SAISON 3 - Épisode 1 - THE LITTLE GIRL FROM ODESSA
La Méditerranée était presque lisse.
Presque.
L’Obrigado avançait dans une lumière pâle, encore froide, laissant derrière lui une longue cicatrice blanche que le matin refermait lentement.
Rome avait disparu depuis plusieurs heures.
Lana était seule à l’avant du bateau.
Elle avait récupéré un sweat trop grand quelque part. Elle ignorait à qui il appartenait et, à cet instant précis, elle s’en foutait complètement.
Elle regardait la mer.
Mais ses doigts, eux, ne regardaient rien.
Ils bougeaient.
Index.
Majeur.
Annulaire.
Une pression invisible.
Puis sa main droite glissa lentement dans le vide.
Comme si un archet reposait encore entre ses doigts.
Comme si quelque chose était posé sous son menton.
Elle ne s’en rendait même pas compte.
— Tu joues de quoi ?
Lana sursauta.
Alex était derrière elle.
Cheveux défoncés.
T-shirt froissé.
Et déjà un paquet de Trolli à la main.
Elle regarda ses propres doigts.
— Quoi ?
Alex désigna ses mains.
— Ça.
— Rien.
Il mâcha tranquillement.
— C’est exactement ce que disent les gens qui jouent d’un instrument invisible.
Lana baissa les mains.
— Il est quelle heure ?
Alex regarda son poignet.
Il n’avait pas de montre.
— Tôt.
— Et tu bouffes déjà ça ?
Il regarda son crocodile.
— Petit déjeuner.
— C’est des bonbons mec.
— Oui.
— Donc pas un petit déjeuner.
Alex leva le crocodile rouge devant la lumière.
— Fruit.
Lana le regarda.
— C’est pas un fruit.
— Rouge.
— Et ?
— Beaucoup de fruits sont rouges.
Silence.
— Une Ferrari aussi, dit Lana.
Alex réfléchit.
— Argument de mauvaise foi.
— Merci.
Une porte s’ouvrit derrière eux.
Léo apparut.
Robe de chambre rose.
Poussin brodé sur le torse.
Bob Lacoste.
Lunettes Carrera gold fumées.
Claquettes.
Un blunt coincé au coin de la bouche.
Il regarda Alex.
Puis le paquet.
Puis Alex.
— T’as encore des rouges ?
Alex plaqua immédiatement le sachet contre son torse.
— Non.
Léo regarda Lana.
— Il ment.
— J’avais compris.
— Il fait ça avec les rouges.
Alex :
— Parce que toi, t’as un problème avec les rouges.
— Je compare.
— Tu compares depuis hier.
Léo tira une bouffée.
— La science prend du temps.
Alex ouvrit le paquet.
— C’est des Trolli.
— Je sais.
— T’as dit hier que tu voulais comparer avec Haribo.
— Ouais.
— Y avait plus de Haribo à Rome.
Léo eut une expression grave.
— C’est un pays qui traverse une crise profonde.
Lana éclata de rire.
Alex pointa Léo.
— Voilà. Merci.
— Quoi ?
— Enfin quelqu’un qui comprend la gravité de la situation.
Léo tendit la main.
— Claque-m’en deux.
Alex fouilla.
— Jaunes.
— Non.
— Verts.
— Tu te fous de ma gueule frérot ?
— T’as dit deux.
— Deux rouges.
— T’as pas précisé.
Léo regarda Lana.
— Tu vois à quoi je suis confronté ?
— Je commence.
Alex finit par lui donner deux rouges.
Léo en mit un dans la poche de sa robe de chambre.
Alex resta figé.
— Attends.
— Quoi ?
— Tu le manges pas ?
— Échantillon témoin.
Petit silence.
Alex regarda Lana.
— Il devient dangereux.
Léo mâcha le second.
Puis observa la mer.
— Ça me rappelle un épisode de Dora.
Lana tourna lentement la tête.
— Pardon ?
Alex se redressa immédiatement.
— Attention.
Léo :
— Celui où ils doivent traverser une rivière.
Alex :
— Avec Babouche ?
Léo le regarda comme s’il venait de poser la question la plus stupide de l’histoire humaine.
— Évidemment avec Babouche.
— Le pont ?
— Non, l’autre.
— Avec Chipeur ?
— Chipeur est toujours là bro.
— Pas toujours.
— Spirituellement toujours.
Lana les regardait.
— Vous êtes adultes ?
Les deux se tournèrent vers elle.
— Oui, répondit Alex.
— Plus ou moins, ajouta Léo.
Alex :
— Et puis Dora, faut arrêter de sous-estimer.
— Exactement surtout Babouche.
Léo leva un doigt.
— C’est une œuvre sur l’exploration, la cartographie, l’altérité culturelle et l’acceptation de l’inconnu.
Alex :
— Je vous l’avais dit que c’était une œuvre majeure.
Léo posa une main sur son cœur.
— Merci frérot.
Lana les regarda.
Longtemps.
Puis :
— Je comprends mieux pourquoi Emmanuel a l’air fatigué.
Une voix arriva derrière eux.
