SAISON 2 - Épisode 12 - THE ART OF WAR - Partie 3 - THE THIRD WAY
Le premier coup ne partit pas.
C'était pire.
Emmanuel et Roer se tenaient à une dizaine de mètres l'un de l'autre.
Immobiles.
Autour d'eux, les colonnes d'Origin montaient dans l'obscurité comme les restes d'un temple construit pour un dieu dont personne n'aurait dû retrouver le nom.
Le bâton d'Hermès vibrait.
Le Rosaire répondait.
Une pulsation.
Puis une autre.
Roer regarda le bokken.
— Akiito savait ?
Manu ne bougea pas.
— Quoi ?
— Ce qu'il t'avait donné.
— Il ne me l'a pas donné, j'ai dû le mériter.
Roer sourit.
— Voilà exactement ce qu'il t'aurait appris à répondre.
Manu inclina légèrement la tête.
— Tu parles beaucoup d'un homme que tu n'as pas compris.
Le sourire disparut.
Roer avança.
Un pas.
Manu aussi.
— Tu crois qu'il t'a enseigné la liberté ?
— Non.
— Alors quoi ?
Manu regarda Hermès.
— À reconnaître une laisse.
Le bâton vibra plus fort.
Roer serra les doigts.
— Et pourtant tu en portes cinquante-deux autour du poignet.
Silence.
Manu baissa les yeux vers le Rosaire.
Une demi-seconde.
Roer la vit.
— Voilà.
Manu releva les yeux.
— Voilà quoi ?
— Le doute.
— Non.
Un temps.
— La prudence.
Roer sourit.
— Quelle différence ?
Manu leva son bokken.
— Celle que tu n'as jamais comprise.
— À DROITE !
Nicky bifurqua.
Klaudija derrière elle.
Lana.
Beatriz.
Akira.
Alex fermait la marche.
— POURQUOI À DROITE ?
— Parce que Yoshi a dit à droite !
— JE DEMANDE À YOSHI !
Dans son oreillette :
— Parce que si vous allez à gauche, vous allez finir dans une ancienne citerne.
Alex courait.
— Et ?
— Elle est pleine.
— D'eau ?
Petit silence.
— Principalement.
Alex grimaça.
— Je retire ma question.
Luna traversa le mur à côté d'eux.
— Continuez !
Alex sursauta.
— Putain, Luna !
— Quoi ?
— Préviens !
— Je suis morte, Alex. L'effet dramatique, c'est littéralement mon seul avantage.
Dark et Vador passèrent sous une grille.
Lana les regarda.
— Ils savent où ils vont ?
Luna :
— Absolument pas.
Dark tourna exactement dans le bon passage.
Luna :
— Ça commence à me faire chier.
Nicky courait devant.
Ænor au doigt.
Mais elle ne l'utilisait pas.
Pas encore.
Yoshimizu parlait.
— Cent vingt mètres. Ensuite escalier de maintenance.
Nicky :
— Gardes ?
— Aucun sur caméra.
Akira :
— Donc il y en a.
Yoshi :
— Probablement.
Nicky sourit.
— Voilà.
Elle toucha Ænor.
Une seconde.
Le monde se fendit.
Trois hommes.
Une porte.
Akira blessé dans deux branches.
Beatriz dans une.
Alex...
Nicky fronça les sourcils.
Alex :
— Quoi ?
Elle le regarda.
— Dans vingt secondes, tu vas vouloir utiliser Vaeris.
Alex ralentit légèrement.
— Et ?
— Ne le fais pas.
— Pourquoi ?
— Parce que t'en auras besoin trente secondes après.
Alex la fixa.
— Tu l'as vu ?
— Oui.
Il remit la main hors de sa poche.
— D'accord.
Pas une blague.
Pas une question.
Nicky le remarqua.
Puis :
— Béa. Premier.
— Oui.
— Akira. Deuxième.
— Compris.
— Klaudija...
Klaudija sourit.
— Laisse-moi deviner.
Nicky :
— Fais ce que tu veux.
— Enfin une stratégie sérieuse.
Ils débouchèrent.
Trois gardes.
Exactement.
Hermès passa à trois centimètres du visage de Manu.
Le déplacement d'air lui arracha la capuche en arrière.
Manu pivota.
Bokken.
Roer bloqua.
Bois contre métal.
Un son impossible.
Pas un choc.
Une résonance.
Les flammes de la salle s'inclinèrent toutes dans la même direction.
Roer le sentit.
Ses yeux descendirent vers le bokken.
Manu frappa.
Roer recula.
Deuxième frappe.
Blocage.
Troisième.
Roer tourna Hermès.
Le serpent d'or s'illumina.
Manu vit la lumière.
Trop tard.
Le bouclier explosa.
Il fut projeté à plusieurs mètres.
Son dos percuta une colonne.
Pierre.
Souffle coupé.
Roer était déjà là.
Hermès descendit.
Manu roula.
Le bâton frappa le sol.
Une onde traversa le marbre.
Manu se releva.
Roer pivota.
Décharge.
Blanche.
Violente.
Manu toucha une perle.
La décharge dévia.
Explosa une colonne.
Des blocs de pierre tombèrent.
Roer attaqua derrière.
Manu bloqua.
Impact.
Son épaule encaissa.
Douleur.
Deuxième.
Côtes.
Manu recula.
Troisième.
Il esquiva.
Bokken dans le ventre.
Roer plia.
Manu entra.
Coude.
Visage.
Roer recula.
Manu frappa encore.
Hermès leva son bouclier.
BOOM.
Manu traversa une table de pierre.
Silence.
Roer se redressa.
Une ligne de sang coulait de sa bouche.
Il sourit.
— Voilà.
Manu se releva au milieu des débris.
— Quoi ?
— Ce que tu caches.
Manu ramassa son bokken.
— Tu vas devoir être plus précis.
— La violence.
Manu essuya sa lèvre.
Roer écarta les bras.
— Akiito t'a appris à la déguiser.
Manu remit sa capuche.
— Non.
Il reprit sa garde.
— À ne pas en devenir l'esclave.
Et se jetta sur Roer.
Beatriz prit appui contre le mur.
Son corps monta.
Presque horizontal.
Son talon frappa le premier garde.
Akira était déjà sur le deuxième.
Paume.
Coude.
Pivot.
Projection.
Klaudija entra dans le troisième comme une voiture volée.
Épaule.
Mur.
Le garde tenta de revenir.
— Mauvaise idée.
Front.
Le type s'effondra.
Alex passa.
— Très subtil.
— Merci Alex, ton analyse m'avait manquée.
Une alarme se déclencha.
Nicky regarda immédiatement Alex.
— Maintenant.
Alex avait déjà Vaeris en main.
— Je sais.
Il lança la pièce.
Pas vers l'alarme.
Vers une petite plaque métallique sur le mur opposé.
Vaeris rebondit.
Une fois.
Deux.
Trois.
Frappe un bouton de sécurité presque invisible.
Une grille descendit derrière eux.
Des tirs éclatèrent.
La grille encaissa.
Alex récupéra Vaeris au vol.
