Samedi 17 avril

📖 Mais qu’est-ce qu’il y a dans son pantalon ? ✍️ Passiflore 📝 1965 mots

Un an déjà ! Il y a un an tout juste, j’abordais un blondinet dans un bar pour lui offrir un verre. Pas parce que le mec m’intéressait, juste par défi, parce que Rebecca avait osé sous-entendre que je n’en serais pas capable. Le soir même, il était dans mon lit et il y est toujours. Même que mon lit est maintenant installé chez lui.

Pour les trois mois, j’avais un peu zappé le truc. J’avais certes insisté pour qu’il vienne dormir chez moi alors que cela faisait déjà plusieurs nuits que je passais chez lui, que je lui avait même demander de pouvoir m‘installer chez lui. Lui avait cru que, si je voulais revenir sur les lieux même de notre première nuit ensemble, c’était pour la rejouer trois mois après. En fait, c’était juste pour une question pratique : j’avais du linge à laver et il n’avait pas de lave-linge chez lui. Ce jour-là, il m’avait  également offert un cadeau : les clefs de son appartement. 

Pour les six mois, j’avais un peu plus assuré. C’était un samedi soir. Lui nous avait préparé un bon petit repas, diner aux chandelles, parfait. De mon côté, j’avais prévu un petit cadeau. Un simple bracelet en cordelette de bateau (je ne sais pas le nom qu’on donne à ça, une drisse peut-être, mais je n’y connais rien en voiliers) avec comme fermoir, par un mousqueton où j’avais fait graver nos deux prénoms « Fañch & Julie ». Il le portait H24.

Pour les neuf mois nous n’avions rien fait : qui fête des « neuf mois » ?

Pour les un an, Fañch avait voulu qu’on aille faire le marché. Il avait acheté des huitres, des pinces de crabes, des langoustines, bref il avait envie d’un plateau de fruits de mers. Je l’avais laissé cuire les langoustines, ouvrir les huitres et nous préparer tout cela, m’attendant, comme la fois précédente, à une petite mise en scène, peut-être avec des bougies, en tout cas quelque chose de romantique.

Pour lui laisser le temps de tout bien préparer, j’étais descendue à l’étage en dessous voir notre chère Marie. Elle m’avait parlé, plus tôt dans la semaine, d’un problème avec son ordinateur. Elle était toujours occupée à scanner et classer ses diapositives. Elle pensait en avoir perdu. Elle a dû me répéter au moins dix fois qu’elle était décidemment nulle. Moi je trouvais que, pour quelqu’un qui avait commencé l’informatique à 89 ans, elle se débrouillait plutôt pas mal Nous les avons retrouvées ses photos, certes rangées dans un répertoire improbable, mais tout était là. Je les ai remis là où il fallait et elle a pu poursuivre son voyage à travers ses souvenirs. Fañch m’avait demandé de lui descendre six huitres qu’il lui avait ouvertes.

« Six, pas plus ?
- Elle va te dire qu’il y en ça déjà beaucoup trop ! » 

C’est effectivement exactement ce qu’elle m’a dit. Il la connaissait par cœur.

Quand je suis remontée chez nous, j’ai été un peu déçue. Tout était prêt mais la présentation n’était pas vraiment soignée, en tout cas moins que la fois d’avant. Je n’ai fait aucune remarque. Peut-être avait-il préparé une autre surprise. J’avais encore en tête notre conversation dans la voiture, au retour du ski, où il m’avait reproché de ne pas lui faire confiance et de vouloir toujours tout contrôler. Je n’avais pas le goût de célébrer nos un an avec une dispute à propos de quelques chandelles manquantes.

Nous avons mangé, nous nous sommes régalés du petit vin blanc qui accompagnait tout cela. Nous avons dégusté un kouign aman en dessert, tout chaud sorti du four. Je n’ai pas osé lui offrir le tee-shirt que je lui avais acheté. Je ne sais pas pourquoi. Je ne le sentais pas. Pourtant il était chouette ce tee-shirt. Il y avait écrit dessus « Doux », ce qui le définissait parfaitement en tant qu’amant, mais barré avec écrit en dessous « Demi sel »,  ce qui le définissait encore plus en tant que breton. J’étais sûre que cela l’aurait fait marrer.