— Je vous entends.
Manu.
Alex :
— On disait du bien de toi.
Manu regarda Léo.
Puis Alex.
Puis les Trolli.
— Bien sûr.
Léo :
— Tu veux un rouge ?
Manu regarda le paquet.
— Plus tard.
Alex se figea.
Léo aussi.
Ils se regardèrent.
Alex murmura :
— Il a un préféré.
Léo :
— Je savais.
Manu continua de marcher.
— Je regrette déjà cette conversation.
Alex regarda Lana.
— Tu vois ?
— Quoi ?
— Il fait genre Jedi sombre, mais il a un crocodile préféré.
Manu leva une main sans se retourner.
— Alex.
— Je ferme ma gueule.
Léo :
— Moi aussi.
Deux secondes.
Puis :
— Rouge quand même.
Manu disparut dans l’escalier.
Lana riait encore.
Ses doigts ne bougeaient plus.
Pour l’instant.
Nicky trouva Manu un peu plus tard sur le pont supérieur.
Café.
Bandages.
Mer.
Elle s’adossa à la rambarde.
— Donc ?
Manu but une gorgée.
— Donc quoi ?
— Commence pas.
— J’ai rien commencé.
— La cage.
Manu la regarda.
— Quoi, la cage ?
— Kaelum.
— Oui.
— Syrae.
— Oui.
— Fenrir.
— Oui.
Nicky plissa les yeux.
— Tu vas faire ça longtemps ?
— Probablement.
— Hier soir, tu rends trois artefacts, la bague de Klaudija fait réagir tout le reste, tu lui sors tranquillement que son nom c’est Fenrir alors qu’elle-même le sait pas, puis tu te barres.
— J’étais fatigué.
— Je vais te foutre ton café dans le cul.
Manu sourit.
— Voilà. Là, je te reconnais.
Elle regarda Ænor autour de son doigt.
— Alors maintenant quoi ?
— Rien.
— Rien ?
— Aujourd’hui, rien.
— C’est quoi cette réponse ?
— Une bonne réponse.
Nicky souffla.
— T’as créé un truc hier.
— Non.
— Manu.
— J’ai rendu des objets.
— Tu sais très bien que c’était pas juste ça.
Il regarda la mer.
Nicky continua :
— On est quoi maintenant ?
Manu réfléchit réellement.
— Des gens sur un bateau.
Elle ferma les yeux.
— Putain…
— Avec Léo.
— C’est pas rassurant.
— Non.
Petit sourire.
Puis Manu regarda Ænor.
— Tu l’as utilisée depuis Rome ?
Nicky baissa les yeux.
— Non.
— Pourquoi ?
— J’en avais pas besoin.
— Voilà.
Elle le fixa.
— Putain, vous avez tous décidé de faire le truc maintenant ?
— Quel truc ?
— « Voilà. »
Manu sourit.
— Tu apprenais à utiliser Ænor.
Il indiqua l’anneau.
— Maintenant tu vas apprendre à vivre avec sans lui demander son avis toutes les trente secondes.
Nicky ne répondit pas.
— Et les autres ?
— Pareil.
— Akira et Beatriz viennent juste de récupérer les leurs.
— Justement.
— Et Klaudija ?
— Surtout elle.
Nicky fronça les sourcils.
— Pourquoi ?
Manu regarda vers l’intérieur du bateau.
— Parce que Fenrir n’est pas comme les autres.
— Tu sais ce qu’elle fait.
— Une partie.
— Elle relie les artefacts.
— C’est ce qu’on croit.
Nicky se redressa.
— Ah.
— Quoi ?
— Tu viens de faire la tête.
— Quelle tête ?
— Celle où tu sais une merde et tu vas pas nous la dire.
Manu but son café.
— C’est probablement le café.
— Connard.
Elle allait partir.
Puis se retourna.
— Manu.
— Quoi ?
— Hier…
Elle hésita.
— Quand tu les leur as rendus.
— Oui ?
— Pourquoi eux maintenant ?
Manu réfléchit.
— Parce qu’ils ont appris quelque chose avant de les avoir.
— Quoi ?
— Qu’ils pouvaient survivre sans.
Nicky baissa les yeux vers Ænor.
Puis :
— Et toi avec le Rosaire ?
Silence.
Manu regarda son poignet.
— J’apprends encore.
Aurelius avait transformé une table du réfectoire en bibliothèque clandestine.
Livres.
Photographies.
Copies.
Notes.
La grand-mère était assise en face.
Dark sur ses genoux.
Vador sous la table.
Manu posa une feuille.
Un seul mot.
FENRIR.
Aurelius la fixa.
— Toujours rien.
— Je sais.
— Tu vas arrêter avec ça.
— Probablement pas.
Le prêtre ouvrit un autre ouvrage.
— J’ai des références à une Bague du Loup depuis plusieurs siècles.
— Oui.
— Plusieurs noms.
— Oui.
— Plusieurs descriptions.
— Oui.
Aurelius leva les yeux.
— Emmanuel.
— Pardon.
La grand-mère souriait.
— Vous êtes mignons tous les deux.