Akira le regarda.
— Tu savais ?
Alex rangea la pièce.
— Cette fois ?
Petit sourire.
— Ouais, enfin non comme dab quoi.
Nicky le regarda.
Quelque chose avait changé.
Le gamin aux bonbons était toujours là.
Mais derrière...
quelqu'un apprenait.
Manu avait raison.
Le pouvoir n'était pas de savoir utiliser Vaeris.
C'était de savoir quand ne pas l'utiliser et ne pas en devenir dépendant au point d'en faire une certitude.
Alex ouvrit son paquet de Trolli.
Nicky :
— Sérieusement ?
— J'ai eu un développement de personnalité, ou un dédoublement, je sais pas exactement...
Bref, laisse-moi souffler mon cœur.
Roer frappa Manu en plein sternum.
Le bouclier partit en même temps.
Manu vola.
Cette fois, il resta au sol.
Hermès vibrait.
Le Rosaire aussi.
Roer approcha.
— Tu l'entends ?
Manu respirait difficilement.
— Oui.
— Et tu crois encore qu'il t'appartient ?
Manu leva les yeux.
— Non.
Roer s'arrêta.
— Non ?
Manu se remit lentement à genoux.
— C'est là que toi et moi, on diffère.
Il se releva.
— Je ne possède rien.
Roer regarda le Rosaire.
— Tu le portes.
— Oui.
— Tu l'utilises.
— Oui.
— Tu tues avec.
Silence.
L'église.
La Lituanie.
Une seconde.
Une seule.
Manu regarda son poignet.
Puis Namtara lui revint.
Posséder n'est pas tenir.
Renoncer n'est pas se détacher.
Roer vit son regard.
— Voilà.
Manu leva les yeux.
— Quoi ?
— Tu sais ce que tu es.
Manu resta immobile.
Roer sourit.
— Tu as seulement peur de lui donner un nom.
La colère arriva.
Brutale.
Chaude.
L'homme à genoux dans l'église.
Le sang.
Cette sensation.
Cette facilité terrifiante.
Manu serra son bokken.
Le Rosaire vibra.
Une perle.
Deux.
Trois.
Roer sourit davantage.
— Oui, laisse le entrer en toi.
Manu ferma les yeux.
Namtara.
Le Rosaire trembla.
...laisse le Diable venir Emmanuel.
Manu ouvrit les yeux.
Et relâcha sa main.
Le Rosaire s'arrêta.
Roer fronça les sourcils.
Manu remit calmement son bokken en garde.
— Non.
— Quoi ?
— Lui...
Il regarda Roer.
— Il serait déjà en train de te tuer.
Silence.
— Moi, je ne tue pas, je juge ceux qui doivent l'être.
Roer attaqua.
Diana regardait sa montre.
— Deux minutes.
Joe scrutait le quai.
— Ils sont pas là.
— Ils arrivent.
Une voix derrière :
— Sinon on va les chercher.
Diana ferma les yeux.
Léo.
Robe de chambre rose, broche poussin.
Bob Lacoste.
Lunettes or fumées Carrera.
Claquettes.
Blunt.
— Non.
— J'ai même pas encore parlé.
— C'est préventif.
— Nuance, C'est discriminatoire plutôt ma petite Diana.
Joe :
— Léo.
— Quoi ?
— Retourne à la barre.
Léo regarda le cargo.
Puis Joe.
— Il est garé.
Diana :
— Un bateau ne se gare pas.
Léo la regarda.
— Celui-là si, c'est comme un 103, tu peux garer ça n'importe où tout le monde s'en balek.
Joe fixa Diana.
— Techniquement...
— Ne l'encourage pas.
Léo sourit.
Puis désigna une porte derrière lui.
— Joe, pendant qu'on attend, viens pousser.
— Maintenant ?
— J'ai fait une salle de muscu.
Diana tourna lentement la tête.
— Tu as fait quoi ?
Léo ouvrit la porte.
Derrière :
fonte.
Barres olympiques.
Pneus.
Sacs.
Chaînes.
Et au milieu...
une cage octogonale.
Joe regarda.
Diana regarda.
Léo tira sur son blunt.
— Salle de réunion.
Joe éclata de rire.
— Putain...
Léo :
— Les conflits, faut les résoudre dans un environnement sain.
Diana regarda la cage.
— Pourquoi il y a du sang ?
Léo :
— Environnement sain, j'ai pas dit sécurisé.
Le groupe atteignit le dernier tunnel.
Yoshi :
— Stop.
Nicky s'arrêta.
— Quoi ?
— Mouvement au-dessus.
Akira leva les yeux.
— Combien ?
— Beaucoup.
Nicky toucha Ænor.
Les possibilités apparurent.
Toutes mauvaises.
Elle chercha.
Encore.
Encore.
Une branche.
Ridicule.
Presque absurde.
Elle ouvrit les yeux.
Regarda Alex.
Alex :
— Oh non.
— Quoi ?
— Quand tu me regardes comme ça, c'est jamais normal.
Nicky :
— T'as combien de Trolli ?
Alex serra le paquet contre lui.
— Pourquoi ?
— Combien ?
— C'est personnel.
— Alex.
— Une quinzaine.
Nicky sourit.
— Parfait.
— J'aime pas ce sourire.
Roer leva Hermès.
La salle devint blanche.
Une décharge partit.
Manu esquiva.
Une autre.
Perle.
Un bloc de pierre fut arraché du sol et intercepta l'éclair.
Explosion.
Manu traversa la poussière.
Roer leva son bouclier.
Manu toucha deux perles.
Deux fragments de colonnes furent arrachés derrière Roer.
Ils frappèrent le bouclier de chaque côté.
Roer dut pivoter.
Manu arriva au centre.
Bokken.
Poignet.
Hermès dévia.
Roer frappa du coude.
Manu encaissa.
Genou.
Roer recula.
Manu ouvrit la main.
Roer fut brutalement tiré vers lui.
Son visage changea.
Manu le reçut d'un coup de bokken dans les côtes.
CRAC.
Roer roula.
Se releva.
Décharge.
Manu leva la main.
Une perle.
Une dalle entière se dressa devant lui.
Explosion.
Roer traversa les débris.
Hermès contre bokken.
Un.
Deux.
Trois.
Quatre.
Plus rapides.
Roer combattait comme s'il avait pratiqué toute sa vie.
Parce que c'était le cas.
Pas un bureaucrate avec un artefact.
Un maître.
Hermès tournait autour de lui.
Bâton.
Lance.
Bouclier.
Foudre.
Manu encaissait.
Adaptait.
Apprenait.
Bokken.
Corps.
Rosaire.
Trois systèmes.
Une seule intention.
Roer frappa son épaule blessée.
Manu grimaça.
Roer le vit.
Refrappa.
Manu tomba à genoux.
Hermès contre sa gorge.
Roer respirait fort.
— Voilà la limite d'Akiito.
Manu regarda le bâton.
Puis Roer.
— Non.
Il posa deux doigts sur une perle.
Hermès fut arraché latéralement.
Roer perdit l'équilibre.
