Samedi 18 juillet, 15h00
C’est la sonnerie de la machine annonçant la fin de son cycle qui nous a sorti de notre torpeur post-coïtale. Nous avons récupéré nos fringues disséminées dans tout l’appart. Nous avons étendu la deuxième machine. Ça commençait à être chaud pour trouver de la place sur l’étente à linge. Nous avons dû mettre quelques tee-shirts sur des cintres et les pendre dans l’appart et nous sommes repartis de plus belle.
Le choix du carrelage s’est avéré encore plus compliqué que celui du bac à douche. Je voulais une salle de bain verte. Je trouve cela apaisant, le vert. Lui trouvait cela triste. Il voulait du bleu mais trouvait tous les carrelages que je lui suggérais pâlichons. J’ai fini par craquer.
« François tu fais chier. Tu veux quoi comme couleur toi ?
- Ouh, si tu m’appelles François, c’est que t’es énervée. Ce que je veux c’est du bleu.
- Mais le bleu c’est froid. Et puis je t’en ai proposé des bleus, des ciels, des azurs, des célestes, des pastels, des turquoises, et c’est toujours non.
- C’étaient des bleus tout pâlichons que tu as proposé. Ce n’est pas de ma faute si je ne vois pas les jaunes et mal les bleus. Il faudrait des bleus plus soutenus.
- Pas un bleu marine quand même ! Ça va faire sombre. Un bleu comment alors ? Propose, toi !
- Je ne sais pas moi. Tiens, ces carreaux là, tout en longueur, avec des nuances dedans, c’est un joli bleu ça !
- C’est vert !
- Comme cela, c’est vert ? C’est bleu !
- Non c’est vert.
- Attend, il y a écrit "bleu canard".
- Bleu canard c’est vert ! C’est le bleu des canards qu’on appelle colverts !
- Vous faites chier avec vos couleurs qui n’existent pas ! Bon, on s’en fout : moi je le vois bleu, toi tu le vois vert ! Ça te plait ou pas ?
- Il est très chouette. Il fait un peu zellige. Je l’avais repéré mais comme c’est vert, je ne te l’ai même pas proposé.
- Bon on prend cela ou pas ?
- Faut pas que ce soit par dépit !
- Faut se décider quand même !
- On passe la nuit dessus et on voit cela demain. C’est ouvert le dimanche matin ?
- C’est ouvert le dimanche toute la journée. T’as noté que c’est au-dessus du budget qu’on s’était fixé ?
- M’en fout ! Ça nous plait à tous les deux, c’est le principal !
- Reste plus qu’à trouver le carrelage.
- Mais on vient de se décider pour le bleu canard !
- Non ça c’est la faïence murale mademoiselle. Il faut un carrelage pour le sol.
- Et merde ! Ça n’est finira jamais.
- Il nous faudrait aussi un radiateur sèche-serviette.
- Arrête, tu me déprimes ».
Nous avons acheté le bac à douche mais pas la colonne de douche. Il faudrait voir cela quand nous aurions choisi le lavabo et le robinet qui va avec. La paroi de douche ne rentrait pas dans la voiture. Il faudrait qu’on loue une fourgonnette ou qu’on la fasse livrer. Et puis ce n’était pas urgent. Nous avons aussi trouvé le radiateur sèche-serviette et ça se fut étonnement facile. Pour le carrelage, on se laissait aussi une nuit de réflexion. Moi je voulais un sol en carrelage imitation bois. Lui disait que cela jurerait avec le vrai parquet qu’il voulait mettre dans la chambre à côté. Il proposait un carrelage noir, tout simple, assorti à la robinetterie. Je n’étais pas convaincue.
Nous sommes repassés à mon appart pour récupérer le linge qui était sec. Il a voulu prendre une douche et se changer. Il portait le même tee-shirt, le même caleçon depuis la veille. Il a essayé de me convaincre de venir la prendre avec lui mais j’ai refusé. Pendant qu’il se lavait, je lui ai demandé quel tee-shirt il voulait mettre en sortant. Il m’a dit qu’il en avait marre de discuter des couleurs avec moi, que je n’avais qu’à choisir moi-même et que, promis, il ne contesterait pas mon choix cette fois.
Je lui ai repassé son tee-shirt pendant qu’il était sous la douche. C’est là que j’ai réalisé que notre vie de couple venait de démarrer. Je m’étais occupé de son linge comme une gentille femme au foyer. Nous avions passé la journée à nous disputer pour choisir comment aménager notre petit nid. Nous avions dû négocier, faire des compromis, faire des sacrifices comme avait dit l’IA. Dans quoi je m’étais donc embarqué ?