— Non, répondirent-ils ensemble.
Elle éclata de rire.
Aurelius reprit :
— Fenrir n’apparaît nulle part.
Manu regarda une photographie.
— Parce que tu cherches dans ce qui a été écrit.
— Et toi ?
— Dans ce qui a été laissé.
— Ce n’est pas la même chose ?
— Non.
Aurelius posa le livre.
Manu continua :
— Les textes arrivent après.
— Après quoi ?
— Les événements.
— Évidemment.
— Pas toujours.
Aurelius se tut.
Manu posa une vieille reproduction sur la table.
Une gravure.
Une forme circulaire.
Plusieurs personnages autour.
Presque tous effacés.
— Ça n’a aucune légende, dit Aurelius.
— Justement.
— Tu penses que c’est Fenrir ?
— Je pense que c’est quelque chose qu’on a voulu faire oublier.
— Où as-tu trouvé ça ?
Manu le regarda.
— Pendant ma petite année d'escapade, après avoir lu tes archives.
Aurelius souffla.
— Tu as passé cette année à faire quoi exactement ?
— Beaucoup de train.
La grand-mère :
— Et apparemment pas beaucoup dormir.
Manu :
— Aussi.
Aurelius secoua la tête.
— J’ai étudié les artefacts pendant trente ans.
— Je sais.
— Et toi en une année tu reviens avec des noms qui n’existent pas dans nos archives.
Manu réfléchit.
— Peut-être parce que j’ai arrêté de chercher les artefacts dans les archives justement.
Aurelius se figea.
La grand-mère caressa Dark.
Puis dit tranquillement :
— Donc toi, mon père, tu sais ce que les morts ont écrit.
Elle regarda Manu.
— Et lui commence à voir ce qu’ils ont oublié d’écrire.
Silence.
Aurelius tourna lentement la tête vers elle.
Manu aussi.
Mamie :
— Quoi ?
Manu :
— Tu fais exprès ?
— De quoi ?
— Ça.
— Quoi, ça ?
Luna entra.
— Elle fait toujours ça.
Mamie :
— Bonjour petite.
— Arrête de m’appeler petite.
— Tu es ma petite-fille.
— JE SUIS MORTE.
— Et moi aussi.
Luna ferma les yeux.
— Putain…
Aurelius regarda Manu.
— Elle n’a peut-être pas tort.
— Non.
Mamie sourit.
— Merci.
Aurelius :
— Je parlais d’elle.
— Moi aussi.
Luna :
— Ça y est. Maintenant elle gagne même quand personne lui parle.
Vador sortit de sous la table.
Luna :
— Toi, reste neutre.
Le chat passa devant elle.
— Très bien.
Joe attendait dans une coursive inférieure.
Seul.
Manu arriva.
— Tu voulais me voir.
Joe regarda autour.
Puis ouvrit une porte.
— Entre.
Manu entra.
Joe referma derrière lui.
Deuxième verrou.
Puis un troisième.
Manu leva un sourcil.
— Sérieusement ?
— Oui.
— Pourquoi ?
Joe sourit.
— Parce qu’Alex existe.
— Argument recevable.
Ils descendirent encore.
Une autre porte.
Joe l’ouvrit.
La cale était immense.
Silencieuse.
Et surtout…
pleine de formes bâchées.
Des dizaines.
Personne d’autre à bord n’était jamais entré ici.
Pas Alex.
Pas Léo.
Pas Nicky.
Personne.
Manu s’arrêta.
Sur une table :
ses dessins.
Des feuilles qu’il avait réalisées au Brésil.
Pendant l’année où il avait étudié l'histoire des artefacts.
À côté :
le carnet d’Akira.
Le carnet que Manu lui avait emprunté à Tokyo avant de le donner à Joe avec une phrase beaucoup trop simple :
Regarde ce que tu peux en faire.
À côté encore :
une tablette.
Des architectures logicielles.
Diana.
Manu regarda Joe.
— Tu as tout utilisé.
— Oui.
— Mes plans.
— Oui.
— Le carnet d’Akira.
— Oui.
— Les systèmes de Diana.
— Oui.
Manu regarda les silhouettes sous les bâches.
— Et toi ?
Joe sourit.
— Quelqu’un devait construire le bordel.
Manu s’approcha d’une forme basse.
Main sur la bâche.
Puis s’arrêta.
— Ça fonctionne ?
Joe ne répondit pas immédiatement.
Petit sourire.
— Maintenant oui.
Manu le regarda.
Puis toutes les bâches.
— Personne ne voit ça.
Joe :
— Léo est propriétaire du bateau.
— Léo surtout pas.
Joe éclata de rire.
— Il va le prendre comment ?
— Très mal.
— Et Alex ?
Manu regarda la porte.
— Si Alex voit ça, dans quinze minutes il donnera un nom à chaque truc.
— Et ?
— Dans trente minutes, Léo aura peint Dora sur un capot.
Joe imagina.
— Putain.
— Voilà.
Il regarda encore les formes.
— On garde.
Joe :
— Pour quoi ?
Manu resta silencieux.
— Manu ?