Manu se releva.
Front contre front.
— La sienne...
Coup de tête.
Roer recula.
— ...c'était moi.
Alex regardait ses Trolli alignés sur le sol.
— Je veux officiellement dire que c'est du gâchis.
Nicky :
— Lance le rouge.
— Pourquoi le rouge ?
— Parce que dans toutes les branches où tu lances le vert, Akira se prend une balle.
Akira :
— Le rouge.
Alex :
— Ouais, bon, d'accord.
Il lança.
Le bonbon passa sous une grille.
Un garde vit quelque chose bouger.
— Cosa...
Un rat sortit.
Puis un deuxième.
Puis cinq.
Alex regarda Nicky.
— Attends.
Nicky sourit.
Les gardes reculèrent.
Un d'eux heurta une conduite.
Une vanne bougea.
Vapeur.
Visibilité zéro.
Nicky :
— Maintenant.
Ils partirent.
Alex resta une seconde.
— MAIS C'EST ENCORE LE RAT ?
Beatriz le tira.
— Viens !
— Ce rat mérite un spin-off !
Ils débouchèrent sur le quai.
Diana les vit.
— Là !
Joe abaissa la passerelle.
Nicky sortit la première.
Puis Klaudija.
Diana se figea en la voyant.
Une seconde.
Pas le temps.
— Montez !
Lana sortit.
Puis Beatriz.
Akira.
Alex.
Luna traversa directement la coque.
— Putain, c'est pratique.
Dark et Vador passèrent par la passerelle.
Alex arriva.
Vit le bateau.
Puis Léo.
Silence.
Léo ouvrit les bras.
— OBRIGADOOOO !
Alex resta bouche ouverte.
— Non.
Léo :
— Si.
— Bro !
— Frérot !
Ils se prirent dans les bras.
Nicky passa.
— Je vais vomir.
Léo la regarda.
— Nicky !
— Non.
— Toujours un plaisir.
— Non plus.
Lana regarda Joe.
Puis Diana.
Puis ce cargo.
Puis Léo en robe de chambre.
— C'est quoi ce bordel ?
Alex :
— Longue histoire.
Lana :
— Ils savent ce qu'ils font où ils improvisent ?
Klaudija observa Léo.
— Je réserve mon jugement.
Yoshimizu arriva avec Aurelius et la grand-mère par l'accès secondaire prévu par Diana.
Mamie vit Léo.
Quelque chose se produisit immédiatement.
Luna :
— Non.
Mamie :
— Quoi ?
— Je sais exactement ce que tu penses.
— Impossible.
— Tu veux l'adopter.
Mamie sourit.
— Il est maigre.
Luna regarda sa robe de chambre.
— Mamie, il fait environ quatre-vingt kilos.
— Il ne manges pas assez.
Luna regarda Alex.
— C'est ta faute ça.
Alex :
— bro, t'as une nouvelle mémé invisible, je t'expliquerai m.
Léo :
— Merde, t'es sérieux bro, elle est où ?
Alex :
— Là, mais tout le monde peut pas la voir.
Diana regarda derrière.
— Manu ?
Personne ne répondit.
Klaudija se retourna.
Son sourire disparut.
Nicky :
— Il est encore dedans.
Joe :
— On doit partir.
— Non.
Joe regarda Nicky.
— Origin va verrouiller le fleuve.
Nicky :
— Non.
— Nicky...
Klaudija :
— On attend.
Joe regarda Diana.
Diana regarda le palais au loin.
Puis sa montre.
— Cinq minutes.
Nicky :
— Dix.
— Sept.
— Dix.
— Huit.
Nicky la regarda.
— Marché conclu.
Alex :
— C'était neuf, normalement, le milieu.
Les deux femmes :
— ALEX.
— Je voulais aider.
Roer était à terre.
Manu aussi.
Plus de grâce.
Plus de maîtrise parfaite.
Du sang.
De la poussière.
Deux hommes qui avaient dépassé depuis longtemps le moment où leur corps leur demandait d'arrêter.
Roer se releva avec Hermès.
Manu avec son bokken.
Roer attaqua.
Manu bloqua.
Le bois craqua.
Une petite ligne.
Manu la vit.
Roer aussi.
— Même lui casse.
Manu regarda son bokken.
Puis Roer.
— Tout casse.
Roer frappa.
Manu esquiva.
— C'est pour ça qu'on transmet.
Roer pivota.
Hermès frappa Manu dans les côtes.
Il tomba.
Roer leva le bâton.
Décharge.
Manu toucha une perle.
Rien.
Ses yeux s'ouvrirent.
Roer sourit.
— Enfin.
Deuxième tentative.
Rien.
Le Rosaire était silencieux.
Roer éclata de rire.
— Il t'abandonne.
Manu regarda son poignet.
Puis le bokken.
Namtara.
Avoir sans appartenir.
Akiito.
Des milliers d'heures.
Des chutes.
Des coups.
Encore.
Manu se releva.
Sans le Rosaire.
Roer sourit.
— Tu n'as plus rien.
Manu prit sa garde.
— Si.
— Quoi ?
— Tout ce qu'il y avait avant.
Roer attaqua.
Et Manu changea.
Plus de télékinésie.
Plus de perles.
Plus rien.
Seulement l'homme.
Un pas.
Hermès passa.
Pivot.
Bokken contre le poignet.
Roer tourna.
Manu avait déjà disparu de l'axe.
Coude.
Côtes.
Roer recula.
Attaque.
Manu dévia.
Un mouvement minuscule.
Presque rien.
Akiito.
Roer recommença.
Manu entra.
Bokken contre la clavicule.
Hermès tomba d'un centimètre.
Suffisant.
Manu frappa.
Roer recula.
Encore.
Encore.
Encore.
Roer leva le bouclier.
Manu observa sa main.
Le pouce.
La rotation.
Le délai.
Il avait vu Roer le faire vingt fois.
Il entra avant.
Le bouclier explosa derrière lui.
Roer comprit.
Trop tard.
Bokken.
Poignet.
Hermès vola.
Roer tendit la main vers son artefact.
Manu posa son pied dessus.
Roer le regarda.
Manu aussi.
Roer frappa à mains nues.
Manu encaissa.
Répondit.
Poing.
Coude.
Genou.
Roer frappa l'épaule blessée.
Manu vacilla.
Encore.
Manu tomba.
Roer se jeta sur lui.
Deux coups.
Trois.
Manu bloqua le quatrième.
Le regarda.
Quelque chose de très sombre passa dans ses yeux.
La Lituanie.
Le Diable.
Roer le vit.
Et sourit.
— Voilà.
Manu serra son poignet.
Il pouvait casser.
Facilement.
Roer le savait.
— Fais-le.
Manu regarda sa gorge.
Un mouvement.
Un seul.
Roer :
— Fais-le.
Silence.
Puis Manu sourit.
Pas gentiment.
— Non.
Il relâcha le poignet.
Roer ne comprit pas.
Manu le frappa au plexus.
Roer plia.
Bokken.
Impact sec contre la main.
Hermès glissa plus loin.
