Saison 1 - Épisode 1 - FLASHBACK

📖 THE LAST WOLVES ✍️ Splinter 📝 2383 mots


LITUANIE

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Le soleil baignait les immenses forêts de Dzūkija d'une lumière dorée.

Au milieu des pins et des bouleaux se dressait le domaine des Grikštas.

Un manoir de pierre vieille de plusieurs siècles, entièrement restauré, entouré de plusieurs hectares de terrain privé.

Ici, rien n'était laissé au hasard.

Des caméras thermiques étaient dissimulées dans les arbres.

Des capteurs sismiques surveillaient les chemins forestiers.

Des drones effectuaient silencieusement leurs rondes au-dessus de la canopée.

Autour de la propriété, une vingtaine d'agents assuraient la sécurité.

Ils n'étaient pas des vigiles.

C'étaient d'anciens militaires.

D'anciens membres des forces spéciales lituaniennes.

Quelques-uns avaient même appartenu aux anciennes unités clandestines des Grikštas.

Le domaine ressemblait davantage à une forteresse qu'à une résidence familiale.

Et pourtant...

ce matin-là...

tout semblait paisible.

Sur la terrasse, Klaudija Grikštas termina son café.

Son téléphone vibra.

Emmanuel.

Elle regarda son nom quelques secondes.

Un léger sourire apparut.

— Je te rappellerai beau gosse...

murmura-t-elle.

Elle glissa le téléphone dans sa poche.

Son regard se posa sur ses enfants.

Au fond du domaine, Soren, quinze ans, terminait un parcours physique et tactique sous l'œil d'un ancien instructeur.

Quelques mètres plus loin, Mélissa, vingt ans, démontait puis remontait son Glock chronométré avant d'enchaîner plusieurs séries de tir.

Chaque balle trouvait le centre de la cible.

Klaudija ne pouvait s'empêcher d'être fière.

Ils avaient grandi.

Trop vite.

Mais dans leur famille...

on apprenait très tôt que la paix n'était jamais acquise.


À près d'un kilomètre de là...

une silhouette observait le domaine à travers des jumelles.

Puis une deuxième.

Puis une troisième.

Rapidement...

des dizaines d'hommes apparurent entre les arbres.

Leurs tenues noires absorbaient la lumière.

Leurs mouvements étaient parfaitement synchronisés.

Aucun mot.

Aucune radio.

Seulement des gestes.

Le chef leva lentement la main.

Sur son avant-bras apparaissait un symbole gravé dans le métal.

Origin, deux serpentse mordants la queue en forme de cercle, à l’intérieur, une triangle avec un labyrinthe et un oeil ouvert en son centre.

Il referma le poing.

L'assaut commença.

Dans le poste de sécurité, les écrans s'éteignirent brutalement.

Secteur nord.

Puis secteur est.

Puis secteur ouest.

Le chef de la sécurité, Grantas, fronça les sourcils.

— Alpha, répondez.

Silence.

— Bravo ?

Toujours rien.

Il se leva d'un bond.

— Verrouillez le domaine !

Le technicien tapa plusieurs commandes.

Les barrières refusèrent de répondre.

Le système venait d'être piraté.

Puis une détonation étouffée résonna dehors.

Un garde venait de tomber.

Puis un deuxième.

Puis un troisième.

Le chef comprit immédiatement.

— Madame Grikštaitè !

Klaudija n'eut même pas besoin qu'on lui explique.

Elle connaissait ce silence.

Celui qui précédait toujours les catastrophes.

Elle regarda ses enfants.

— Soren, Melissa, à l'intérieur.

Maintenant.

Ils ne discutèrent pas.

Ils savaient reconnaître ce ton.

En entrant dans le hall principal, Klaudija ouvrit une ancienne bibliothèque.

Derrière elle apparut un passage souterrain.

— Vous prenez le tunnel.

Vous rejoignez la vieille chapelle.

Vous ne revenez sous aucun prétexte.

Mélissa secoua la tête.

— Je reste avec toi.

— Non.

— Je peux me battre.

— Justement.

Protège ton frère.

Soren regardait sa mère sans parler.

Elle posa une main sur sa joue.

— Peu importe ce que tu entendras...

tu continues d'avancer.

Promets-le-moi.

Il hocha lentement la tête.

La bibliothèque se referma.

Klaudija resta seule.

La première baie vitrée vola en éclats.

Trois hommes d'Origin pénétrèrent dans la villa.

Le premier n'eut même pas le temps de lever son arme.

Klaudija la lui arracha des mains.

L'utilisa comme levier.