Après manger, j’ai proposé qu’on se fasse une soirée télé. Je lui ai proposé de regarder la série Outlander, la première que nous avions visionnée ensemble. Nous en étions à la cinquième saison. Encore un retour à nos débuts. Il s’est allongé sur le canapé, sa tête sur mes genoux, les jambes pendantes de l’autre coté de l’accoudoir. Moment de tendresse. J’ai joué avec ses cheveux. Mais tout cela ne sortait en rien de l’ordinaire.

A un moment il m’a demandé de faire pause. Il avait besoin d’aller faire pipi. Il a accusé le vin blanc d’être diurétique. Exactement comme il avait accusé la bière, il y a tout juste un an de cela, pour avoir un prétexte pour entrer chez moi.

Je suis allée l’attendre devant la porte des toilettes, exactement comme je l’avais fait un an auparavant. Quand il en est sorti et m’a vu devant la porte, il m’a demandé :

« Qu’est-ce que tu fous là ?
- Bon anniversaire, mon amour !
- Mais pourquoi bon anniversaire ? On est quel jour ?
- Le 17 avril !
- Oh merde ! Je suis désolé, j’ai complétement merdé !»

Profitant de son désarroi, je l’ai embrassé. Il m’a rendu mon baiser en prenant ma tête entre ses mains. Il n’a abandonné ma bouche que pour répéter « Désolé, désolé ». J’ai passé ma main sous son tee_shirt pour lui caresser le dos. Il a sursauté, je devais peut-être avoir les mains froides. Je lui ai enlevé son tee-shirt. « Non ! » s’est-il étonné, « sérieux, c’est ce que tu veux ? ». J’ai juste fait oui de la tête et tout s’est enchainé. Il m’a enlevé mon haut, mon soutien-gorge. Il a caressé mes seins. Puis, il m’a soulevée, passé ses mains sous mes fesses pendant que je m’accrochais à son cou. Il m’a portée jusque dans la chambre. Je ne l’en croyais pas capable. Certes, l’atterrissage a été un peu rude. Il m’a plus lâchée sur le lit que déposée. 

Je me suis attaquée à la ceinture de son pantalon. Le même pantalon cargo que celui qu’il portait un an plus tôt. Le matin alors qu’il prenait sa douche, j’avais sorti pour lui exactement les mêmes affaires que celles qu’il portait un an plus tôt, le premier soir. Ça ne lui avait pas mis la puce à l’oreille, visiblement. Il avait décidemment été toute la journée à côté de la plaque, mais semblait désormais déterminé à se rattraper. 

J’ai eu droit à la totale. Il m’a doigtée, a léché mon clitoris, léché les seins (mais ça je pense que c’était plus pour son propre plaisir). Quand il m’a pénétrée, c’était bien mieux qu’il y a un an : son pénis n’était pas enveloppé dans du latex. Il connaissant désormais mon corps sur le bout de ses doigts et même sur le bout de sa queue. Lors de notre première nuit, j’avais été surprise de ressentir, pour la première fois de ma vie, un orgasme vaginal. Cette fois je m’y attendais. Je comptais même dessus. Je l’ai senti venir. J’ai été partagée entre, d’un côté, le désir impérieuse de cette explosion venue du fond de mon vagin se répandre dans tout mon corps, et de l’autre, l'envie de prolonger encore un peu cette phase de montée du plaisir dans l’attente de la délivrance. Quand la jouissance est enfin arrivée, je me suis accrochée à lui de toutes mes forces. J’aurais voulu le manger, le mordre, je n’ai fait que l’embrasser.

