         

- Après ce n’est pas une raison pour mettre tes mains glacées dessus ».

Avec lui le sexe restait un jeu, un moment fun. Mon psy m’avait interrogé là-dessus. Enfin pas directement. Quand nous avions parlé de rapport normaux et anormaux, il m’avait fait remarquer que tout le monde n’avait pas la même norme. Pour certaines et certains, un rapport sexuel pouvait contenir une certaine forme de violence, témoignant d’une certaine forme de passion, et que ce que je classais moi comme anormal parce que non conforme à mes attentes, pouvait être perçu par d’autres comme particulièrement jouissif. De même, mes rapports avec Fañch tels que je décrivais, d’autres personnes auraient pu les trouvez anormaux, manquant du sérieux et du romantisme qu’elles jugeaient, elles, indispensable. L’essentiel était donc de trouver le partenaire qui avait la même vision de soi de ce qu’est une relation sexuelle. Amanda avait une théorie de ce genre, sur les mecs qui étaient des clefs et les femmes des serrures et qu’il fallait trouver la bonne clef qui ouvrait la bonne serrure. Quand elle parlait de cela, moi je voyais cela plus comme un problème de compatibilité physique, de taille et de proportion des organes sexuels. Peut-être qu’il y avait aussi derrière la question de comment chaque partenaire appréhendait l’acte sexuel en lui-même. En tout cas, moi, le mode fun me convenait mieux que le mode sado-maso, le mode actif mieux que le mode subit. Et ça, avec Fañch, je l’avais.

Alors que j’avais ma main dans son caleçon, il est resté imperturbable, pris dans son livre. Ses couilles me semblaient de moins en moins chaudes. A moins que ce fut ma main qui était de moins en moins froide. Cette absence de réaction m’avait un peu vexée. Ma main était donc allée vérifier si son Popaul était tout autant impassible. Popaul n’était, lui, pas insensible à mes caresses. Fañch jouait bien la comédie mais était trahi par ses propres troupes en bas. J’ai glissé vers le bas du lit, soulevé son teeshirt pour déposer un baiser sur le haut de ses hanches. J’ai légèrement baissé son caleçon pour déposer un baiser sur sa hanche. Je me suis positionnée entre ses jambes et ait déposé quelques baiser à l’intérieur de ses cuisses. Je suis remontée et est baissé son caleçon. Popaul en est sorti brutalement, tout raide, enfin libre. Je lui ai ôté carrément son caleçon. Je l’ai décalotté et ai commencer à lécher sa verge du bas vers le haut jusqu’à la partie sous le gland que je savais sensible et je me suis arrêtée pour l’observer. Il avait reposé son livre, avait les deux mains sur ses yeux, attendant la suite, fébrile. Popaul s’agitait dans tous les sens au rythme des contractions de son bas ventre. J’ai soulevé son teeshirt, il s’est redressé pour l’enlever et s’est positionné sur ses coudes.

J’ai pris sa queue entre mon pouce et mon index et ait recommencer à la lécher de bas en haut. J’ai arrondi les lèvres et me suis positionnée au-dessus e son gland et lui ai demandé.

« Et alors maintenant, qu’est-ce qu’on fait ?       

- T’es diabolique ! Oh oui prend moi, s’il te plaît prend moi ! »

C’est comme cela que j’aimais un homme. Totalement soumis à mes désirs, me suppliant de le prendre et de faire de lui ce que je voulais.

Je l’ai englouti. Il s’est étalé sur le dos les bras en croix. Je l’ai sucé mais pas trop longtemps. J’ai enlevé mon teeshirt, ma culote et me suis assise sur son ventre. Il s’est emparé de mes seins. Je me suis penchée pour les lui donner à lécher. Il les a serré l’un contre l’autre et a mis mes deux tétons dans sa bouche pour les sucer. Je mouillais. J’avais envie de sa queue en moi. Je me suis relevé, l’ai saisie et me suis empalée dessus. Je lui ai fait l’amour. Je contrôlais tout, et le rythme et la profondeur de la pénétration. Ses deux bras tendus me caressaient les seins. J’ai utilisé sa queue pour me procurer un orgasme sans me préoccuper de son propre plaisir. En le voyant de mordre les lèvres je devinais cependant qu’il était tout de même, lui aussi, en train de prendre son pied. J’ai joui, puissamment intensément. J’ai voulu m’arrêter pour souffler mais il ne m’en a pas laissé le temps. Il m’a retournée, j’étais sur le dos et lui au-dessus, toujours fiché en moi. Il a commencé à s’activer à un rythme plus élevé. Il me pénétrait jusqu’à ce que son pubis vienne frapper le mien. Ce n’était pas violent, c’était fougueux, une preuve de son envie de moi. Il haletait. Il a commencé à me pénétrer moins profondément.

