Mardi 4 août

📖 Mais qu’est-ce qu’il y a dans son pantalon ? ✍️ Passiflore 📝 3825 mots

Cela faisait plus de deux semaines que Fañch était dans les travaux et que nous passions nos week-ends à courir les magasins de matériaux et de bricolage. Le second week-end il avait insisté pour qu’on choisisse le revêtement de sol pour les chambres, histoire de pouvoir ajuster la hauteur du carrelage de la salle de bain au même niveau. Il voulait un parquet en bois massif, je me serais bien contentée d’un stratifié. Je me suis rangé à ses arguments écologistes en faveur des matériaux naturels. Je ne l’imaginais pas si engagé sur le sujet.

Finalement nous avions choisi le carrelage « bleu-vert-canard » comme il l’appelait. J’avais voulu que le mur face à la douche où il y aurait le lavabo soit également carrelé. Il avait plutôt proposé de le peindre dans la même couleur. Plus rapide, plus économique. Comme je craignais les éventuelles projections d’eau sur la peinture il m’avait proposé de poser en grand miroir derrière le lavabo. Il savait trouver les arguments pour me convaincre. J’avais craqué pour un grand miroir antibuée.

Pour les meubles de salle de bain, nous n’avions rien trouvé de chouette, du moins entrant dans notre budget. Et encore même hors budget il n’y avait rien qui me plaisait vraiment. Là aussi c’est lui qui m’a convaincu de poser le lavabo sur un plan de travail à 60€ et d’y installer dessous des éléments de cuisine achetés chez Ikéa. Astucieux. J’ai pu négocier un placard colonne sur le côté pour y ranger nos sous-vêtements et même y caser un bac à linge sale. J’ai dû cependant faire un compromis sur la double vasque. Faute de place suffisante, ce sera finalement une grande vasque unique rectangulaire mais avec deux robinets. Des robinets inox finalement plutôt que noirs. Je craignais qu’avec le sol noir que nous avions choisi, cela fasse trop sombre. Je l’avais aidé à monter les meubles le dimanche. Il avait fini de raccorder le lavabo le lundi.

Nous avions en fin de compte à peu près tenu le budget et le résultat était incroyable. Fanch avait fait un travail de dingue. J’étais admirative. Cette salle d’eau serait encore plus belle que celle de mon appartement que pourtant j’adorais. J'avais d’ailleurs choisi cet appartement essentiellement pour sa salle d’eau. J’avais donné à l’agence mon préavis de départ pour le premier septembre. J’étais optimiste. Fañch me disait que si les travaux continuaient à bien avancer, il pourrait me faire aussi une vraie cuisine dans l’ancienne salle de bain. Il en avait tracé les nouveaux plans, avec un ilot central comme je voulais. En arpentant les couloirs d’Ikea à la recherche des meubles pour la salle de bain, nous avions même réussi (miracle !) à nous mettre d’accord sur le modèle de meubles et la couleur du plan de travail pour cette future cuisine. Il avait également accepté sans discuter le modèle de carreaux de ciment à motifs bleus et gris que je lui avais proposé et que je trouvais trop stylé pour recouvrir le sol. Etais-ce pour me faire plaisir, de guerre lasse ou tout simplement parce qu’ils lui plaisaient à lui aussi ? Comme à son habitude il avait été ambigu. Quand je lui avais demandé « mais ça te plait vraiment ? » il avait répondu « ma Princesse va avoir comme ça une superbe cuisine ». Ce qui n’était pas vraiment la réponse à ma question.

Je repassais de temps en temps à mon appartement pour récupérer des affaires. Je déménageais « petit à petit, vêtement par vêtement » comme le dit Benabar dans une chanson. Nous y avions même dormi trois ou quatre fois. Nous avions démonté et ramené la commode qui était dans mon chambre. La place qu’il m'avait faite dans l’armoire d’Hervé ne suffisait pas. Il m’avait promis de me faire une penderie dans le dégagement entre notre future chambre et l’actuelle chambre, appelée à devenir le séjour. « Une penderie pour toutes les jolies tenues de ma Princesse, il t’en faut combien de mètres ? ».