Roer chargea.
Manu pivota.
Utilisa son mouvement.
Roer traversa l'espace.
Percuta les marches de pierre.
Il tenta de se relever.
Manu avança.
Lentement.
Capuche.
Sang.
Bokken.
Le Rosaire toujours silencieux.
Roer le regarda approcher.
Et pour la première fois...
eut peur.
Pas d'Hermès.
Pas du Rosaire.
De lui.
Roer se releva.
Hurla.
Chargea.
Manu attendit.
Un pas.
Une rotation.
Le bokken décrivit un arc.
Court.
Parfait.
Le corps de Roer s'arrêta.
Silence.
Il tomba à genoux.
Manu resta devant lui.
Roer leva les yeux.
Du sang coulait de sa bouche.
Il sourit encore.
À peine.
— Tu crois...
Manu ne répondit pas.
— ...que c'était moi ?
Silence.
Roer respira difficilement.
— Je ne suis qu'un maillon.
Manu le regarda.
— D'Origin ?
Roer eut presque un rire.
— Origin...
Il secoua faiblement la tête.
— Vous continuez à croire que les noms sont les choses.
Manu se figea.
Roer regarda le Rosaire.
— Ils viendront.
— Qui ?
— Tous ceux qui savent.
— Savoir quoi ?
Roer sourit.
— Que vous les avez réveillés.
Silence.
— Cinquante-deux artefacts.
Manu baissa légèrement les yeux.
Roer le vit.
— Ah.
Une satisfaction mourante.
— Tu ne savais pas.
Manu :
— Non.
— Une vie...
Roer toussa.
— ...ne te suffira pas.
Manu le regarda.
— Alors j'en utiliserai plusieurs.
Roer fronça les sourcils.
Il ne comprit pas.
Pas encore.
Manu non plus.
Pas complètement.
Roer murmura :
— Ils vous traqueront jusqu'au dernier.
— Qu'ils viennent.
— Tu ne comprends pas.
Roer sourit une dernière fois.
— Certains sont déjà là.
Son regard glissa vers le Rosaire.
Puis s'éteignit.
Roer tomba.
Silence.
Manu resta debout.
Hermès vibra.
Une fois.
Le Rosaire répondit.
Une perle.
Puis une deuxième.
Puis...
toutes.
Manu ferma les yeux.
Le bokken vibra dans sa main.
Trois artefacts.
Trois voix.
Il murmura :
— Fermez vos gueules.
Silence.
Total.
Manu ramassa Hermès.
Et partit.
Huit minutes.
Diana regarda sa montre.
— On part.
Nicky :
— Non.
— J'ai tenu huit.
— J'avais dit dix.
— Et moi huit.
Klaudija ne disait rien.
Elle regardait le quai.
Luna était debout à côté d'elle.
Invisible pour elle.
Mais là.
Lana les regardait toutes les deux.
Puis :
— Attendez.
Tout le monde se retourna.
Une silhouette venait d'apparaître.
Loin.
Elle avançait.
Lentement.
Klaudija arrêta de respirer.
Manu.
Capuche.
Bokken dans une main.
Hermès dans l'autre.
Il marchait comme si chaque pas négociait avec son corps.
Alex murmura :
— Putain.
Nicky descendit la passerelle.
— Manu !
Il leva légèrement la tête.
— Gueule pas.
Nicky s'arrêta.
— T'as une sale gueule.
— Merci.
Klaudija arriva.
Ils se regardèrent.
Longtemps.
Puis elle frappa son épaule intacte.
Manu grimaça.
— Aïe.
— Connard.
— Salut.
Elle le prit dans ses bras.
Une seconde.
Puis recula.
— Roer ?
Manu la regarda.
Elle comprit.
— Bien.
Manu monta.
Lana était là.
Pour la première fois.
Réellement face à lui.
Elle regarda Hermès.
Puis le Rosaire.
Puis le bokken.
Puis Manu.
— Vous saviez.
Manu la regarda.
— Oui.
Klaudija :
— Quoi ?
Lana ne détourna pas les yeux.
— Que j'étais avec elle.
Manu :
— Oui.
— Depuis quand ?
— Assez longtemps.
Klaudija leva les bras.
— Mais putain, pourquoi personne ne me dit jamais rien ?
Luna :
— Bienvenue au club.
Lana sourit malgré elle.
Manu la regarda.
— Content de te rencontrer enfin, Lana.
Elle fronça les sourcils.
— Enfin ?
Manu passa.
— Plus tard.
Lana regarda Klaudija.
— Il est toujours comme ça ?
Klaudija :
— C'est son principal défaut.
Nicky passa derrière.
— Non.
— Ah ?
— Il en a plein d'autres.
L'Obrigado quitta Rome.
Pas vite.
Léo avait insisté.
— Faut laisser respirer le moteur.
Joe :
— Le moteur respire pas.
— Le mien si.
— C'est pas ton moteur.
— Il est sur mon bateau.
— C'est mon moteur.
— Donc c'est notre moteur.
Joe regarda Diana.
— Je vais le jeter.
Diana :
— Après l'extraction.
— Marché conclu.
Une demi-heure plus tard, tout le monde découvrit la cage.
Akira s'arrêta devant.
Beatriz à côté.
Nicky derrière.
Klaudija regarda les chaînes.
Lana le système de sono.
Puis les sacs.
Puis les barres.
Joe soulevait déjà de la fonte.
Alex :
— Mais c'est quoi ce bateau ?
Léo apparut en robe de chambre.
— Un lieu culturel, un genre de MJC pour adultes souffrant d'anosodiaphorie .
Nicky :
— C'est une cage UFC Léo.
— Quand je dis culturel, je veux dire culture martiale sister.
Beatriz entra.
Testa le sol du pied.
Akira regarda la structure.
Léo :
— Manu.
Manu regarda la cage.
Puis Léo.
— Pourquoi ?
— Pourquoi pas ?
Manu observa encore.
Un sourire.
Très léger.
— Pas con.
Nicky :
— Oh non ça recommence, comme à Caparica.
La salle de musculation de l’Obrigado occupait une ancienne cale.
Nicky s'assit sur un banc, Ænor à son doigt.
Beatriz avait retiré ses chaussures pour tester le ring.
Akira observait le matériel.
Klaudija parlait avec Lana.
Yoshimizu était toujours devant un ordinateur.
Diana à côté de lui.
La grand-mère était installée dans un fauteuil dont personne ne savait non plus comment il avait atterri là.
Aurelius se tenait près d’elle.
Luna était assise au-dessus de la cage.
Dark et Vador avaient déjà entrepris l’inspection complète des lieux.
Emmanuel pris un coffret dans un sac et il ouvrit la cage.
Il regarda Akira.
— Entre.
Akira fronça légèrement les sourcils.
— Pourquoi ?
— Entre.
Alex se retourna immédiatement.
— Oh putain.
Manu regarda Beatriz.
— Toi aussi.
Alex ouvrit un paquet de Trolli.
Nicky :
— Range ça.
— Mais il se passe un truc.
— Range.
— Je peux regarder et manger.