— Je sais pas encore.
Joe sourit.
— Alors pourquoi t’as dessiné ça ?
Manu regarda ses plans.
— Parce que j’en avais besoin un jour.
— Quel jour ?
— Pas encore arrivé.
Joe le fixa.
— Tu fais vraiment chier.
— On me le dit tous les jours.
Ils ressortirent.
Joe verrouilla.
Une fois.
Deux.
Trois.
Manu :
— Personne.
— Compris.
— Même Diana.
Joe le regarda.
— Elle a conçu la moitié du système.
— Elle connaît les morceaux.
Manu posa une main sur la porte.
— Pas ce que t’en as fait.
Joe sourit.
— Là, je commence à t’aimer.
Dans une autre partie du bateau, Alex fixait Léo.
Léo fixait une vieille télévision.
Sur l’écran :
une voiture allemande traversait une autoroute à une vitesse complètement absurde.
Alex leva lentement la tête.
— Bro.
— Quoi ?
— T’as Alerte Cobra ?
Léo se retourna.
— Toutes les saisons.
Silence.
Alex posa son paquet de Trolli.
Très doucement.
— Toutes ?
— Toutes celles qui comptent.
Alex s’approcha.
— Semir ?
— Évidemment.
— Tom Kranich ?
Léo le regarda.
— Bro.
Alex posa une main sur son épaule.
— Je suis désolé.
— Pourquoi ?
— De toutes les mauvaises choses que j’ai pu penser de toi.
Léo hocha la tête.
— Je te pardonne.
Nicky entra.
S’arrêta.
Regarda l’écran.
Une BMW venait de faire un saut de quinze mètres avant d’exploser.
Elle regarda les deux hommes.
— Vous faites quoi ?
Alex :
— Culture.
Léo :
— Formation tactique.
Nicky :
— Pardon ?
Léo désigna l’écran.
— Regarde.
La voiture explosa encore.
— Extraction autoroutière.
Nicky les fixa.
— Vous êtes deux débiles.
Alex :
— Dis ça à Semir.
— C’est qui Semir ?
Silence.
Léo tourna lentement la tête vers Alex.
Alex fit de même.
Léo :
— Elle sait pas.
Alex :
— Putain.
Nicky :
— Je vais vous tuer.
Alex :
— Attends.
Il fouilla dans une caisse de VHS et de DVD.
— On repart à zéro.
— Non.
Léo :
— Après on lui fait Van Damme.
Nicky :
— Surtout pas.
Alex leva un DVD.
— Timecop.
Léo :
— Non, commence pas par Timecop.
Alex :
— Pourquoi ?
— Tu construis mal le personnage.
— Bloodsport ?
— Voilà.
— Puis Kickboxer.
— Évidemment.
Nicky :
— Je vous jure…
Léo :
— Après Double Impact.
Alex se retourna.
— Là je suis pas d’accord.
— Pourquoi ?
— Universal Soldier avant.
— Bro, narrativement ça casse l’arc martial.
Nicky regardait l’un.
Puis l’autre.
— Vous avez un ordre canonique pour Van Damme ?
Les deux :
— ÉVIDEMMENT.
Nicky sortit.
— Putain vous êtes deux malades.
Alex :
— Elle reviendra.
Léo :
— Elles reviennent toutes.
Une voix derrière eux :
— Qui ça, elles ?
Beatriz.
Léo :
— Les gens qui disent qu’ils aiment pas Van Damme.
Beatriz regarda l’écran.
— Vous avez Bloodsport ?
Alex leva les deux mains.
— OOOOOH.
Léo :
— Voilà.
Nicky, depuis le couloir :
— BÉA NON !
Beatriz sourit.
— J’arrive.
Alex :
— La famille s’agrandit bro.
Léo tendit la main.
— Croco.
Alex lui en donna un.
Léo regarda.
— Vert ?
— Pénurie rouge.
— Tragédie frérot.
Diana déplaça une route maritime sur l’écran.
Yoshimizu la regarda.
— Non.
Elle soupira.
— Quoi encore ?
— Trop proche de la côte.
— C’est plus court.
— Et plus stupide.
Diana se tourna.
— Tu viens vraiment de qualifier mon itinéraire de stupide ?
— Non.
— Ah.
— J’ai qualifié l’idée.
— Mieux.
Yoshi zooma.
— Tirant d’eau.
Diana regarda.
Puis :
— Merde.
Yoshi corrigea.
— Là.
Elle observa.
— Oui.
Il attendit.
Diana :
— Quoi ?
— Rien.
— Tu veux ton moment ?
— Non.
— T’as raison.
Yoshi la regarda.
— Merci.
La grand-mère passa derrière eux.
— Oh.
Yoshi ferma immédiatement les yeux.
— Non.
Mamie :
— Quoi ?
— Le « oh ».
— Quel « oh » ?
— Celui-là.
Diana souriait déjà.
Mamie regarda Diana.
Puis Yoshi.
— Je trouve ça charmant.
— L.
Diana éclata de rire.
Yoshi :
— Pourquoi tout le monde sur ce bateau se mêle de tout ?