L'épaule craqua, deux balles dans la bouche direct.

Le deuxième reçut un coup de coude en pleine gorge.

Le troisième, coup de pied dans le thorax, projeté contre une colonne.

D'autres arrivèrent.

Toujours plus nombreux.

La villa entière devint un champ de bataille.

Klaudija utilisait tout.

Les murs.

Les escaliers.

Les meubles.

Chaque déplacement semblait avoir été calculé des années auparavant.

Les hommes d'Origin commencèrent à tomber.

Un.

Puis deux.

Puis cinq.

Le commandant observa calmement la scène.

— Cible numéro un confirmée.

Soyez vigilant, elle ne lâchera rien.

Un agent rechargea son arme.

— On ouvre le feu ?

Le commandant secoua la tête.

— Non.

Elle doit rester vivante.

Les armes changèrent.

Les balles laissèrent place aux fléchettes anesthésiantes.

Une première atteignit son épaule.

Klaudija l'arracha immédiatement.

Elle continua de se battre.

Une deuxième frappa sa cuisse.

Elle ralentit à peine.

Elle désarma encore deux hommes.

Le première reçu sept balles dans son plastron avant de tomber.

Le second l’accula près d’une vieille horloge, klaudija brisa la vitre du cadran, arracha la grande aiguille en acier et la lui planta dans l’œil jusqu’à traverser la boîte crânienne.

Une troisième atteignit son dos.

Puis une quatrième.

Le commandant regardait les constantes affichées sur une tablette.

— Incroyable, aussi forte que lui...

Elle devrait déjà être inconsciente.

Klaudija continuait pourtant.

Son souffle devenait plus lourd.

Sa vision se brouillait.

Mais elle refusait de céder.

Origin lança alors des grenades incapacitantes.

Un gaz blanc envahit progressivement le hall.

Klaudija retint sa respiration.

Elle frappa encore.

Encore.

Puis ses jambes commencèrent enfin à céder.

Profitant d'une seconde où tous les regards étaient tournés vers elle, elle glissa discrètement la main sous une vieille commode.

Elle activa un petit émetteur.

Une diode rouge s'alluma.

PROTOCOLE D'URGENCE ACTIVÉ.

Vingt-quatre heures avant transmission automatique.

Elle poussa discrètement le boîtier sous le meuble.

Personne ne la vit.

Au même moment...

Sous le domaine...

Mélissa guidait Soren dans le tunnel.

Ils n'étaient plus très loin de la sortie.

Puis elle s'arrêta net.

Un rayon laser traversait discrètement le passage.

— Soren, recule...

souffla-t-elle.

Des projecteurs s'allumèrent brutalement.

Une dizaine de soldats apparurent.

Leurs armures étaient différentes.

Plus lourdes.

Plus modernes.

Sur leur épaule figurait un autre emblème.

ATLAS.

La branche paramilitaire d'Origin.

Mélissa se plaça immédiatement devant son frère.

— Vous... Mon père aurait dû vous exterminer jusqu'au dernier... Vous n’irez pas plus loin.

Le chef d'ATLAS répondit calmement.

— Nous sommes déjà là où nous voulions être.

Mélissa chargea.

Elle envoya le premier soldat au sol.

Brisa le poignet du deuxième.

Soren récupéra une matraque télescopique tombée au sol et frappa à son tour.

Ils résistèrent.

Longtemps.

Bien plus longtemps que les soldats ne l'avaient prévu.

Le commandant d'ATLAS finit par soupirer.

— Endormez-moi ces petits loups.

Deux grenades incapacitantes roulèrent sur le sol.

Le gaz envahit le tunnel.

Mélissa retint sa respiration le plus longtemps possible.

Soren aussi.

Mais leurs corps finirent par céder.

Avant de perdre connaissance, Mélissa vit son frère emporté dans une direction.

Elle, dans une autre.

Elle tendit la main.

— SOREN !

Leurs doigts ne se touchèrent jamais.

Dans le hall principal...

Klaudija venait enfin de tomber à genoux.

Même à moitié consciente...

elle tenta encore de frapper un agent.

Deux hommes durent lui maintenir les bras.

Le commandant s'approcha lentement.

— Emmanuel viendra.

Klaudija releva difficilement la tête.

Un sourire apparut puis elle lui cracha au visage.

— Vous...

Vous n'avez aucune idée...

de ce que vous venez de réveiller...

Le commandant sourit.

— Au contraire.

C'est précisément ce que nous attendions.

Les menottes magnétiques se refermèrent sur ses poignets.