Manu :
— Klaudija.
Elle le fixa.
— Hors de question Emmanuel.
— Klaudija.
Elle regarda la cage.
Puis Manu.
— Si tu comptes nous faire combattre, t’es vraiment plus atteint que je pensais.
— Entre.
— Ça répond absolument pas à ma question.
Elle entra quand même.
Akira.
Beatriz.
Klaudija.
Manu referma la porte derrière eux.
Puis resta quelques secondes sans parler.
Le roulis du bateau faisait légèrement grincer la structure métallique.
Manu sortit un petit étui.
Akira comprit immédiatement.
Beatriz aussi.
Alex arrêta même de mâcher.
Manu ouvrit l’étui.
La plume reposait à l’intérieur.
Kaelum.
Akira la regarda.
Pas de surprise.
Il savait parfaitement ce qu’elle était.
Ils l’avaient volée au musée.
Ils avaient risqué leur peau pour elle.
Manu la prit délicatement.
Puis la tendit à Akira.
— Tiens.
Akira ne la prit pas immédiatement.
— Pourquoi maintenant ?
— Parce qu’avant, tu en avais envie.
Silence.
Akira regarda la plume.
Puis Manu.
— Et maintenant ?
— Maintenant tu sais que tu peux faire sans.
Akira resta immobile.
Manu avança légèrement la main.
— C’est précisément pour ça que tu peux la porter.
Akira prit Kaelum.
À l’instant où ses doigts se refermèrent autour de la plume, quelque chose passa dans son regard.
Une sensation connue.
Mais différente.
Parce que cette fois, personne ne la lui prêtait.
Personne ne lui demandait de la rapporter.
Manu la lui avait remise.
Akira baissa les yeux.
Puis inclina légèrement la tête.
Manu se tourna vers Beatriz.
Il sortit le deuxième objet.
La boucle d’oreille.
Syrae.
Beatriz eut un petit sourire en la voyant.
— Elle m’avait presque manqué.
— Presque ?
— Je veux pas lui donner de mauvaises habitudes.
Alex, derrière le grillage :
— Bonne politique éducative.
Nicky :
— Alex.
— Je participe à la cérémonie.
Manu tourna lentement la tête.
Alex leva son paquet.
— Silencieusement.
Manu regarda de nouveau Beatriz.
Il lui tendit Syrae.
Elle allait la prendre.
Il referma les doigts.
Beatriz leva les yeux.
— Sérieusement ?
— Pourquoi tu la veux ?
La question la surprit.
Elle regarda Syrae.
— Parce qu’elle est à moi.
Manu ne bougea pas.
Beatriz comprit immédiatement que c’était la mauvaise réponse.
Elle souffla.
— Putain…
Akira eut un petit sourire.
— Quoi ?
— Rien.
— Si. Tu fais ta tête de premier de la classe.
— Je n’ai rien dit.
Manu attendait toujours.
Beatriz regarda la boucle.
Puis finalement :
— Parce qu’elle me permet d’aller plus loin.
— Mauvaise réponse.
Elle fronça les sourcils.
— Tu fais chier.
— Je sais.
Elle réfléchit.
Puis regarda Akira.
Kaelum était dans sa main.
Elle regarda ensuite Nicky.
Ænor.
Alex.
Vaeris quelque part dans ses poches.
Enfin Emmanuel.
— J’en ai pas besoin.
Manu ouvrit les doigts.
Syrae apparut de nouveau.
— Voilà.
Beatriz sourit.
— Connard.
— Tiens.
Elle prit la boucle.
Manu la regarda la mettre.
— Elle doit prolonger ce que tu es.
— Jamais décider de ce que tu deviens.
Beatriz ne plaisanta pas.
— Compris.
Puis Manu se tourna vers Klaudija.
Et cette fois, son expression changea.
À peine.
Mais Klaudija le vit.
— Quoi ?
Manu regarda sa main droite, l'annulaire.
La Bague du Loup.
klaudija resta immobile.
Cette bague avait été à son doigt pendant des années et portée en pendentif durant son enfance et une grande partie de son adolescence.
Elle l’avait portée sans en connaître véritablement l’origine.
Elle savait ce qu’elle pouvait faire.
Elle avait senti les autres artefacts à travers elle.
Leurs résonances.
Leurs présences.
Cette manière étrange qu’ils avaient de se reconnaître les uns les autres.
Elle l’avait donnée à Emmanuel Sept ans auparavant, à l'aéroport de Lisbonne, en repartant vers la Lituanie.
Klaudija leva les yeux.
— Pourquoi tu me la rends ?
Manu regarda la bague.
— Parce qu’elle est à toi.
— Elle était à moi.
— Non.
Petit silence.
— Elle l’est.
Klaudija tendit la main.
Manu ne la lui donna pas encore.
Il observa l’anneau.
Puis prononça simplement :
— Fenrir.
Klaudija fronça les sourcils.
— Quoi ?
Manu releva les yeux.
— Fenrir.
Silence.
— C’est son nom.
Cette fois, Klaudija ne bougea plus.
Lana releva la tête.
Aurelius aussi.
Nicky regarda immédiatement la bague.
— Son nom ? demanda Klaudija.
— Oui.
— Depuis quand elle a un nom ?
— Depuis bien avant toi.
Klaudija s’approcha.
— Emmanuel.
Il attendit.
— Comment tu sais tout ça ?
Silence.
La mer frappa doucement la coque.
Manu regarda Fenrir.
Quelque chose de beaucoup plus ancien passa derrière ses yeux.
Des mois dont il ne parlait presque jamais.
L’année fantôme.
Des archives.
Des pierres.
Des lieux oubliés.
Des choses trouvées là où personne n’aurait pensé chercher.
Puis il regarda Klaudija.
— Nous en reparlerons plus tard.
Elle le fixa.
Longtemps.
— Je déteste cette phrase.
— Je sais.
— Et je te préviens, « plus tard », ça veut pas dire dans trois mois.m, j'espère que tu as bien imprimé.
Alex avala de travers.
Luna éclata de rire au-dessus de la cage.
Même Manu eut un léger sourire.
Puis il redevint sérieux.
Il tendit Fenrir.
Klaudija posa les doigts dessus.
Au même instant…
Kaelum vibra dans la main d’Akira.
Beatriz porta instinctivement la main à Syrae.
Ænor se réchauffa autour du doigt de Nicky.
Dans la poche d’Alex…
Vaeris tinta.
Une seule fois.
Alex baissa les yeux.
— Euh…
Personne ne répondit.
Dark et Vador s’étaient redressés.
Parfaitement immobiles.
Fenrir venait de retrouver Klaudija.
Et les autres avaient répondu.
Klaudija regarda autour d’elle.
Elle connaissait cette sensation.
— Voilà.
Manu acquiesça.
— Oui.
Elle regarda la bague.
— Elle fait quoi là ?
— Elle est le lien.
— Le lien ?
Manu resta silencieux.
Klaudija releva les yeux.
— Tu sais alors parle.
— Pas maintenant.
— T'inquiète pas j'oublie pas, tu me dois une explication.