Mamie :
— Parce qu’il n’y a pas assez de portes.
Elle continua.
Diana regarda Yoshi.
— Elle t’aime bien.
— C’est précisément ce qui m’inquiète.
Akira était assis seul.
Kaelum reposait devant lui.
La plume semblait ridiculement fragile.
Après Rome.
Après les balles.
Après Origin.
Après tous ceux qui avaient voulu la récupérer.
Une plume.
Beatriz posa un cappuccino à côté de lui.
Akira leva les yeux.
Elle continuait déjà.
— Béa.
Elle se retourna.
— Quoi ?
Il montra le café.
— Place d’Espagne ?
— Géographiquement compliqué.
— Un peu.
— Donc j’ai adapté.
Akira sourit.
— Merci.
Beatriz regarda Kaelum.
— Tu l’as touchée ?
— Non.
— Pourquoi ?
— J’attends.
— Quoi ?
Akira regarda la plume.
— De savoir si c’est moi qui veux la toucher.
Beatriz resta immobile.
Puis sourit.
— Ouch, belle métaphore.
Akira leva les yeux.
— Ouch ?
— Tu parlais certainement de la plume.
Elle lui lança un clin d'oeil puis elle repartit.
Une voix arriva derrière.
— Ouch.
Akira ferma les yeux.
Alex.
— Va-t’en.
— Je suis juste passé.
— Va-t’en.
Alex continua.
Léo derrière lui :
— Qu’est-ce qui se passe ?
Alex :
— Amour asiatique.
Akira :
— ALEX !
— JE SUIS PARTI !
Beatriz riait déjà dans l’escalier.
Klaudija entra sans frapper.
Manu ne leva même pas les yeux.
— Fenrir.
— Bonjour à toi aussi.
— Fenrir.
Manu posa son stylo.
Elle lui montra la bague.
— Je l’ai portée pendant des années.
— Oui.
Elle le regarda.
— Fais attention.
— Pardon.
— Je savais qu’elle réagissait aux autres.
— D’accord.
— Qu’elle pouvait les mettre en relation.
— D’accord.
— Je savais absolument pas qu’elle s’appelait Fenrir.
Manu attendit.
— Alors ?
— Alors quoi ?
— Comment tu le sais ?
Silence.
— Nous en reparlerons plus tard.
Klaudija sourit froidement.
— Non.
— Si.
— Emmanuel.
— Klaudija.
— Je t’ai déjà supporté en Lituanie pend6des années. Ne me refais pas le numéro mystérieux.
Il regarda la bague.
— Je peux te dire ce que je sais.
— Enfin.
— Mais pas comment je le sais.
— Développes ?
— Parce que je sais pas encore quelle partie est vraie.
Ça la calma légèrement.
Manu continua :
— Fenrir apparaît dans des traces beaucoup plus anciennes que ce que je pensais.
— Combien ?
— Trop.
— Très précis.
— Certaines représentations précèdent même les traditions auxquelles son nom semble appartenir.
Klaudija fronça les sourcils.
— Donc Fenrir n’est pas son premier nom ?
— Peut-être.
— Et la bague ?
— Peut-être pas sa première forme non plus.
Klaudija regarda son doigt.
— Elle relie les artefacts.
Manu secoua légèrement la tête.
— C’est là que j’ai un doute.
— Pourquoi ?
Il regarda Fenrir.
— Je crois qu’elle relie surtout ceux qui les portent.
Silence.
Klaudija releva les yeux.
— Quelle différence ?
— Une énorme.
— Explique.
Manu réfléchit.
— Un réseau d’objets peut être contrôlé.
— Un réseau de personnes lui, c'est plus compliqué.
Klaudija resta silencieuse.
— Voilà pourquoi Origin la voudrait ?
— Entre autres.
— Et pourquoi elle était avec moi ?
Manu la regarda.
— Ça…
Il se pencha légèrement en arrière.
— …c’est une des questions qui m’intéressent le plus.
Pour une fois, Klaudija le crut complètement.
Lana trouva Manu le soir.
Il avait étalé plusieurs copies de documents sur une table.
Des reproductions.
Des dessins d’instruments.
Des proportions.
Des schémas.
Des textes latins.
D’autres beaucoup plus anciens.
Lana s’arrêta.
— Qu’est-ce que c’est ?
Manu leva les yeux.
— Ça dépend.
— De quoi ?
— De la date.
Elle s’assit.
— Tu cherchais quoi.
— Des trucs sur un truc qui t'appartient.
— Et tu as trouvé quoi ? Dit elle en stimulant que ça ne l'étonnait pas.
Manu observa un dessin.
— Une histoire beaucoup plus vieille que lui.
Lana fronça les sourcils.
— Mon violon n’est pas si vieux.
— Je sais.
— Il a été fabriqué à Rome.
— Je sais.
Elle se figea.
Petit silence.
— Ah.
Manu sourit.
— Quoi ?
— Rien.
— Tu était à Rome pour cette raison aussi ?
— Je savais qu’un des derniers ateliers liés à ma piste était à Rome.
— C’est pas pareil.