Au niveau boulot c’était toujours intense, mais ça avançait. Cela aurait pu avancer plus vite si mon N+1 ne chipotait pas sur tout, ne nous faisait pas refaire des vidéos à Wilhem et à moi pour finalement admettre que la version initiale était peut-être meilleure. Le tournage avec le boss dans les rues du bourg avait encore été décalé mais définitivement fixé pour les mardi et mercredi de la semaine à venir. Il allait faire chaud mais il était OK, surtout que Wilhem lui avait proposé de tourner tôt le matin et en fin de journée pour des questions de lumière. Il avait adoré l’idée de son ami d’enfance, le fameux Yves que j’avais rencontré parmi les premiers, de commenter lui-même les photos de l’expo dans les rues du bourg en faisant son mea culpa sur l’utilisation de plastique pour les flacons. Nous nous étions mis d’accord sur une pirouette où il parlerait des flaconnages en verre, des écorecharges mais aussi de la difficulté à les faire accepter par la clientèle. Un message subliminal à l’intention des consommateurs et consommatrices pour les inciter à opter pour les produits de la gamme la plus chère mais plus la plus respectueuse d’l’environnement. Il restait un commerçant.

J’avais rencontré une ultime difficulté pour cette séquence. Wilhem refusait de faire des plans larges de cette expo. Toute la végétation autour était cramée par la sécheresse et les canicules. J’ai dû supplier Yves (puisque je le tutoyais maintenant et l’appelais par son prénom), de me chercher des vidéos tournée en début de saison ou lors d'éditions précédente de qualité suffisante pour illustrer cette séquence avec de la verdure et de jolies fleurs. Il en avait trouvé et m’avait donné le contact de ceux qui les avaient tournées pour que je négocie les droits

Je m’étais finalement décidée à retourner voir le psy, le vendredi soir, même créneau horaire que la dernière fois. Sans conviction mais j’avais eu encore des nuits entrecoupées de mes cauchemars récurrents. Celui d’être étouffée par une bite dans ma bouche m’avait réveillé une nuit en sursaut. J’étais en nage et rien ne m’avait permis de me rendormir. J’avais dû quitter la chambre et descendre dans l’atelier-kitchenette de Fañch pour aller y lire et boire un thé. Fañch avait été surpris de se réveiller seul dans le lit et de me trouver au rez-de-chaussée, réveillée depuis quatre heures du matin. « J’ai ronflé ? » s’était-il inquiété. Trop chou !

Le psy m’avait fait revenir sur la description exacte de ces cauchemars. Son coté voyeuriste avais-je tout de suite pensé, jusqu’à ce qu’il me fasse remarquer qu’ils étaient très exactement au nombre de quatre types, avec des variantes. Le cauchemar du deepthroat comme il l’avait appelé, celui des coups et des insultes où j’étais toujours prise par derrière, celui des seins mordus et enfin celui de la sodomie surprise. Merci mais, ça le l’avait remarqué aussi.

Il voulait savoir si j’avais une idée de pourquoi les deux derniers n’étaient pas réapparus au cours des deux dernières semaines alors que c’étaient justement les premiers à m’avoir tourmenté. Un point pour lui. Je n'avais effectivement pas réalisé. Qu’est-ce que j’en savais moi du pourquoi ? C’est lui le psy, lui qui est payé pour trouver les réponses, pas moi.

« Je ne suis pas là pour vous apporter des réponses mais vous aider à les trouver vous-même ».

Cela m’a déstabilisé. Je pense que c’était son but. J’ai passé le week-end et ces deux premiers jours de la semaine à ruminer ce qu’il m’avait dit. J’ai commencé à échafauder une théorie que je me promettais de lui soumettre à la séance suivante. Pour les deux derniers types de cauchemars, j’ai réalisé que j’avais eu avec Fañch des rapports sexuels qui avaient commencé un peu comme dans ces mauvais rêves. Cela m’avait d’ailleurs fait craindre, sur le coup, d’être tétanisée par leur souvenir comme je l’avais été à Nantes dans la salle de bain avec Fañch. Ou que j’aurais pu l’être la première nuit chez Fañch, sans son intervention. Mais ces rapports s’étaient chaque fois conclus de façon bien différente que dans mes mauvais rêves. Ainsi, le soir du premier samedi où nous avions arpenté les magasins de bricolage à la recherche des matériaux pour la salle de bain, je l’avais laissé me faire l’amour. Il avait joué avec moi exactement comme le faisaient mes amants sans visage dans mes cauchemars. Il entrait, il sortait de mon vagin mais contrairement à ce qui se passait dans mes cauchemars, à force d’exciter mon clitoris, lui m’avait fait jouir alors que dans mes rêves je ne trouvais cela même pas agréable. Puis Fañch m’avait pénétrée d'un coup profondément mais dans le bon trou et cela avait été délicieux. Il avait recommencé le même jeu une autre fois et avait même réussi alors à me procurer deux orgasmes successifs, un clitoridien et un vaginal. Et, depuis, coïncidence ou non, je n’avais plus fait ce cauchemar-là. Idem pour celui des seins mordus. Me lécher, me sucer les seins, Fañch l’avait fait de multiples fois. Les seins c’était son obsession. Avant notre week-end à Nantes et même depuis. Ce cauchemar avait été le premier à disparaître de mes nuits.