— Oui, et tu l'auras.
Elle souffla.
— Évidemment que je l'aurais.
Puis elle passa Fenrir à son doigt.
Le changement fut presque invisible.
Mais Manu le sentit.
Nicky aussi.
Akira regarda Kaelum.
Beatriz toucha Syrae.
Alex sortit Vaeris de sa poche.
La pièce était parfaitement immobile dans sa paume.
— Bro…
Pour une fois, il n’y avait aucune plaisanterie dans sa voix.
Manu regarda les quatre artefacts.
Puis leurs porteurs.
Ænor.
Vaeris.
Kaelum.
Syrae.
Fenrir.
Et son propre Rosaire.
Des fragments.
Des histoires différentes.
Des pouvoirs différents.
Qui pourtant venaient de se répondre.
Aurelius s’approcha du grillage.
— Emmanuel.
Manu tourna légèrement la tête.
— Tu es certain de ce que tu fais ?
— Non.
Aurelius le fixa.
Manu continua :
— C’est important.
Le prêtre comprit.
Nicky aussi.
Manu regarda Akira.
Puis Beatriz.
Puis Klaudija.
— Roer aurait gardé tout ça.
Silence.
— Origin les aurait enfermés.
Il regarda Fenrir.
— Classés.
Kaelum.
— Étudiés.
Syrae.
— Distribués quand ils l’auraient décidé.
Puis les porteurs.
— À ceux qu’ils auraient choisis.
Il secoua légèrement la tête.
— On ne fera pas ça.
Nicky se leva.
— On ?
Manu la regarda.
Un silence.
Très court.
Mais suffisamment long.
— Oui.
Ce simple mot changea quelque chose.
Nicky ne répondit pas.
Manu continua :
— Je ne vous donne rien.
Il désigna Kaelum.
— Je te rends ton choix.
Syrae.
— Le tien.
Puis Fenrir.
— Et le tien.
Klaudija observa la bague.
— Et si on choisit mal ?
— Vous choisirez mal.
Beatriz sourit légèrement.
— Encourageant.
— Plusieurs fois.
Akira :
— Et ensuite ?
Manu haussa légèrement les épaules.
— Vous apprendrez.
Il ouvrit la porte de la cage.
Personne ne sortit immédiatement.
Aurelius regardait la scène.
Quelque chose le troublait.
La grand-mère s’approcha de lui.
— Tu fais cette tête quand tu réfléchis trop.
Il murmura :
— Il n’y a pas eu de serment.
— Non.
— Pas de règle.
— Non.
— Pas de hiérarchie.
Elle sourit.
— Ça te dérange, mon père ?
Aurelius regarda Emmanuel.
— Au contraire.
Dans la cage, Klaudija passa près de Manu.
Puis s’arrêta.
— Fenrir.
— Oui.
— Nous en reparlerons.
— Oui.
Elle pointa un doigt contre sa poitrine.
— Pas dans cinquante ans.
— Promis.
— Je te crois pas.
— T’as raison.
Elle sortit.
Beatriz passa ensuite.
Akira allait la suivre lorsque Manu posa une main sur son épaule.
Akira se retourna.
Manu regarda Kaelum.
— Ne la laisse jamais te convaincre que tu es meilleur grâce à elle.
Akira acquiesça.
— Et si elle le fait ?
— Pose-la.
Akira réfléchit.
Puis :
— D’accord.
Il sortit.
Beatriz l’attendait.
Manu resta seul quelques secondes dans la cage.
Aurelius s’approcha.
— Tu viens de créer quelque chose.
— Non.
— Si.
Manu ouvrit la porte.
— J’ai rendu une plume, une boucle d’oreille et une bague.
Aurelius eut un léger sourire.
— Les religions ont commencé avec moins que ça.
Manu leva les yeux vers lui.
— Justement.
Il passa devant le prêtre.
— N’en faisons pas une.
Aurelius resta immobile.
La grand-mère sourit.
Nicky regarda Ænor.
Alex remit Vaeris dans sa poche.
Beatriz toucha Syrae.
Akira referma délicatement ses doigts autour de Kaelum.
Klaudija regarda Fenrir.
Dark et Vador traversèrent tranquillement la cage maintenant vide.
Et personne ne s’agenouilla.
Personne ne jura fidélité.
Sur un vieux cargo bricolé, entre une cage de combat, des tonnes de fonte et un néon de casino à moitié mort…
le premier geste d'un nouvel ordre ne fut pas de prendre.
Ce fut de rendre.
Plus tard.
Beaucoup plus tard.
Tout le monde dormait.
Ou essayait.
Rome s'éloignait derrière l'Obrigado.
Manu était seul à la poupe.
Bandages.
T-shirt noir.
Le Rosaire au poignet.
Hermès posé contre le bastingage.
Le bokken à côté.
Il regardait Rome disparaître.
— Une vie ne suffira pas.
Manu ne se retourna pas.
— J'allais finir par croire que tu ne viendrais pas.
Namtara se tenait derrière lui.
Capuche noire.
Toujours.
Le vent ne semblait pas la toucher.
Manu regarda l'horizon.
— Roer a dit la même chose.
— Il avait raison.
— C'est agaçant.
— La vérité l'est souvent.
Manu regarda le Rosaire.
— Cinquante-deux.
Namtara resta silencieuse.
— C'est vrai ?
— Oui.
— Cinquante-deux artefacts ?
— Cinquante-deux qui furent séparés.
Manu tourna la tête.
— C'est pas pareil.
— Non.
Silence.
— J'ai trouvé quelque chose pendant, tu sais, l'année où j'ai compris qui tu étaisbet que j'ai découvert des choses sur Mu.
Namtara ne bougea plus.
Manu sourit légèrement.
— Voilà.
— Quoi ?
— Chaque fois que je prononce Mu, tu deviens silencieuse autrement.
— Tu imagines beaucoup.
— J'ai eu trois ans pour apprendre à regarder tes silences Namatara.
Elle regarda Rome.
— Tu avais autre chose à faire.
— C'est toi qui m'as envoyé chercher.
— Je t'ai indiqué certaines traces.
— Pourquoi ?
Pas de réponse.
— Brésil.
Silence.
— Mexique.
Silence.
— Pacifique, Indus, France...
Toujours rien.
— Tu m'as dit de chercher les choses que l'Histoire avait dû effacer pour rester cohérente.
Namtara :
— Et tu as cherché.
— J'ai trouvé Mu.
— Tu as trouvé ce que des hommes ont appelé Mu.
— Tu joues sur les mots.
— Les mots ont détruit davantage de civilisations que les armes.
Manu sourit.
— Celle-là, je la garde.
— Tu gardes trop.
Manu regarda son Rosaire.
— Justement.
Silence.
— Pourquoi tu m'as aidé ?
— Je te l'ai déjà dit.
— La balance.
— Oui.
— Mensonge.
Namtara tourna la tête.
— Incomplet, corrigea Manu.
Namatara :
— Alors complète.
Namtara regarda le bateau.
À travers les vitres, quelques silhouettes dormaient.
Nicky.
Akira.