— Non.
— Et tu faisais genre.
— Je vérifiais.
Lana sourit.
— Ta réputation n'est pas un mythe.
— La réputation c'est relatif selon qui t'as raconté le mythe.
Il lui montra une reproduction.
Un instrument ancien.
Pas un violon.
Quelque chose entre plusieurs formes.
— La piste que j’ai suivie ne commence pas avec ton instrument.
— Avec quoi ?
— Une méthode.
— Quelle méthode ?
Manu regarda les documents.
— Des proportions.
— Musicales ?
— Pas seulement.
Il posa son doigt sur plusieurs rapports.
— Architecture.
— Sculpture.
— Oui.
— Musique.
— Oui.
— Pourquoi ?
Manu réfléchit.
— Parce qu’à une époque, certains pensaient que le son, l’espace et les nombres étaient la même chose exprimée différemment.
Lana regarda les schémas.
— Renaissance ?
Manu sourit.
— Voilà.
— J’ai passé un bac L, quand même.
— Félicitations.
— Va te faire foutre.
Il rit.
Puis reprit :
— À la Renaissance, des gens redécouvrent des textes plus anciens.
— Grecs ?
— Entre autres.
— Romains ?
— Aussi.
Manu tourna une page.
— Mais certains textes parlent eux-mêmes de savoirs hérités.
Lana le regarda.
— Hérités de qui ?
Manu ne répondit pas.
— Emmanuel.
— C’est justement là que ça devient intéressant.
— Tu sais ?
— J’ai une hypothèse.
— Et tu vas pas me la dire.
— Pas encore.
Elle soupira.
— Je confirme c'est pas un mythe, et tu fais quoi de ce de truc avec lequel je vois ces putain de morts, de Namtara aussi, c'est bien son nom ?
Manu leva légèrement les yeux.
— Tu connais Namtara ?
Lana le regarda.
— Je vois le passé, tu te souviens ?
Manu sourit.
— Intéressant.
Puis il posa un autre document.
Une mention d’atelier.
Partiellement effacée.
— J’ai remonté la piste jusqu’à un luthier.
Lana se redressa.
— Alberto.
Manu la regarda.
— Donc tu sais.
— Le prénom.
— Moi aussi.
— Le nom ?
Manu resta silencieux.
Lana sourit.
— Tu le sais.
— Peut-être.
— Emmanuel.
— Je ne te le donnerai pas tant que je ne serai pas certain que c’est le même homme.
— Pourquoi ?
— Parce que les histoires deviennent rapidement fausses quand on veut trop vite qu’elles soient vraies.
Lana le regarda.
Cette fois, pas de plaisanterie.
— Ok deal, tant que tu me fais pas m'asseoir sur un divan.
Manu hocha légèrement la tête.
Puis :
— Sept-huitième.
Elle sourit.
— Ah.
— Cette fois je sais ce que ça veut dire.
— Bravo docteur.
— J’ai étudié.
— Combien de temps ?
— Vingt minutes.
— Mon intuition était là bonne, donc vingt minutes, c’est presque un doctorat chez toi ?
Manu lui montra une proportion.
— Ce qui m’intéresse, c’est pourquoi cette taille.
— Parce qu’il me convient.
— Aujourd’hui.
Lana fronça les sourcils.
— Et ?
— Et si ce n’était pas la raison originale ?
Elle le regarda.
— Tu penses que le sept-huitième est volontaire.
— Évidemment que c’est volontaire.
— Non.
Manu toucha le schéma.
— Je pense à autre chose.
Silence.
— Une proportion incomplète.
Lana regarda.
— Pourquoi fabriquer quelque chose volontairement incomplet ?
Manu se pencha légèrement.
— Peut-être parce qu’une harmonie parfaite ferme.
— Ferme quoi ?
Manu la regarda.
— Et qu’une imperfection laisse passer quelque chose.
Silence.
Cette fois, Lana ne plaisanta plus.
— Tu racontes quoi, là ?
— Je sais pas encore.
— Rassurant docteur.
— Mais j’ai déjà vu ce principe ailleurs.
— Où ?
Manu pensa.
Brésil.
Mexique.
Des pierres.
Des formes.
Une civilisation dont il n’avait que des miettes.
— Très loin.
Lana plissa les yeux.
— Géographiquement ?
— Non.
Elle comprit.
— Dans le temps.
Manu ne répondit pas.
Et ce silence lui suffit.
Manu avait rangé les documents.
Il prit le Rosaire.
Une perle.
Claire.
Ses doigts s’arrêtèrent dessus.
— Celle-là ?
Lana demanda.
— Je crois.
— Tu crois ?
— J’ai jamais eu ton violon entre les mains.
— Donc tu sais pas si elle me correspond.
— Pas officiellement.
Lana sourit.
— Officieusement ?
Manu posa ses doigts dessus.
Ferma les yeux.
Le monde changea.
Pas vraiment.
Une ville.
Mer Noire.
Des façades.
Un hiver.
Une petite fille.
Pas de visage.
Puis…
du vent.
Une île.
Une mer différente.
Du granit.
Enfin :
Londres.