En revanche, par crainte de ressusciter celui où j’étouffais, une bite dans la bouche, je m’étais interdit depuis de lui faire des fellations. Tout comme j’avais toujours refusé depuis qu’il me prenne en levrette. Or, c’est justement ces deux cauchemars qui étaient encore bien vivants. Cela commençait à faire beaucoup de coïncidences. En rentrant ce soir-là à l’appart de Fañch, à notre appart devrais-je dire, j'étais encore en train de ruminer cette interprétation des faits, en me demandant si mon idée était totalement loufoque ou pas, si j’oserais l’expliquer au psy dans deux semaines.

Fañch m’avait dit le matin, pendant le petit-déjeuner, qu’il allait, comme d’habitude, passer le matin à travailler pour Matthieu et Gilles, et l’après-midi à chercher pourquoi l’éclairage du grand miroir ne fonctionnait pas. Il suspectait un faux contact dans une boite de dérivation, dans le faux grenier, au-dessus de la salle d’eau. Tant qu’il y serait, il installerait la VMC que nous avions acheté le week-end précédent. La salle de bain serait donc finie ce soir. J’étais impatiente de la voir propre, rangée, décorée et surtout débarrassée des outils qui y trainait encore !

Je n’ai donc pas été surprise en rentrant de le trouver justement dans la salle d’eau, juché sur un escabeau. On ne voyait que ses jambes et le bas de son torse. Tout le reste était engagé dans la trappe qui permet d’accéder à ce faux grenier.

« Ça va là-haut ? ai-je demandé en arrivant        

- Fait mourant de chaud là-haut.             

- Je vois cela ».

Il était torse nu et on voyait les filets de sueur couler le long de sa colonne vertébrale. Le haut de son caleçon était trempé.

« Et ça avance comme tu veux au moins ?          

- J’y suis presque, un dernier branchement et ça devrait marcher. J’espérais avoir fini avant que tu arrives mais… et merde ! 

- Qu’est-ce qui t’arrive ?             

- J’ai fait tomber le wago et je ne le retrouve pas. Puisque tu es là, tu peux m’en passer un autre ? A trois entrées  , s’il te plaît !     

- C’est quoi un wago ?  

- Les petits connecteurs en plastique orange, dans la caisse à côté de la porte. Il y en a avec deux, trois, quatre ou cinq trous. Il m’en faut un avec trois trous »

J’ai fouillé, j’ai trouvé des trucs qui ressemblaient à sa description et je lui ai passé.  

« Voilà chef !    

- Merci. C’est exactement ça dont j’avais besoin. »

Trop forte !

« Et ça marche le miroir maintenant ? » et tout en posant la question, j’ai appuyé sur l’interrupteur inclus dans le miroir. Ça ne marchait pas. Aie ! J’avais peut-être gaffé.

« Ça marchait tout à l’heure mais j’ai coupé l’alim de la salle de bain pour finir le câblage. J’ai pas envie de prendre une chtouille en haut de mon escabeau ».

Je suis restée au pied de l'escabeau, dès fois qu’il ait encore besoin de moi. Son bermuda cargo kaki n’arrêtait pas de glisser vers le bas, dévoilant de plus en plus le haut et même le milieu de son caleçon, roses à petites rayures. Il ne cessait de le remonter mais ça ne tenait pas longtemps. « On a pris une taille trop grande avec Soizic » m’a-t-il expliqué alors que je me moquais gentiment de lui. « Et en plus, nous les mecs on n’a pas de hanches comme vous ! Sans ceinture ça ne tient pas ». Je me disais que l’idéal aurait été qu’il bande pour que ça bloque la descente de son falzar. Je l’aurais bien aidé en lui caressant les jambes en remontant à l’intérieur de son bermuda jusqu’à ce que… Mais, un, j’étais bien trop petite pour cela. Ou lui trop haut perché. Et, deux, ce n’était pas vraiment le moment de le déconcentrer.

