Chapitre 7 : Explosion - Octobre 2025

📖 Résurrection Petits Textes ✍️ Magda 📝 481 mots

BAM !

Un bruit d’explosion réveilla en sursaut monsieur et madame Kazlauskas. Rozalija posa une main apaisante sur l’épaule de son mari.

-       Tout va bien, je crois que les bruits proviennent de l’extérieur du ghetto.

Malgré ses paroles apaisantes elle sentait Danius trembler sous sa paume. Même si son époux ne revenait jamais sur l’épisode de son lynchage, Rozalija savait que cet événement le traumatisait encore aujourd’hui.

BAM !!

Une deuxième salve plus violente détonna. Main dans la main, le couple se dirigea vers la fenêtre du salon. Au loin une lumière rougeâtre dansait dangereusement.

-       Papa, maman… appela une voix pâteuse. Est-ce qu’ils sont rentrés ?

Les cheveux en bataille, Juozas rejoignit ses parents.

-       C’est la deuxième fois ce mois-ci. Je dois aller au boulot dans deux heures. J’espère qu’ils seront partis.

Derrière son ton posé, le jeune adolescent n’en menait pas large. Anxieux, il jeta un coup d’œil à son père. Si depuis l’arrivée du commandant Lebrun les émeutiers n’avaient jamais réussi à rentrer dans l’enceinte du ghetto, ceux-ci revenaient faire des descentes de temps à autres. Et même si celles-ci s’espaçaient de plus en plus, chaque affrontement terrifiaient les réfugiés et les maintenaient éveillés jusqu’à ce que le calme soit revenu.

BAM !!!

-       Ils sont de retours, ces cons, lâcha d’une voix traînante Anastasia.

Les Kazlauskas étaient tellement tendus qu’ils n’avaient pas entendu arriver leur nièce.

Anastasia jeta un coup d’œil par la fenêtre, tendit l’oreille puis haussa les épaules.

-       Ils sont en train de se prendre une rouste, comme d’habitude. Dans dix minutes ça sera fini. Si j’étais vous je retournerais me coucher. Rien n’arrivera ce soir.

BAM !!!

-       Oh, vraiment ?! répondit Juozas sarcastique. En effet, ça va en se calmant !

-     Il est deux heures trois. À deux heures treize ce sera fini, répondit Anastasia calmement. Bonne nuit à tous.

Juozas leva les yeux au ciel et laissa échapper un juron. Même si la jeune fille et lui étaient devenus amis, dans ces moments de stress et de peur son animosité ressortait. Les Kazlauskas restèrent tous les trois devant la fenêtre. Et, mystérieusement, comme l’avait prédit Anastasia, à deux heures treize pile tout redevint calme et le ciel redevint encre. Tout était terminé. Plus aucune explosion ne déchirait le silence nocturne.

 

***

 

-       Dis, demanda quelques jours plus tard Juozas à Anastasia. Tu n’avais pas peur il y a quelques nuits ?

La jeune fille haussa les épaules et arracha une mauvaise herbe.

-       Pour une fois je dormais bien et ces crétins m’ont réveillé. Je savais qu’il n’y aurait rien.

-       Mais comment tu l’as su ? s’enquit-il à brûle pourpoint en enlevant lui aussi une herbe folle.

Anastasia releva la tête et regarda le mur de brique rouge recouvert de lierre, méditant apparemment sur la réponse à apporter.

-       Aucune idée. L’instinct, j’imagine.

 

Fin


💬 Commentaires 2

Connectez-vous pour commenter ce chapitre.
LauraAnco • 1 mois, 1 semaine
On ressent la vie sous pression.
Anastasia garde son sang-froid. Comme si elle s'y était habituée...
À la fois oppressant et résilient. Bien montré ;)
👍 1
Magda Auteur • 1 mois, 1 semaine
Merci. :)
👍 1