Au loin...

un hélicoptère commençait déjà à approcher.

Alors que Klaudija était conduite vers Rome...

Soren et Mélissa prenaient une toute autre direction.

Personne ne savait encore où.

Le seul témoin de toute cette opération était un petit boîtier caché sous une vieille commode.

Sa diode rouge clignotait dans le silence.

23:54:43

Le compte à rebours vers Emmanuel venait de commencer.




ROME - ITALIE

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La nuit était tombée sur Rome.

Le Tibre reflétait les lumières dorées des ponts.

Le Vatican dominait toujours la ville, immuable.

Des milliers de touristes se pressaient encore sur la place Saint-Pierre.

Des couples riaient.

Des prêtres traversaient les colonnades.

La vie continuait.

Personne ne pouvait imaginer qu'à moins de cinquante mètres sous leurs pieds existait un autre monde.

Un monde plus ancien que les États.

Plus ancien que certaines religions.

Le convoi noir franchit le portail d'un ancien palais Renaissance, officiellement abandonné depuis près de deux siècles.

Les lourdes portes se refermèrent derrière lui.

Puis l'ascenseur descendit.

Vingt mètres.

Quarante.

Soixante.

Quatre-vingts.

Le téléphone d'un agent perdit tout réseau.

Même les montres cessèrent de fonctionner.

L'ascenseur s'arrêta.

Dans un grondement sourd.

Les portes s'ouvrirent.

Klaudija leva lentement les yeux.

Son souffle se coupa.

Devant elle s'étendait une véritable cité souterraine.

Des halls pavés de marbre noir.

Des colonnes corinthiennes gigantesques.

Des statues de d’Ouroboros sculptés dans l'obsidienne, hautes de dix mètres.

Au plafond, une voûte reproduisait un ciel étoilé grâce à des milliers de fibres optiques dissimulées dans la pierre.

Des fontaines alimentaient une eau parfaitement limpide.

L'air sentait l'encens, la pierre humide et les vieux manuscrits.

Chaque détail évoquait Rome.

Mais une Rome qui n'avait jamais appartenu aux hommes.

Le chef de la sécurité d'Origin marcha lentement.

— Bienvenue au Sanctuaire.

Klaudija ne répondit pas.

Son regard parcourait les fresques.

Romulus et Rémus.

Jules César.

Charlemagne.

Les croisades.

La Renaissance.

Puis les Médicis.

Les Borgia.

Léonard de Vinci.

Michel-Ange.

Et surtout, à chaques fois

Chaque époque possédait un détail identique.

Toujours ce même emblème.

Le symbole d’origine, l’oeil au centre d’un labyrinthe.

Origin avait traversé l'Histoire.

Sans jamais apparaître.

Ils traversèrent une immense galerie.

Des centaines d'hommes et de femmes circulaient dans un silence presque religieux.

Aucun uniforme.

Seulement des costumes noirs.

Des robes inspirées des ordres monastiques.

Des toges rappelant l'Empire romain.

Comme si toutes les époques cohabitaient ici.

Au centre de la cité s'élevait un arbre gigantesque.

Un olivier.

Ses racines disparaissaient sous le marbre.

Son tronc semblait vieux de plusieurs millénaires.

Autour de lui brûlaient douze flammes.

Jamais elles ne vacillaient.

Le chef remarqua que Klaudija observait l'arbre.

— Il était déjà là lorsque Rome n'était encore qu'un village.

Elle répondit sèchement.

— Vous aimez raconter des légendes.

Il eut un léger sourire.

— Toutes les légendes commencent par une vérité.

Ils arrivèrent devant une immense porte en Or massif.

Aucune serrure.

Seulement une bague de pierre représentant deux serpents qui se mordaient la queue et comme toujours le Labyrinthe, l’oeil.

Le chef posa sa paume dessus.

Le mécanisme s'ébranla.

Un grondement parcourut toute la galerie.

La porte s'ouvrit.

Une salle circulaire apparut.

Le plafond culminait à plus de trente mètres.

Au centre se trouvait une immense table de pierre blanche.

Douze sièges.

Douze silhouettes.

Leurs visages demeuraient cachés derrière des masques inspirés des empereurs romains.

Le silence était absolu.

Puis une voix s'éleva.

Grave.

Ancienne.

— La Louve..nous t’attendions.

Une deuxième voix poursuivit.

— Gardienne de la Bague.

Une troisième.

— Celle qui enfanta du Loup.

Enfin...

la voix du plus âgé.

— Le père des héritiers... le Rosaire du Neant... il a atteint la fusion.

Un silence.