Il m’est alors revenu en tête une chanson de Souchon :

Rétines et pupilles          

Les garçons ont les yeux qui brillent        

Pour un jeu de dupes     

Voir sous les jupes des filles

Et la vie toute entière    

Absorbés par cette affaire          

Par ce jeu de dupes        

Voir sous les jupes des filles

Elles, très fières

Sur leurs escabeaux en l'air        

Regard méprisant et laissant le vent tout faire

J’en étais à vouloir voir (et même plus) sous le short des garçons sur leur escabeau en l’air. Je suis sortie de ma rêverie quand il a annoncé :

« Bon ça doit être bon ! Tu veux bien aller remettre le disjoncteur sur ON ? Le tableau électrique dans le dégagement !             

- C’est lequel de disjoncteur ?   

- Il faut en actionner deux. Ceux marqués SDB et PAC1 ».

J’ai trouvé les bons disjoncteurs, identifiés par son écriture patte de mouche si mimi. Je les ai réenclenchés et suis revenue vers la salle de bain toute fière de ma contribution aux travaux. J’ai testé immédiatement le miroir. Effectivement, il s’éclairait. Trop fort, mon Fañch ! Le résultat était comme je l’avais imaginé : pour me maquiller le matin ça allait être top ! Dans le miroir, je le voyais encore en train de s’afférer dans la trappe, la ceinture du bermuda maintenant au niveau du pubis.

« Je remets la laine de verre en place, je ferme la trappe et je descends. Et après, on range tout, a-t-il annoncé.        

- C’est normal ce bruit ? C’est la VMC qui fait cela ? J’espère que ce n’est pas comme ça H24, car on ne va pouvoir dormir.     

- Ça fera un peu moins de bruit une fois la trappe refermée. Enfin normalement. Et fais-moi confiance tu vas super bien dormir. Tu peux aller voir s’il y a de l’air qui sort de la grille au-dessus de la porte de la salle de bain ? »

J’y suis allée. Effectivement il y avait de l’air qui soufflait de cette grille dont je me demandais bien depuis le début ce qu’elle foutait là.

« Tu évacues l’air de la salle de bain directement dans la chambre ? Mais il va faire super humide dans la chambre, tout va moisir !      

- Ce n’est pas l’air de la VMC qui sort par là. ».

Il était encore en train de remonter son bermuda alourdi des différents outils placés dans les différentes poches. Pesant comme il devait l’être, tu m’étonnes qu’il ne tenait pas en place et qu’il devait sans cesse le remonter. Il est descendu de son escabeau. Il avait les cheveux trempés de sueurs, de la poussière-collée sur le visage.

« Eh Fañch ! c’est de l’air froid qui arrive !          

- C’est la clim réversible que j’avais commandée et qui est arrivée ce matin. J’espérais finir de l’installer avant que tu ne rentres mais j’ai beau y avoir passé la journée, ça a été un plus compliqué que je ne le pensais.            

- Tu ne m’avais pas dit que tu avais commandé cela.       

- C’est le principe d’une surprise. Comme ça, ma Princesse elle va dormir au frais et moi je ne vais plus crever de chaud quand elle se colle à moi.      

- Je te rappelle que ce matin c’est toi qui avais le visage scotché entre mes seins quand je me suis réveillée.   

- Bon, tu m’aides à transporter le lit dans notre nouvelle chambre ou tu veux continuer à dormir dans le four à côté ?

- Mais le plancher n’est pas fini !             

- Il reste juste les plinthes à poser dans cette partie-là. On tirera le lit pour les poser ».

Je l’ai aidé à ranger ses outils et à transporter le sommier et le matelas. Il m’a laissé finir de refaire le lit pendant qu’il investissait la nouvelle douche. Il était collant de sueur et la laine de verre le grattait de partout.

« Tu sais que je te vois dans le miroir pendant que tu prends ta douche ?             

- C’est pour cela que tu voulais mettre le lit là ? Pour me mâter sous la douche. Vicieuse va ! Voyeuse !

- Note que c’est réciproque. Tu pourras éventuellement me mâter toi aussi quand je prendrais la mienne.

- A condition que tu ne fermes pas la porte. Je crois que je vais l’enlever cette porte. Elle sert à rien finalement ».

Il est resté un bon bout de temps sous la douche. Je l’attendais assise sur le lit. Il s’est essuyé avec une serviette piquée sur le tout nouveau sèche serviette. Il a ouvert la porte du placard pour s’emparer d’un caleçon.

« Ce n’est pas la peine d’emballer la marchandise. C’est pour consommer tout de suite !           

- Comment cela ? Qu’est-ce que tu veux dire par là ? a-t-il demandé avec son petit sourire espiègle, tout en sortant flambant nu de la salle de bain, arborant déjà une demi-molle.

