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Fabrice était nerveux, surveillant les alentours, sursautant au moindre bruit. Se déplacer en plein jour avec Jo… C’était riqué. Surtout depuis l’affaire « SadicMAN ».
— Jo, fais pas le con ! Professionnel !
— Jo fais pas le con !
— Ouais… Je te connais. Déconne pas. Tu baises Ophélie et c’est marre. Tu lui parle pas. Tu baises c’est tout. On prend le fric et on se barre. Rideau !
— OK. Et on mange ?
— On verra si je peux tirer un peu de bouffe.
— Jo trop faim !
— Ouais. Moi aussi. Surtout tu commences pas à délirer…
— Jo pas délirer !
— Ouais… Si ça se passe bien, on aura peut-être une solution pour du fric facile… À nous la belle vie…
— La belle vie…
Jo souriait. Son visage poupin était illuminé de joie. Il allait baiser une meuf, une bombasse, une de celles qu’il voyait dans ses revues de Q… Une de celles qui le faisaient rêver depuis des années… De longues années… Trop d’années ! Le jour était venu… Même pour Jo !
Il était reconnaissant à la vie. Oui, cela valait le coup d’avoir attendu si longtemps.
À voir ce visage poupin si souriant, la Michèle eut peur. Elle étouffa un petit cri. Et c’est vrai que même moi, en le voyant comme ça, j’aurais eu peur. C’est un peu comme faire une pub Orangina avec un flacon de nitro. C’est marrant mais… c’est le genre de truc dont on ne se remet pas.
Intrigué, José arriva tout chaloupant et la mâchoire lui tomba, ou plutôt elle cherra :
— Oh putain ! fit-il, levant la tête pour voir le colosse qui tenait avec difficulté dans l’entrée. Putain Fabrice, il est trop…
— Trop ? Trop quoi ? Tu l’as même pas vu en action. Laisse sa chance au produit !
— Il est trop grand ! Comment c’est possible ? D’où il sort ? C’est pas humain… On verra que lui… Mais… Mais…
Il n’avait pas fini de parler que Jo avait sortit son membre viril et commençait à s’astiquer, toujours souriant et joyeux.
— Il fait quoi là ? S’alarma José.
— Reste pas devant… Jo ! Déconne pas ! On avait dit…
On avait dit… Mais Jo était parti… L’artiste en lui avait pris le dessus. Il fallait faire son numéro… Il avait aperçu le lit et surtout la belle Ophélie qu’on maquillait… Nue… Toute nue… NUE bordel !
Sur le moment elle crut qu’une bombe avait ravagé le pavillon et qu’elle lui était tombée dessus. Et puis suffoquant, s’extirpant avec peine, cherchant un peu de lumière, elle entendit, tandis qu’on ravageait son intimité, chanté à tue-tête, avec des trémolos terrifiants :
Mexico, Mexico...
Sous ton soleil qui chante,
Le temps paraît trop court
Pour goûter au bonheur de chaque jour
Mexico, Mexico…
Devant ce spectacle terrifiant, la deuxième actrice qui devait faire la scène à trois, Océane, tenta de s’interposer… Elle se retrouva à valser avec le géant hilare, chantant et gueulant « SadicMan est dans la place » « SadicMan donne du plaisir aux femmes ».
— Jo putain ! Hurla Fabrice, consterné, comme l’apprenti sorcier et son balai… Sauf que Fabrice connaissait le Jo depuis le jardin d’enfants…
Les assistants, José, Michèle… On tenta bien de maîtriser SadicMAN…
— Michèle, appelle la police ! Appelle la police. C’est un fou !
— Jo ! On se barre ! Arrête les conneries !
— Jo veut manger ! Jo faim !
— File lui de la bouffe ! Ça va le calmer, expliqua Fabrice.
Michèle vida son frigo dans un sac Inter et se précipita :
— Voilà ! J’ai rien d’autre… Partez maintenant ! Partez !
— Putain ! Il a démoli la maison, ce con ! Il fait quoi ?
— Il se prend pour un super héros… Il veut se pendre au lustre… Il aime se suspendre… dit Fabrice consterné.
— Tu l’as trouvé où ? Demanda, hagard, José.
— C’est l’histoire de ma vie… Une connerie monumentale… philosopha Fabrice.
Il fallut attendre la nuit dans l’angoisse, tapis dans un fossé, partout des sirènes, des voitures de police fonçant… C’était la guerre dans la ville de la Conche. La chasse à l’homme était lancée… Ou plutôt, la chasse au monstre. On voulait la peau de SadicMAN.
Fabrice mastiquait un sandwich au salami. Jo mangeait un pot de pâte à tartiner avec ses doigts. Un silence pesant régnait.
Jo songeait à Ophélie. Elle était si belle… Mais pas très causante. Et Océane… pareil… Mais elle volait bien… comme un oiseau… C’est beau les oiseaux qui volent...
Trouverait-il un jour une femme pour l’aimer ? Une femme à sa mesure… Une femme qui soit vraiment une femme quoi…
La vie est si injuste… Hein ? Non, je ne parle pas pour moi ! Je vais très bien !
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