Puis une phrase qui glaça Klaudija.

— Nous avons attendu cet instant pendant près de trois mille ans.

Klaudija soutint leurs regards.

— Vous auriez dû attendre encore, vous n’êtes qu’une bande de fous !

Quelques membres du Conseil esquissèrent un sourire.

Le plus ancien reprit.

— Vous pensez que nous avons enlevé nos enfants pour les faire souffrir.

Elle ne répondit pas.

— Vous êtes des malades.

Nous les avons laissés vivres...

parce qu'ils sont nés de la volonté divine.

Un nouveau silence.

— Mais votre sang, le votre et celui d'Emmanuel, ça, ça n'a jamais existé auparavant.

Nous l’avons façonnés.

Et paradoxalement, il représente quelque chose que même nous ne comprenons pas encore.

Mais maintenant nous allons savoir.

Le Conseil poursuivit.

— Le monde croit que les secrets gouvernent les États.

Ils se trompent.

Les secrer ne gouvernent pas le monde.

Ils protègent son équilibre.

Et Emmanuel Elga...

est en train de le détruire.

Klaudija éclata d'un rire bref.

— Emmanuel ?

Détruire le monde ?

Le plus ancien inclina légèrement la tête.

— Non.

Il manipule et révèle ces secrets.

Et c'est précisément ce qui nous inquiète.

Deux gardes ouvrirent alors une porte de pierre.

Une ancienne chapelle romane transformée en cellule.

Des vitraux rouges diffusaient une lumière sanglante.

Au centre...

un simple lit.

Une bibliothèque.

Une table.

Et sur le mur du fond...

une immense fresque représentant le logo d’Origine.

Klaudija sentit son cœur s'accélérer.

Ils connaissaient le Rosaire, la bague du loup, les artefacts.

Depuis bien plus longtemps qu'Emmanuel lui-même.

Le chef d'Origin referma doucement la porte.

Avant de partir, il prononça une dernière phrase.

« Reposez-vous, Madame Grikštaitè... Vous aurons besoin de toute vos forces... »

La lourde porte de bronze se referma.

Au loin, les douze flammes continuaient de brûler.

Comme si elles veillaient sur un secret plus ancien encore que Rome ou les pyramides elle-même.


COSTA DA CAPARICA - PORTUGAL

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Le soleil commençait à disparaître derrière l'Atlantique.

La lumière orange recouvrait les falaises.

La plage était presque vide.

Quelques surfeurs terminaient leur dernière session.

Au large...

Emmanuel Elga attendait.

Allongé sur sa planche.

Immobile.

Il regardait simplement l'horizon.

Depuis Tokyo...

quelque chose avait changé.

Le rosaire noir entourait toujours son poignet gauche.

Les cinquante perles semblaient absorber la lumière du soleil.

Le grenat brut, suspendu à la petite croix noire, battait parfois comme un cœur.

Chaque fois qu'Emmanuel utilisait son pouvoir...

le rosaire gagnait en intensité, la bague du loup, que klaudija lui avait confiée quelques années plutôt, aussi.

Et lui...

perdait imperceptiblement la sienne.

Sur la dune.

Alex était installé dans une vieille chaise de camping.

Il ouvrit un paquet de fraises Haribo.

Puis un paquet de chips.

Puis une tablette de chocolat.

Il mélangea tout dans le même sachet.

Un couple passa devant lui.

La femme le regarda avec dégoût.

Alex haussa simplement les épaules.

— Faut vivre dangereusement...

Les deux chats noirs passèrent tranquillement devant lui.

Ils descendirent jusqu'au bord de l'eau.

Comme toujours.

Ils attendaient Emmanuel.

À quelques mètres de là...

Luna observait l'océan.

Le vent traversait son visage.

Elle ne regardait pas les vagues.

Elle regardait Emmanuel.

Son inquiétude grandissait.

À chaque utilisation du rosaire...

elle distinguait un peu moins de lumière autour de lui.

Elle savait ce que cela signifiait.

Elle savait aussi qu'il refusait de l'admettre.

Une série plus puissante arriva.

Emmanuel se retourna.

Deux coups de rame.

La vague le souleva immédiatement.

Il descendit verticalement.

Bottom turn.

Le rail mordit l'eau.

Il remonta avec une vitesse irréelle.

La lèvre commença à fermer.

Alex leva les yeux.

— Oh non bro...

Pas celle-là...

Il sortit sa pièce percée.

Son artefact.

Il la fit tourner entre ses doigts.

La pièce vibra.

Comme si elle répondait à quelque chose d'invisible.