Beatriz.
Alex.
Klaudija.
Lana.
Yoshimizu.
La grand-mère.
Aurelius.
Joe.
Léo.
— Tu voulais sauver des individus.
— Oui.
— Tu as créé autre chose.
Manu suivit son regard.
— Une équipe ?
— Non.
— Une famille ?
— Mot dangereux.
— Je sais.
— Alors ne l'utilise pas trop vite.
Manu sourit.
— Quoi, alors ?
Namtara regarda le bokken.
Puis Hermès.
Puis le Rosaire.
— Une possibilité.
Manu ne répondit pas.
— Le premier chemin sert les artefacts.
— Je sais.
— Le deuxième les détruit.
— Je sais.
— Le troisième...
Elle regarda les autres.
— ...doit survivre à celui qui l'a trouvé.
Manu resta immobile.
La phrase entra profondément.
— Voilà pourquoi tu m'as aidé.
Namtara :
— En partie.
— Toujours incomplet.
— Toujours, oui.
Manu prit le Rosaire.
Le fit lentement tourner entre ses doigts.
Une perle.
Deux.
Trois.
Puis s'arrêta.
La vingt-quatrième.
Plus sombre.
Presque noire.
— Celle-là.
Namtara ne répondit pas.
— Vingt-quatre.
Silence.
Manu regarda la perle.
Puis Namtara.
— C'est toi.
Le vent passa.
— Non.
— Si.
— Les artefacts ne représentent pas des personnes.
— J'ai pas dit qu'elle te représentait.
Namtara resta immobile.
— J'ai dit que c'était toi.
Silence.
— La plus noire.
Manu leva légèrement le Rosaire.
— Donc la plus visible.
Il regarda Namtara.
— Comme toi.
Elle ne répondit pas.
— Tu es partout.
— Non.
— Si.
Manu regarda Rome.
— Dans les archives. Les légendes. Les guerres. Les temples. Les marges. Toujours à côté de quelque chose qui disparaît.
Silence.
— Toujours visible.
Puis il la regarda.
— Et pourtant jamais là.
Namtara ne bougea plus.
— Tu es la plus visible de toutes...
— ...et tu es l'Invisible.
Long silence.
Puis :
— Au Mexique, j'ai vu une fresque.
Cette fois...
quelque chose changea.
Infime.
Mais Manu le vit.
— Une femme.
Namtara regardait la mer.
— Puis la même.
Silence.
— Puis encore la même.
— Les représentations se répètent.
— Les vêtements changeaient.
Pas de réponse.
— Les peuples changeaient.
Rien.
— Les dieux changeaient.
Manu regarda son profil sous la capuche.
— Pas elle.
Silence.
— Quatre mille ans.
Namtara murmura :
— Tu comptes mal.
Manu se figea.
Puis sourit.
— Voilà.
Elle comprit son erreur.
Trop tard.
— Donc c'était toi.
— Je n'ai pas dit ça.
— Tu viens de me dire que la datation était fausse.
Namtara :
— Tu deviens insupportable.
— Ça aussi, on me l'a déjà dit.
Manu regarda l'eau.
— J'ai cru à une lignée.
Silence.
— Puis à un titre.
Toujours rien.
— Maintenant...
Il regarda Namtara.
— Je crois que tu meurs.
Pas un mouvement.
— Et que tu reviens.
Rien.
— Encore.
Le moteur battait sous eux.
— Encore.
Namtara regarda l'horizon.
— Ce n'est pas revenir.
Manu se figea.
Elle aussi.
Cette fois...
c'était sorti.
— Alors quoi ?
Silence.
— Namtara.
— Un cycle.
Deux mots.
À peine.
Mais ils changèrent tout.
Manu regarda la mer.
— Une malédiction.
— Les hommes appellent malédiction ce qu'ils ne savent pas interrompre.
Manu regarda son Rosaire.
— Comme les artefacts.
— Non.
— Pourquoi ?
— Eux peuvent être déposés.
Manu releva lentement les yeux vers elle.
— Toi non.
Silence.
Namtara ne répondit pas.
Et Manu comprit.
Pas tout.
Mais assez.
Namtara regarda Rome.
Manu se rappela la fresque.
— Il y avait autre chose.
Namtara se tourna.
— Quoi ?
Première vraie question.
Manu le remarqua.
— À la fin.
Il cherchait les mots.
— Deux figures.
Namtara attendit.
— Deux morts.
Silence.
— L'une portait une ombre.
Namtara ne bougea plus.
— L'autre...
Manu fronça les sourcils.
— ...la recevait.
Le silence devint presque physique.
— Qu'as-tu lu ? demanda Namtara.
— Presque rien.
— Emmanuel.
— Presque rien.
Il la regarda.
— Mais j'ai retrouvé un symbole similaire dans ce qui restait des traces de Mu.
Namtara murmura quelque chose.
Très bas.
— Quoi ?
— Rien.
— Mentir n'est vraiment pas ta spécialité.
Elle regarda la mer.
Manu continua.
— J'ai compris une règle.
— Laquelle ?
— Certaines choses ne peuvent pas mourir.
Silence.
— Seulement changer de place.
Namtara ferma les yeux.
Manu la regarda.
— Mort contre mort.
Ses yeux se rouvrirent.
— Ne joue pas avec des mots que tu ne comprends pas.
— Alors explique-les.
— Non.
— Pourquoi ?
— Parce que tu chercherais.
Manu sourit.
— Trop tard.
— Emmanuel.
— Pourquoi tu m'as aidé ?
Silence.
— Pourquoi moi ?
Namtara regarda le Rosaire.
Puis le bokken.
Puis les autres derrière.
— Parce que tu poses encore cette question.
Manu fronça les sourcils.
— Et le jour où je ne la poserai plus ?
— J'arrêterai de t'aider.
— Intéressant.
Manu regarda Hermès.
— Cinquante-deux artefacts.
— Oui.
— Et cinquante-deux perles.
Namtara regarda son poignet.
— Oui.
— Coïncidence ?
— Non.
Le mot tomba.
Net.
Manu ne bougea plus.
— Évidemment.
— Ne te réjouis pas.
— Pourquoi ?
— Parce que tu viens d'ouvrir une question beaucoup plus dangereuse.
Manu regarda les perles.
— Mu.
Silence.
— Les cinquante-deux.
Silence.
— Et le Rosaire.
Namtara :
— Avant la dispersion...
Elle s'arrêta.
Manu attendit.
— Continue.
— Non.
— Namtara.
— Non.
Manu sourit.
— Donc j'ai raison.
— Sur quoi ?
— Quelque chose a été enfermé.
Elle ne répondit pas.
— Pas un artefact.
Toujours rien.
— Plusieurs.
Rien.
Manu regarda les cinquante-deux perles.
Puis :
— Cinquante-trois péchés.
Cette fois...
Namtara tourna la tête.
— Où as-tu lu ça ?
Manu ne répondit pas immédiatement.
— Mu.
— Où ?
— Donnant donnant.
Silence.
— Tu veux savoir ce que j'ai trouvé ?