Alors que j’étais en train de redescendre et que lui s’agitait toujours en moi, je me suis demandé comment je pourrais lui rendre la pareille. Mais il s’est brutalement arrêté, fiché au plus profond de moi. Je sentais sa queue se contracter par saccades. Elle devait expulser sa jouissance. Il s’est inquiété :

« C’était bien pour moi ?
- Oui, c’était exactement ce que je voulais
- Je suis pardonné alors ? »
- Je vais y réfléchir ! » et je me suis levée.

Je suis allée aux toilettes, me suis lavé les dents. Quand je suis revenu il dormait déjà. J’ai éteint la télé où James Fraser était resté figé depuis je ne sais combien de temps. Je suis allée me coucher à ses côtés. Il a un peu grogné quand j’ai posé ma tête sur son épaule. Mais je n’en ai pas tenu compte. J’ai caressé son torse et son ventre un petit moment en savourant l’instant et me suis endormie blottie entre ses bras.

J’ai été réveillée par le vibreur de mon téléphone. J’avais réglé le réveil à sept heures. Quelle idée, me direz-vous ! Et bien justement : j’avais une idée bien précise en tête.

J’ai soulevé la couette. Son sexe était tout flasque, tout recroquevillé. Je l’ai caressé un peu. J’avais fait ces même gestes un an auparavant. A l’époque, c’était pour savoir ce que son pénis pouvait avoir de spécial pour m’avoir procuré autant de plaisir. Un an plus tard, je connaissais sa queue par cœur et ne savais toujours pas pourquoi c’était celle-ci et pas une autre qui était capable de m’emporter ainsi au septième ciel. Mais je me moquais désormais éperdument de la réponse. C’était lui, c’était moi, c’était nous et rien d’autre n’importait.

Je l’ai prise en bouche pour la faire grossir. Pour lui faire revivre son premier réveil à mes cotés, qu’il m’avait dit être le meilleur réveil de sa vie. Cela n’a été ni long ni difficile de lui donner la rigidité que je voulais. Ça l’a évidemment réveillé. Il a posé ses mains sur mes épaules. Il voulait m’attirer à lui, peut-être pour que je le chevauche. Mais j’avais un tout autre projet. J’ai poursuivi ma fellation. Il m’a supplié : « arrête, tu vas me faire jouir ». Comme je ne l’ai pas lâché, il a compris où je voulais en venir. Il a rendu les armes, s’est étalé les bras en croix et a fermé les yeux pour savourer pleinement les caresses de ma langue autour de son gland. Il a joui dans ma bouche. J’ai de mon coté savouré le plaisir que j’avais ressenti à le contrôler entièrement, le plaisir que je lui avais procuré.

Il a voulu m’embrasser. Pour tout dire, comme il n’avait pas eu l’occasion de se laver les dents la veille, il avait une haleine de chacal et son baiser n’eût rien de romantique. J’ai préféré le goût de son sperme, c’est dire !

J’ai posé ma tête sur son ventre et ai joué un peu avec son sexe déjà revenu tout mou.

« Julie ?
- Oui ?
- Je t’aime ».

Je lui aurais bien répondu « moi non plus » comme il l’avait fait une fois. Après tout, que valait cette déclaration alors que je venais juste de le sucer ? Mais j’ai préféré ne rien dire. Savourer encore un peu ce moment de grâce entre nous.

« Le deuxième meilleur réveil de toute ma vie ! a-t-il ajouté au bout d’un moment. Vivement l’an prochain ! Je vais mettre une alarme sur mon téléphone pour ne pas oublier la date la prochaine fois !
- Parce que donc tu penses que nous serons ensemble encore l’an prochain ?
- J’espère !
- Tu envisages donc notre relation comme une relation à long terme ?- Je n’envisage pas de fin à notre relation. Tant que tu voudras de moi, moi je serais là pour toi ».

S’il n’avait pas autant pué de la gueule, je crois que je lui aurais roulé un patin direct. J’ai préféré me lever et l’envoyer chercher des croissants, pendant que je prenais ma douche. Exactement comme le premier matin du reste de notre vie, il y a tout juste un an de cela.

💬 Commentaires 1

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Enattendantlapluie • 1 semaine, 6 jours
C'est trivialement romantiques <3
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