Au même instant...

une légère rafale balaya la vague.

À peine assez pour modifier son angle.

Le tube resta ouvert une fraction de seconde supplémentaire.

Emmanuel disparut entièrement dans le cylindre d'eau.

Le silence.

Une seconde.

Deux.

Trois.

Puis il ressortit parfaitement debout.

Sans un déséquilibre.

Il termina sa trajectoire en laissant glisser sa main sur la paroi liquide.

Une immense gerbe d'écume explosa derrière lui.

Alex éclata de rire.

— Tu me dois un paquet de Dragibus pour celle-là !

Emmanuel lui adressa simplement un sourire.

Quelques minutes plus tard...

Ils remontèrent vers la cabane.

Les deux chats noirs les précédèrent.

À mesure qu'Emmanuel approchait...

Luna sentit son inquiétude devenir presque insupportable.

Elle murmura.

— Quelque chose perturbe mes visions Emmanuel...

Emmanuel sembla l'entendre.

Sans répondre.

Il poussa la porte de la cabane.

Tout était exactement à sa place.

Les planches.

Les combinaisons.

Les photographies.

Puis...

un clignotement.

Rouge.

Régulier.

Il s'immobilisa.

Son regard changea instantanément.

Alex remarqua son expression.

— Qu'est-ce qu'il y a mon pot ?

Emmanuel s'approcha lentement d'un vieux coffret métallique.

À l'intérieur...

l'émetteur d'urgence.

La diode clignotait.

Le silence envahit la pièce.

Même Alex cessa de plaisanter.

Les deux chats hérissèrent le dos.

Luna baissa lentement les yeux.

— Klaudija...

Il baissa les yeuxvers sa main droite.

La bague des Grikštas, la bague du loup,.

Le diamant noie brillait d’un éclat inhabituelle.

L'argent semblait presque vivant.

Il la prit dans sa main.

Pendant plusieurs secondes...

il la contempla.

Comme s'il revoyait le jour où Klaudija la lui avait confiée à l’aéroport de Lisbonne.

"Si un jour je ne suis plus là... elle... me trouvera toujours."

Il regarda longuement la bague à son doigt.

Au même instant...

le grenat du rosaire s'illumina.

Toutes les perles vibrèrent très légèrement.

Comme si deux artefacts venaient de se reconnaître.

Luna recula d'un pas.

— C’est la première fois que je les vois réagir ensembles au même moment...

Emmanuel leva doucement les yeux vers elle.

Pour la première fois...

on pouvait lire une fatigue immense dans son regard.

— Non, la baguede Nicky, à Tokyo, rapelles-toi, elle aussi a réagit en même temps que la mienne, mais... pas aussi fort que ça.

Alex referma son paquet de Haribo.

— Ok... mes chers frères et sœurs, morts ou vivants....

On fait quoi ?

Emmanuel regarda une dernière fois l'océan.

Puis les deux chats.

Puis Luna.

Enfin...

il tourna lentement la tête vers le nord est.

Vers l'Europe, vers la Lituanie.

Sa voix était calme.

Presque glaciale.

« Là où les Dieux des forêts se souviennent encore du sang des loups... »

Le vent se leva.

Les vagues changèrent brutalement de rythme.

Il attrapa les clés de la vieille Supra blanche.

« On ne chasse jamais un loup... »

Il ouvrit la porte.

Les deux chats sortirent les premiers.

Alex lui emboîta le pas.

Emmanuel referma la cabane.

Puis conclut, sans même se retourner :

« ...sans voir toute la meute sortir de la forêt. »





💬 Commentaires 3

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Lana • 2 semaines, 5 jours modifié
J'aime toujours autant l'ambiance que tu as créée déjà dans les précédentes SINS. Belles descriptions des lieux, on commence à deviner les persos, on dirait une sorte de prequelle.
En plus, il y a Soren, alors ça me va. 😉
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Splinter Auteur • 2 semaines, 5 jours
Non mais ça c'est a cause de moi ( Miami vice, fast and furious et toutes ces conneries 😄) et mes soeurs avec leurs trucs mystico teens genre charmed et autres délires du style( , donc je me suis dis, écoute mec on doit bien pouvoir faire un truc léger, qui se prends pas la tête en mixant un peu tout ce merdier histoire d'avoir un peu de fun sans se prendre au sérieux. puis ça me permet de rendre hommage à des gens qui comptent pour moi plutôt que de faire des dédicaces un peux trop pathos.
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Lana • 2 semaines, 5 jours
Tu as absolument raison. C'est une façon sympa de rendre hommage.
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