« Là, c’est là ! Oh oui ! »

Je savais de quoi il parlait. Ce fameux petit point comme il l’appelait qui l’excitait tant au fond de mon vagin. Je savais qu’à partir de là il ne serait pas long avant d’exploser. Je l’ai serré dans mes bras. Me préparant à recevoir le fruit de sa jouissance. Après avoir éjaculé, il est resté planté en moi, tremblant, puis s’est retiré tout doucement. Chaque centimètre qui glissait hors de mon corps me procurait encore du plaisir et je l’aurais bien gardé en moi plus longtemps.

Il s’est couché sur le dos épuisé. Je sentais son sperme couler de ma fente. Ca me chatouillait. J’ai mis ma tête sur sa poitrine. Il m’a dit :

« On est bien là. Non ? 

- Oui. »

Après un silence il a ajouté.

« J’adore les fellations. J’adore quand tu me fais l’amour ».

Je n’ai pas senti le besoin de lui répondre. Ce n’était d’ailleurs pas une question, un simple constat.

« Dis Julie !        

- Oui.    

- Tes cauchemars avec la sensation d’étouffer avec un pénis dans la bouche, ils ne sont pas revenus ?

- Non ! 

- Dommage, moi j’aimais bien la thérapie que tu avais trouvée pour éviter qu’ils ne reviennent. J’aurais bien continué ».

Je lui ai expliqué que selon mon psy, cela ne servait à rien de refaire avec lui les actes les plus traumatisant. Que ce n’est pas ainsi que je me débarrasserais de mes mauvais rêves.

« Mais tu n’as pas fait de cauchemars de ce genre, donc ça marche, non ?             

- J’en ai refait un mais un peu différents.             

- Ah oui ?           

- Ça commençait un peu pareil. Une bite s’enfonçait profondément dans ma bouche. Mais au lieu de me laisser faire je mordais.        

- Ouille !            

- Je lui coupais net sa bite avec les dents, au mec.           

- J’ai mal.           

- Le sang coulait dans ma bouche à gros flots et menaçait de m’étouffer.             

- Et ?    

- Je me suis réveillée.    

- Tu ne me ferais pas cela, quand même ? »

Pour toute réponse je lui ai fait un bisou sur son petit téton. Nous sommes restés tous les deux silencieux un moment.

« Dis Julie !        

- Quoi !

- On est vraiment des tarés nous les mecs.          

- C’est vrai en général mais pourquoi tu dis cela ?            

- On est vraiment inconscients de vous laisser prendre notre queue dans votre bouche. C’est plein de dents là-dedans. C’est super risqué.         

- Et pourquoi vous le faites alors ?          

- Parce que c’est trop bon !        

- Mieux que de la mettre dans un vagin.

- C’est différent mais je crois qu’une fellation ça procure encore plus de sensations. Sauf quand je tombe sur ton petit point au fond de ton vagin. Rien n’est au-dessus de cela ! ».

Il est resté à nouveau silencieux.

« Faut vraiment qu’on ait confiance en vous pour faire un truc pareil. Et qu’on en ait sacrément envie ! ».

La confiance. C’est peut-être cela qui me manquait dans mes relations avec mes ex. Avais-je vraiment eu confiance en eux ? Est-ce que je pensais n’avoir rien à craindre d’eux ? Pas certain. Je savais qu’ils pouvaient me faire souffrir, qu’ils me faisaient mal parfois, mais j’estimais que c’était un prix raisonnable à payer pour ce qu’ils m’apportaient en échange : me sentir aimée, désirée, vivante. Je n’avais jamais rien attendu de Fañch, il ne m’avait jamais dit « je t’aime » mais, dès le premier soir, j’avais eu confiance en lui, dans le fait qu’il ne me ferait pas mal.

« Dis Julie !        

- Oui.    

- Comment ça se fait qu’avec le pouvoir que vous avez sur nous, nous les mecs, vous avez pu, vous les femmes vous laisser soumettre à l’autorité des hommes. Il suffisait de leur proposer des fellations et de menacer de les mordre s’ils n’étaient pas sages pour les faire rentrer dans le rang ».

« Surtout que des mecs, vous n’en n’avez pas vraiment besoin, a-t-il repris. Un seul suffit pour assurer la reproduction. Vous pouvez vous permettre d’en sacrifier plusieurs. Alors qu’une femme, ça peut ne faire qu’un enfant par an, deux max si ce sont des jumeaux. Donc, il y a besoin de beaucoup plus de femmes que de mecs. Dans le livre que je lis c’est le contraire. Un virus tue toutes les femmes ou presque et les mecs sont bien dans la merde sans elles. Je ne comprends pas comment le patriarcat a pu s’imposer. Nous devrions vivre aujourd’hui dans un régime de matriarcat.