Escaliers.
Couloirs.
Foule.
Et un son.
Très loin.
Une note.
Manu ouvrit les yeux.
Lana était debout.
Blanche.
— Quoi ?
Elle regardait autour.
— Tu l’as entendu Emmanuel ?
— Quoi ?
— Une note.
Manu ne bougea plus.
— Non.
Silence.
Lana le regarda.
— Moi oui, le LA, l'ancien, celui d'avant 1955, 432 Hertz contre 440 pour l'actuel.
Manu observa la perle.
— Et toi, qu’est-ce que tu as vu ? demanda-t-elle.
— Une ville à l’Est.
Elle ne dit rien.
— La mer.
Toujours rien.
— Une petite fille.
Ses doigts se refermèrent.
— Puis une île.
Lana s’assit lentement.
— Bretagne.
Manu hocha la tête.
— Oui.
— Batz ?
— Je savais pas le nom.
Elle le fixa.
Manu continua :
— Puis Londres.
Lana ferma les yeux.
— Tottenham Court Road.
— C’est là ?
— Oui.
— Le violon ?
— Oui.
— Tu jouais là ?
— Oui.
Silence.
Puis Lana leva les yeux.
— Tu savais tout ça ?
Manu secoua la tête.
— Non.
— Tu viens de me sortir la moitié de ma jeunesse.
— J’avais des images.
— Depuis quand ?
— L’anné où j'ai essayer de comprendre le Rosaire.
Elle se figea.
— Avant de me rencontrer.
— Oui.
— Tu savais qu’une femme était liée au violon.
— Oui.
— Tu savais qu’elle venait de l’Est.
— Oui.
— Une île.
— Oui.
— Londres.
— Par fragments.
Lana le fixa.
— Mais tu savais pas que c’était moi.
— Non.
— Alors qu’est-ce que tu cherchais ?
Manu regarda la perle.
— L’objet.
Lana attendit.
Il leva les yeux vers elle.
— C’était mon erreur.
Silence.
— Depuis Rome, je commence à comprendre que les artefacts racontent rarement leur propre histoire.
— Alors quoi ?
Manu la regarda.
— Celle de ceux qui les portent.
Cette fois…
Lana ne répondit pas.
Manu se retrouva une heure plus tard sur le pont, seul ou presque.
— Tu savais.
Namtara :
— Oui.
— Elle était devant moi.
— Oui.
— Depuis Rome.
— Oui.
Manu s’appuya contre la rambarde.
— Et tu n’as rien dit.
— Tu y cherchais encore le violon.
Namtara regarda derrière lui.
Vers l’intérieur du bateau.
— Maintenant tu cherches Lana.
Manu resta silencieux.
— C’est ce que tu voulais ?
— Non.
— Mensonge.
— Pas cette fois.
Manu tourna la tête.
Namtara continua :
— Je voulais voir lequel tu choisirais.
— Entre quoi ?
— L’artefact.
— Et son histoire.
Manu sourit légèrement.
— Et ?
— Tu as choisi trop tard.
— Les vivants changent Namtara.
— Oui... Bref, tu as choisi.
Silence.
Manu regarda la mer.
— Aurelius ne connaît pas Fenrir.
— Exact.
— Lana ne sait presque rien de l’histoire de son violon.
— Pas exactement.
— Moi j’ai trouvé des morceaux.
— Oui.
— Pourquoi ?
Namtara resta immobile.
— Parce que tu as cherché là où eux n’avaient aucune raison de chercher.
— Mu.
Silence.
Manu sourit.
— Voilà, je m'en doutais, le mot interdit.
Namtara :
— Ne sois pas satisfait trop vite.
— Pourquoi ?
— Parce que retrouver l’origine d’une chose et comprendre ce qu’elle est…
Elle tourna légèrement la tête.
— …sont deux voyages différents.
Puis elle se détourna.
Manu :
— Namtara.
Elle s’arrêta.
— Le violon.
Silence.
— Il peut faire quoi au delà du passé ?
Namtara ne répondit pas.
— Tu le sais.
— Oui.
— Tu vas me le dire ?
— Non.
— Pourquoi ?
— Parce qu’elle te l’apprendra.
Manu fronça les sourcils.
— Lana ?
— Non.
Namtara regarda le Rosaire.
— Lui, à travers elle.
Puis elle disparut.
Manu resta seul.
— Ah travers elle... Intéressant.
Le lendemain, l’Obrigado poursuivait sa route.
Lana entra dans le réfectoire.
Alex et Léo étaient devant une télévision.
Jean-Claude Van Damme faisait le grand écart entre deux chaises.
Lana s’arrêta.
— Qu’est-ce que vous faites exactement ?
Alex leva un doigt.
— Silence.
Léo :
— Moment historique.
Lana regarda l’écran.
— C’est Timecop ?
Les deux tournèrent brutalement la tête.
Alex :
— Tu connais sister ?
— Évidemment.
Léo se leva, regarda Lana, puis Alex.
— Je l’aime beaucoup cette meuf d'un coup frérot.
Alex :
— Attends, faut vérifier, c'est peut être une espionne russe, vas savoir.