- Que tu mérites peut-être une récompense pour le travail fait. Viens près de moi ! »

Je l’ai pris en bouche sans plus réfléchir au potentiel impact sur mes cauchemars. J’en avais envie. Et puis on verrait bien si cela les renforcerait ou pas. Au bout d’un moment, je me suis même allongée sur le dos lui demandant de se placer au-dessus de moi, pile dans la position qu’occupaient mes amants sans visages quand ils m’étouffaient et me donnaient des hauts de cœur en enfonçant leur bite dans ma gorge.

Fañch rechignait, lui, à pénétrer ma bouche. Peut-être parce que je lui avais justement raconté ces cauchemars, il s’entêtait à n’y introduire pas plus que le bout de son gland. Je l’ai saisi par les fesses pour le forcer à s’enfoncer un plus profondément dans ma bouche, me permettre le décalotter complètement avec mes lèvres et venir titiller le frein de son prépuce avec ma langue. Puisque j’avais mes mains sur les fesses, j’ai même osé tenter un vieux fantasme. Je lui ai massé la rondelle avec un doigt, puis je lui ai carrément enfoncé mon index dans son anus. Une phalange et demie avait dit Thomas jusqu’à trouver une petite boule. Je n’ai rien trouvé. Mais j’avais de petits doigts. Deux phalanges peut-être ? Trois ? Le majeur alors ? Était-ce cette grosseur-là, la prostate ?

Sa réaction prouvait en tout cas que j’avais touché un point sensible. Il s’est tendu, essayant de sortir de ma bouche. Je l’ai saisi de l’autre main par les bourses pour l’immobiliser. Je me suis mis à les lui caresser avec le pouce.

« Arrête je vais jouir » a-t-il protesté. J’ai massé encore plus fort ce que je pensais être sa prostate. J’ai également raffermi ma prise sur ses bourses. Il ne m’échapperait pas. Il a éjaculé, non pas par saccades comme les autres fois où j’avais laissé un mec, lui compris, jouir dans ma bouche mais d’un seul trait. Je sentais sur ma lèvre inférieure un flux continu couler à l’intérieur de son pénis. Sa jouissance remplissait ma bouche. Je l’ai aspiré autant que j’ai pu une dernière fois et l'ai laissé ressortir pour me permettre de déglutir. Sa queue était à peine sortie que sa bouche est venue se coller à la mienne, sa langue venant y fouiller alors qu’elle était encore pleine de son sperme. Je ne m’attendais pas à cela.

Quand il l’eut bien nettoyée, il s’est redressé. Son pénis était toujours au-dessus de mon ventre, quelques gouttes en dégoulinait encore.

« Wouah ! C’était quoi cela ?         

- C’était un massage de la prostate, enfin je crois. Ce que tu me disais ne pas avoir envie que je pratique.

- Tu me rappelleras à l’occasion qu’il m’arrive de dire de grosses conneries ?             

- Compte sur moi !        

- Et c’est pour avoir installé une clim pour ma Princesse que j’ai eu droit à ce traitement de faveur ? Tu en veux une autre où de clim ? Dans le futur séjour, dans les toilettes ? Je t’en pose autant que tu veux à ce prix-là !

- Imbécile ! »

Pendant qu’il s’habillait et que j’allais me laver les mains, je me suis repassé la scène, pour le plaisir, contente de mon coup. Je me suis rendu compte que rien ne s’était passé comme dans mes cauchemars. Dans mes rêves j’étais plutôt passive, alors que là, j’avais gardé le contrôle de bout en bout, sauf pour le baiser à la fin qui m’avait pris de court. Il ne m’avait pas enfoncé son pénis de force au fond de la gorge, je n’avais jamais eu la sensation d’étouffer. Serait-ce suffisant pour que mes cauchemars soient remplacés par le doux souvenir de cette fellation où je lui avais procuré tant de plaisir sans jamais me sentir ni forcée ni humiliée ?

Cette idée me tournait encore dans la tête pendant que nous mangions dans l’atelier-kitchenette du rez-de-chaussée. J’étais distraite, peu attentive à ce qu’il me racontait de sa journée, l’obligeant parfois à me répéter ce qu’il venait juste de me dire. J’ai finalement préféré changer de sujet et lui faire part de ma théorie sur la manière d’éradiquer mes cauchemars.

« Et tu crois que ça va marcher, ça ? Moi je n’y crois pas ! a-t-il réagi.     

- Et pourquoi ? T’es psy maintenant ?    

- C’est comme pour les vaccins, pour que ça marche, il faut plusieurs piqûres de rappel. On recommence quand ?

- N’abuse pas de la situation ! Tu ferais mieux de finir de manger qu’on retourne au frais là-haut ! »

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