- Ça te plairait toi ?        

- Ça ne me dérangerait pas d’être ton esclave sexuel. Je le suis un peu déjà, non ? »

C’est donc ainsi qu’il voyait notre relation ? C’est vrai que d’une certaine manière il avait toujours fait tout pour me plaire depuis le début, sans jamais rien demander en retour. Comme un chien qui veut toujours plaire à son maitre. Pourtant je ne le voyais pas comme un chien. Fañch est un chat, souple, agile, libre, indépendant. Après ce n’était pas forcément incompatible. J’avais en tête la chanson

Moi vouloir être chat     

Me frotter contre tes bas            

Je me ferai angora         

Pour me blottir dans tes bras

Un chat c’est très câlin aussi. Fañch est bien un chat.

« Dis Julie !        

- Oui.

- Tes ex, ils ne t’ont jamais parlé ce petit point en toi.     

- Non.  

- Tant mieux.     

- Pourquoi tant mieux ?

- Parce que s’ils l’avaient trouvé, ils ne t’auraient jamais laissé partir. Et moi je n’aurais pas pu en profiter ».

Ils ne m’ont pas laissé partir, c’est plutôt eux qui m’ont laissé tomber. Mais que voulait-il dire par là, que lui ne me laisserai pas partir ? La fin de la chanson du chat m’est revenue.

Si un jour tu préfères     

A mes félines caresses   

Les canines d'un chien en laisse 

Tu ne comptes pas sur moi         

Pour dormir sur le sofa 

Je te montrerai de quoi 

Est capable un gros chat             

A ce jeu-là je suis roi      

Et la souris ce sera toi   

Et la souris ce sera toi

Était-ce ce qu’il avait trouvé de mieux pour me dire qu’il m’aimait ? Même si ce n’était que pour des raisons sexuelles ?

« Dis Julie !        

- Oui.    

- Je suis vraiment bien avec toi. 

- Tu trouves ? Ou c’est juste parce que je viens de te faire l’amour ?       

- Je suis content que tu sois venue habiter ici, que tu sois là tout le temps avec moi. Je suis vraiment bien avec toi. Et pas seulement au lit ».

Il y eût encore un long silence. J’ai laissé mes doigts courir sur sa peau. J’étais bien moi aussi, là, blottie contre lui.

« Dis Julie !        

- Quoi encore ?

- Je peux te confier un secret ? »

Aie ! Qu’est-ce qu’il allait me sortir encore ? Qu’est ce que je ne savais pas de lui et que j’aurais dû savoir ? Il n’a pas attendu ma réponse. Il s’est tourné vers moi et m’a murmuré dans l’oreille.

« Je crois que je t’aime ».

Il l’avait dit ! Enfin ! Il avait dit qu’il m’aimait, enfin qu’il croyait m’aimer. Et je savais que, malgré les précautions oratoires qu’il avait utilisées, ce n’étaient pas, de sa part, des mots en l’air, mais réfléchis, soupesés, sincères.

S’il avait été en état, je crois que je lui aurais refait l’amour, là, tout de suite. Je me suis contentée de l’embrasser. J’ai attendu le soir pour lui refaire l’amour. Je l’ai pris dans ma bouche. J’avais faim de lui, j’avais envie de le manger tout cru. J’ai glissé mon doigt dans son anus pour lui masser la prostate et l’ai fait jouir dans ma bouche. Cette petite part de lui qu’il m’a abandonné et que j’ai pu avaler a suffi à me rendre ivre de bonheur.

💬 Commentaires 4

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Lahire • 2 jours, 10 heures
Psy + Fanch. La thérapie est pas mal.
;-)
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robert_dubois • 2 jours, 15 heures
Belle conclusion ! Fanch croit qu'il aime Julie, et Julie probablement aussi : l'a-t-elle dit ? Peut-être pas, mais elle l'a largement démontré. Mais on n'a pas encore vu le mot FIN ?
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Passiflore Auteur • 2 jours, 14 heures
Patience. C'est loin d'être fini leur histoire...
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Passiflore Auteur • 2 jours, 14 heures
Sinon j'ai vérifié. Elle lui a déjà dit trois fois qu'elle l'aimait.
Par texto quand il est parti alors qu'elle voulait l'introduire en elle sans préservatif (le 29 mai), un mois plus tard (le 29 juin) et encore à nouveau le 5 juillet alors qu'ils venaient de faire l'amour pour la première fois dans son appartement à lui. Il avait répondu par une boutade : "moi non plus".
Elle a du le lui redire plusieurs fois entre temps.
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