Lana :
— Quoi ?
Alex :
— Alerte Cobra ?
— Euh... Oui mais quel rapport ?
Léo :
— Dora ?
Lana les fixa.
— Vous êtes sérieux là les me s?
Les deux :
— Oui.
Elle réfléchit.
— Alors voyons... Euh, Alerte cobra pour être totalement honnête je suis une noob donc je suppose que vous allez vouloir ... m'initier
Par contre Dora... euh...Babouche est sous-coté je suppose également.
Silence.
Alex posa lentement son paquet de Trolli.
Léo retira son blunt de sa bouche.
Ils se regardèrent.
Puis Lana.
Léo :
— Obrigadoooo...Bienvenue dans la famille.
Lana éclata de rire.
Nicky entra.
— Qu’est-ce qui se passe encore ?
Alex :
— Lana est validée.
— Par qui ?
Léo :
— Le conseil.
Nicky regarda autour.
— Quel conseil ?
Alex désigna Léo et lui-même.
— Nous.
— Vous êtes deux.
Léo :
— Un conseil réduit.
— Vous avez aucun pouvoir.
Alex :
— C’est exactement ce que disent toutes les dictatures avant la révolution.
Nicky :
— Oh putain, bon courage Lana... J'hésite, qui je dois éclater en premier.
Léo :
— Cage direct, pas d'échauffement sister ?
Nicky :
— Un autre jour,échauffée vous bien bande de tarés.
— Dommage.
Alex sortit un crocodile rouge.
Le regarda.
Puis Lana.
— Croco ?
Elle hésita.
Puis le prit.
Léo :
— Attends.
Il le regarda.
— Rouge ?
Alex :
— Ouais.
Léo :
— Tu lui donnes un rouge alors que tu m’as filé du vert ce matin ?
Alex :
— Elle vient de défendre Babouche et devant NIcky...
Silence.
Léo réfléchit.
Puis hocha la tête.
— Juste.
Nicky regarda le plafond.
— Putain de dingues.
Manu entra.
Regarda l’écran.
Van Damme venait de frapper quelqu’un.
Puis Alex.
Puis Léo.
Puis Lana avec son crocodile.
— Je préfère ne pas savoir, mais je suis curieux, réunion de famille ?
Léo :
— On faisait de l’intégration.
Manu :
— Bien sûr.
Il se servit un café.
Lana le regarda.
— Alors ?
Manu :
— Alors quoi ?
— Mon violon.
Le réfectoire se calma légèrement.
Manu s’assit.
— Pour l’instant, rien.
Lana fronça les sourcils.
— Rien ?
— J’ai une piste historique c'est déjà pas mal.
— Entre autres.
— Et après ?
Manu but.
— Après, on cherche.
— Où ?
— Partout où son histoire nous emmène.
— Tu sais pas donc.
— Non.
— Ça doit te faire bizarre de pas tout savoir, non ?
— Beaucoup, carrément chier je dirais même.
Alex leva un doigt.
— Babouche dit—
Nicky :
— NON.
Léo :
— Laisse-le.
— NON PLUS.
Manu sourit.
Puis regarda Lana.
— Mais avant de chercher ton violon…
Silence.
— …il faut que tu me racontes comment il est arrivé jusqu’à toi.
Lana baissa les yeux.
Le crocodile rouge entre ses doigts.
Puis elle regarda la mer par le hublot.
Très loin.
Une ville au bord de la mer Noire.
Une enfance.
Un départ.
Des années.
Des lieux.
Un instrument.
Elle inspira.
— Ça va être long.
Manu posa son café.
— On a un bateau.
Léo leva son verre.
— Et du rhum.
Alex :
— Et des Trolli.
Nicky :
— Et malheureusement eux, bienvenue dans cette putain de famille dysfonctionnelle.
Lana sourit.
Puis regarda Emmanuel.
— D’accord.
Un silence.
— Je suis née à Odessa.
Personne ne parla.
Même Alex.
Même Léo.
Et quelque part dans le bateau…
une perle du Rosaire se réchauffa légèrement.
Pas pour indiquer une direction, non.
Mais simplement parce que, pour la première fois, quelqu’un venait de commencer à raconter l’histoire que l’artefact avait laissée derrière lui.
💬 Commentaires 4
Je ne dis pas ça seulement parce que tu parles de moi, ou plutôt du personnage qui me représente, mais parce qu'il va faire tourner une page importante à l'histoire.
En tout cas, c'est qui semble en ressortir.
En revanche, je suis beaucoup moins fan des dialogues très inutiles et qui n'apportent rien à l'histoire. Surtout au début – entre Léo, Nikky, Alex et Manu.
Histoire de bonbons, de rouges, de verts, etc.
Vraiment, je les trouve assez soûlants, notamment les échanges de vannes.
J'ai même failli ne pas aller au bout du chapitre tellement ça prend de la place pour rien et encombre le déroulement. Mais j'ai insisté quand même, je voulais voir ou tu emmènerais Lana.
Je pense qu'une petite révision permettrait d'alléger un peu quand même.