Lettre avant le dernier suicide
Vous, qui naguère n’étiez que lâches
sans jamais oser m’affronter
où dans votre froc traînait une fragrance de pourriture
semant dans votre sillage des rumeurs assassines
cette missive n’est pas pour vos yeux :
restez loin de mes cieux
et votre aura continuera de pâlir à votre rythme.
Vous, mes amis que je ne compte guère
que dire en ces instants
quand un seul mot suffit :
Merci !
Vous, tous vendus insignifiants
roulant dans les rouages de lois imbéciles
idiots utiles aux guerres d’un monde qui n’aurait dû être nôtre
crétins bornés ou altruistes magnifiques
chacun, dans son poste, à tirer sur le possible
pour faire avancer le monstre bouffeur de carottes flétries :
vous, je vous emmerde
mauvais exemples
mauvais coucheurs
mauvais prosélytes
pourvoyeurs d’angoisse au cerveau atrophié
je vous emmerde
vous êtes ma fin
j’ai le droit de vous emmerder
Mais vous, dont on ne parle pas
à qui on ne pensera pas
vous, enfants grégaires de la Terre
dont le ciment tient les fondations
vous, pour qui je n’ai su faire assez
et l’ayant trop souvent mal fait
je vous promets ne pas partir sans un regret
et si demain je reviens
c’est à vous que j’irai
comme un devoir non terminé
ou une revanche inachevée
Quant à toi
chère Nature
toi qui m’achèverais si je t’en laissais la clef
je ne t’en veux pas :
trop souvent, tu n’as été que joie
émerveillements
j’ai aimé quand tu me poussais sous l’effort
quand un soleil brillait en pleine nuit
quand un chaud baiser matinal
sortait mes derniers songes par la fenêtre
j’ai aimé bien peu
et tant, et tout, à la fois
j’ai perdu un peu, et tant, et tout, à la fois
et ce que tu veux me retirer
je vais te le donner
ainsi ce sera plus simple
mars 2025
💬 Commentaires 15
Ça rend la séparation plus douloureuse, teintée de culpabilité à vie.
Tant mieux.
Je l'avais aimé la première fois là-bas, je l'aime toujours ici. Comme quoi, Aristote a définitivement raison :)
J'ai beaucoup aimé.