4 - Les lubies de Léonard
… Sans consultation préalable…
Anselme leva donc tout simplement un sourcil broussailleux gonflé d’expectative. Les lubies de Léonard, ici, tout le monde en avait fait les frais. Elles partaient d’un bon principe et, avec quelques ajustements, donnaient des résultats à la presque hauteur attendue.
Quand Léonard avait proposé d’aligner tous les stands, l’idée avait créé des remous mais dans le fond ne s’était pas montrée absurde. Il avait fallu s’adapter et certains s’étaient trouvés placés d’office dans les renfoncements pour ne pas déparcher, mais ensuite tous les habitués avaient reconnu que l’arrangement faisait moins désordre.
Quand il avait demandé que les marchandises passent par un contrôle sanitaire, on avait coupé le melon en deux, et proposé que chaque marchand affiche son label qualité bien en vue et les clients avaient continué comme avant, à choisir leur étal en fonction de leurs yeux et de leur nez, à la tête ou la gouaille du fournisseur. Une nouvelle lubie ? Il n’y avait pas de quoi s’affoler, a priori.
— Non, mais tu te rends compte ?! continua Nestor qui s’échauffait, un prix au nom de TOUT le quartier, à quelqu’un qu’en a RIEN à foutre !? Mais c’est pas la moquette, c’est tout son stock de thym qu’il a fumé, le Père Léo !
Le deuxième sourcil d’Anselme partit en semi-interrogation du côté de Julie qui s’était approchée. Elle lui renvoya un demi-sourire qui était presque aussi beau que le sourire entier, intriguée par le comportement de Nestor, et visiblement ne comprenant pas plus qu’Anselme le pourquoi d’un tel emportement.
— Mais pourquoi ça te fâche ? répliqua-t-elle, sa voix claire passant elle aussi
par-dessus la considération des badauds, c’est sympa un prix !
Nestor faillit s’étrangler dans ses arguments qui se bousculaient aux cordes
comme lors d’une course de vaches landaises. Estomaqué par la réponse de
Julie, il en devint plus rouge encore. Mais Noudidiou, comment faisaient-ils
pour ne pas voir où cela allait les mener ?
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Je poursuivrai plus tard, ou demain.