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Fabrice transpirait. Il était tendu comme… Tendu à mort ! Finalement, rassemblant son courage, il fit son entrée :
— Bonjour mademoiselle. Toi ça va ?
— Coupez ! C’est quoi ce bordel ! Fabrice ! Tu me fais quoi, là ? S’étouffa le pauvre José.
— Bah ! J’improvise… Je suis un artiste ! C’est qu’on ne m’a pas donné de script ni mon dialogue…
— Mais y a pas de dialogue ! Tu baises Ophélie ! Debout, couché, en biais, comme tu veux, mais tu baises ! De toute façon on ne verra pas ta gueule… Que ta queue… C’est Ophélie qu’on verra. Pas toi ! Regarde comme elle est belle et… Comme tu es vilain…
— Ah… C’est que je pensais… On dit pas bonjour alors ?
— NON ! On dit rien ! On baise ! Tu peux faire « ah, oh, oh oui » si tu veux...
— José, je t’avais prévenu… Les amateurs… murmura Ophélie, consternée.
— Oui, bah Ramon, il a une sgeguite du feu de Dieu, il pisse des lames de rasoirs ! Alors ? On prend ce qu’on trouve…
— Il y arrivera pas… Regarde-le.
— Il y arrivera ! Fabrice, mon garçon… Tu peux baiser Ophélie ? Elle te plaît pas ?
— Bah si ! Je peux ! Je peux ! Sûr je peux !
— Tu vois. Il peut ! On se met en place… Fabrice, à poil et rapplique !
Fabrice était passablement désabusé. Même un tantinet déçu par la tournure des évènements. Mais il y allait de son honneur et surtout, il avait faim. Aussi, jeta-t-il bas ses frusques et s’élança-t-il courageusement, sortant de la tranchée, affrontant le no-man’s-land avec le grand lit violemment éclairé et l’Ophélie alanguie dessus.
Le voyant la bimbo pouffa de rire.
— Coupez ! Mais putain Ophélie ! Tu me fais quoi ?
— Nan, c’est trop ! Tu as vu ses chaussettes ?
Toute l’assistance darda ses regards sur les chaussettes jaunes Pikachu de Fabrice. Le pauvre José se frotta les sourcils. La dépression le gagnait.
— Fabrice ! Mais c’est quoi ça ?
— Bah mes chaussettes fétiches. Elles sont propres !
— On t’a dit à poil et baise l’Ophélie ! Qu’est-ce que tu n’as pas compris là-dedans ?
— Mais tu m’as dit : on voit que ta queue… J’ai pas envie d’avoir froid aux pieds…
La belle Ophélie s’amusait à tirer sur une chaussette du malheureux.
— Les mêmes que mon petit neveu… C’est un bébé ce mec, José… C’est abuser ! Le pauvre…
— Putain… On est foutu… se désola José, se laissant tomber sur le plumard.
— Mais quoi ? S’énerva Fabrice.
— Ça va pas le faire…
— Ça veut dire que tu vas pas me payer ?
— Voilà !
— Merde alors. Même pas un sandwich ?
— Michèle, file-z’y un sandwich à ce miséreux… Il me fait pitié.
Fabrice mangea son sandwich au thon la mine maussade. Tout en mastiquant, il songeait. Non, ça ne passait pas ! Ça ne se passerait pas comme ça !
Il se leva et alla droit sur José, la mine décidée.
— Si je t’amène un mec… Un cador ! Tu me files combien ?
— Hein ? Tu connais quelqu’un ?
— Un pro ! Sa vie c’est la baise ! D’ailleurs, il est obligé de se branler tout le temps.
— C’est quoi ce mec ?
— Un colosse ! Entre Quasimodo, Hercule et un Orang-Outang… Mais en plus grand.
— Tu te fous de moi ?
— Nan ! Alors ?
— Il va pas faire le con avec des chaussettes et des dialogues ?
— Il pense pas ! Il baise. Sa vie c’est sa queue.
— J’aime ça. Amène-le demain. Comment il s’appelle ?
— Jo ! Tu seras pas déçu ! Mais prépare le fric.
— OK ! OK ! Mais je déduis le sandwich au thon…
— Radin !
— Les temps sont durs…
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