Abandonné
Sur ma route côtière,
les albatros me saluent,
m’ouvrent la marche.
Je contemple la mer
et imagine ses richesses.
Les ennemis de mes ennemis
se sont mis d’accord
pour piller mon pays.
Sur ma route côtière,
une femme porte
son seau-poubelle,
à peine vidé,
et regagne son foyer.
Dans ma voiture,
Nirvana tonne :
« Come as you are, as you were… »
Les ennemis de mes ennemis
sont devenus des amis,
ils nous ont trahis.
Sur ma route côtière,
je m’arrête avant un petit rond-point.
Un vieil homme
traverse péniblement l’avenue,
souffrant d’une arthrose tenace.
Son calmant est trop cher
pour son budget.
C’est la faute
aux ennemis de mes ennemis.
Sur ma route côtière,
j’ai laissé mes oiseaux de mer
et je rentre en ville.
Des riches côtoient des démunis,
l’un rit, l’autre attend son aumône,
si tant est qu’on la lui donne.
Les ennemis de mes ennemis
nous ont abandonnés
à notre sort pourri.
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