Était-il, lui, plus conscient de ce que cela signifiait que vivre ensemble. Après tout, ses frères, plusieurs de ses potes étaient en couple : Sonia et Jérémie, les Gégés. Il avait des références. Pas moi. Amanda et Rebecca restaient des célibataires endurcies, l’une parce qu’elle était trop exigeante, l’autre incapable de se fixer. Est-ce pour cela qu’il avait demandé à y réfléchir ?
Pour ne rien arranger, son offre de devenir co-propriétaire de l’appart était un cadeau empoisonné qui compliquait les choses. Moi, je pensais simplement m’installer chez lui. C’était devenu chez nous même si je n’avais qu’une toute petite part de l’appart. Cela supposait de tout décider à deux là où j’étais prête à le laisser décider seul de comment aménager la salle de bain que je lui proposais de financer.
Il est sorti de la douche, s’est habillé. Pendant que je prenais la mienne il m’a demandé si je voulais manger ici ou chez lui. Comme je ne répondais pas, il a posé la même question différemment.
« Est-ce que tu veux monter le bac à douche et le radiateur au second étage avant d’avoir mangé ou après ?
- Parce qu’il faut encore le monter là-haut ?
- Ben oui, ça ne va pas se faire tout seul.
- Ça ne peut pas attendre demain ?
- Demain il y aura le carrelage à monter. Si on se décide. Et ça, ça pèse des tonnes. Un sac de colle à carrelage c’est 35 kilos ».
Je n’avais décidemment pas pesé la quantité de travail que cela demanderait de refaire une salle de bain...
« Avant manger alors. Après je mange et je me couche. Je suis claquée.
- Et on remet cela demain ! ».
Quand je suis sortie de la douche, tout le linge était dans des sacs. Il en avait préparé quatre. Deux pour avec mes affaires, deux avec les siennes. Il avait en outre séparé ce qui était sec de ce qui ne l’était pas encore. Il avait donc manipulé mes culottes et mes soutiens-gorges. Est-ce que cela lui avait fait le même effet que pour moi de manipuler ses caleçons ?
Hisser le bac à douche au deuxième étage fut une épreuve. Et encore, c'était lui qui était en dessous, portant quasiment tout le poids. Ça a du bon d’être le sexe dit faible parfois. Nous avons dû faire plusieurs pauses. Quand nous avons soufflé au niveau de son palier, Marie nous a proposé de venir manger chez elle après. Nous avons réchauffé les tartes salées que Fañch avait piqué dans mon congélateur. Pour les accompagner, Marie nous a proposé une salade qu’elle avait dans son frigo. Elle a insisté pour que l’on mange au moins un yaourt après.
Je suis allée me coucher direct après manger. Fañch a quémandé un câlin. Un gros câlin. Objectivement je n’en avais pas envie. Mais pas envie non plus de lui dire non. Devais-je me « sacrifier » pour lui, me soumettre à ses désirs comme je m’étais soumise à ceux de mes ex ? Est-ce que ça ne finirait pas à terme par détériorer nos rapports ? Plus grave, est-ce que cela ne risquait pas dans l’immédiat de réveiller mes cauchemars ? Il s’est fait insistant.
« Encore ? Déjà cet après-midi…
- Y a des quotas par jour ? C’est rationné les câlins ? »
Demandé comme cela ! Il s’est placé entre mes cuisses et a commencé à me lécher le clitoris.
Si, en plus, il s’y prenait comme cela ! Quand j’ai été sur le point de jouir, je lui ai demandé de venir en moi. Il ne m’a pénétrée que du bout de verge, je ne suis pas certaine qu’il ait rentré plus que son gland dans mon vagin. Il savait encore se monter imaginatif, me surprendre. J’ai eu peur un moment qu’il ne s’amuse à me pénétrer et à ressortir comme aimait le faire Lucas, comme Lucas le faisait dans chacun de mes cauchemars où je revivais la scène où il m’avait sodomisé par surprise.
Mais non, le bout de la queue de Fañch ne faisait que masser mon clitoris, en douceur. C’était délicieux. J’ai joui en m’accrochant à lui. Il m’a alors pénétré d’un coup, profondément, mais dans le bon trou et a commencé à s’activer avec fougue. J’ai presque cru qu’il allait me procurer un second orgasme, vaginal cette fois. Mais il a explosé bien avant. Il est resté quelques instants profondément fiché en moi. Je sentais les battements de son cœur contre ma poitrine. Il était essoufflé, vidé, dans tous les sens du terme.
Je lui ai fait un simple bisou, il s’est couché à mes côtés, une main sur mon sein. Je lui ai tourné le dos. Je sentais encore sa queue était toute raide contre mes fesses. Je me suis endormie quasi immédiatement.
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