Il regarda sa vingt-quatrième perle.
— Dis-moi pourquoi tu m'as envoyé.
Namtara le fixa sous l'ombre de sa capuche.
— Tu apprends vite.
— J'ai de bons profs.
— Akiito serait vexé.
— Tu le sous-estimes.
Un silence.
Presque un rire.
Puis Namtara :
— Cinquante-trois ne furent pas dispersés.
Manu attendit.
— Cinquante-deux le furent.
Elle regarda le Rosaire.
— Le reste fut lié.
Manu sentit son estomac se nouer.
— Dans ça.
Pas de réponse.
— Et quelqu'un a trahi Mu.
Namtara regarda la mer.
— Quelqu'un trahit toujours.
— Qui ?
— Ce n'est pas la bonne question.
— Quelle est la bonne ?
Namtara le regarda.
— Pourquoi.
Silence.
Manu resta là.
Puis sourit lentement.
— Voilà pourquoi Roer disait qu'une vie ne suffirait pas.
— Roer savait très peu.
— Et moi ?
— Moins.
Manu eut un rire.
— Merci.
— De rien.
Des voix éclatèrent à l'intérieur.
Léo :
— ALEX !
— QUOI ?
— LE ROUGE IL EST MEILLEUR !
— JE TE L'AVAIS DIT BRO !
Manu regarda derrière lui.
Namtara aussi.
Léo.
Alex.
Nicky.
Klaudija.
Lana.
Akira.
Beatriz.
Yoshimizu.
Aurelius.
Mamie.
Luna.
Joe.
Tout ce chaos.
Ce bateau absurde.
Cette cage.
Ces artefacts.
Ces vivants.
Cette morte.
Namtara murmura :
— Tu as recommencé.
Manu la regarda.
— Quoi ?
— Ce que les autres ont fait avant toi.
— Origin ?
— Avant.
— Le Sanctum ?
— Avant.
Manu comprit.
— Mu.
Namtara ne confirma pas.
Elle n'en avait pas besoin.
Manu regarda le bateau.
— Non.
— Non ?
— Eux ont construit un ordre.
— Oui.
— Moi, j'ai construit rien du tout.
Namtara regarda Alex courir derrière Léo pour récupérer son paquet de bonbons.
Puis Luna engueuler les deux.
Puis Mamie sortir parce qu'elle avait entendu du bruit.
— C'est effectivement très mal organisé.
Manu sourit.
— Voilà.
Namtara :
— C'est peut-être ce qui le sauvera.
Silence.
Manu regarda le bokken.
— La Troisième Voie.
— Peut-être.
— Pas de maître.
— Tu en es déjà un.
Manu secoua la tête.
— Non.
— Ils t'écoutent.
— Jusqu'au jour où ils comprendront mieux.
— Et ensuite ?
Manu regarda les autres.
— Ils devront me dépasser.
Namtara resta silencieuse.
— Sinon j'aurai échoué.
Cette fois, quelque chose passa sous la capuche.
— Voilà ce qui est différent.
Manu tourna la tête.
— De Mu ?
— De beaucoup de choses.
Rome n'était plus qu'une lueur.
Manu regarda l'horizon.
— Une vie ne suffira pas.
— Non.
— Cinquante-deux artefacts.
— Oui.
— Origin.
— Oui.
— Mu.
Silence.
— Toi.
Silence.
— La Troisième Voie.
Namtara attendit.
Manu regarda les autres.
Puis son Rosaire.
— J'ai passé trop de temps à penser que je devais finir ce que je commençais.
Namtara :
— C'est une maladie commune aux hommes.
— Et toi Namtara ?
— Je n'ai pas ce luxe Emmanuel.
Manu comprit la violence de la phrase.
Le cycle.
Toujours recommencer.
Toujours revenir.
Toujours traverser les mêmes siècles.
Il regarda les autres.
— Alors Roer avait raison.
— Oui.
— Une vie ne suffira pas.
Un temps.
Manu sourit.
— C'est pas grave.
Namtara tourna légèrement la tête.
— Pourquoi ?
— Parce que j'en ai plusieurs.
Silence.
Il regarda Nicky.
Akira.
Beatriz.
Alex.
Klaudija.
Lana.
Yoshi.
Tous.
— Pas les miennes.
Namtara ne bougea plus.
Manu continua :
— Les leurs.
Le bateau avançait.
— Et celles de ceux qu'ils formeront.
Silence.
— Et ceux d'après.
Namtara regarda l'Obrigado.
Puis Manu.
— Tu viens de comprendre pourquoi les idées sont plus dangereuses que les artefacts.
Manu sourit.
— Ou plus utiles.
— C'est la même chose.
Namtara commença à disparaître.
Manu :
— Attends.
Elle s'arrêta.
— Ton cycle.
Silence.
— La fresque.
Toujours rien.
— Mort contre mort.
Namtara regarda la mer.
Manu réfléchissait.
Puis :
— Si quelque chose ne peut pas mourir...
Elle tourna lentement la tête.
— ...mais seulement être déplacé...
Le vent passa.
— ...alors peut-être que pour te libérer, il ne faut pas tuer ce qui te retient.
Namtara ne bougea plus.
Manu regarda l'obscurité.
— Il faut trouver où l'envoyer.
Silence.
Quelque chose passa dans la posture de Namtara.
Pas de peur.
Plus ancien.
— Pas encore, Emmanuel.
Manu la regarda.
— Je suis proche.
— Trop.
Elle disparut presque.
Puis sa voix revint.
— Et pas de la manière que tu crois.
Manu sourit.
— Je m'en doutais.
Elle s'effaça.
Puis une dernière fois :
— Emmanuel.
— Quoi ?
— Roer avait tort.
— Sur quoi ?
Silence.
Namtara regarda les silhouettes derrière les vitres.
— Sur le nombre de vies dont tu disposes.
Et elle disparut.
Manu resta seul.
Longtemps.
Le Rosaire au poignet.
Hermès contre le bastingage.
Le bokken posé à côté.
Trois objets.
Trois histoires.
Aucun maître.
Aucun esclave.
Puis derrière lui :
— MANU !
Il ferma les yeux.
Léo.
Évidemment.
— Quoi ?
— ALEX DIT QUE DORA C'EST AMÉRICAIN !
Alex :
— C'EST AMÉRICAIN BRO !
Léo :
— ELLE PARLE ESPAGNOL !
Alex :
— C'EST PAS UN CRITÈRE !
Léo :
— BAH SI !
Manu se retourna.
Nicky avait la tête dans les mains.
Beatriz riait.
Akira essayait de ne pas rire.
Klaudija regardait la scène comme si sa captivité avait peut-être été plus reposante.
Lana riait franchement.
Luna hurlait :
— BABOUCHE EST UN SINGE, ÇA RÈGLE PAS LA QUESTION !
Alex leva les bras.
— JE VOUS L'AVAIS DIT QUE C'ÉTAIT UNE ŒUVRE MAJEURE !
Léo pointa Alex.
— Merci frérot.
Alex ouvrit son paquet.
— Tu veux un croco bro ?
Léo regarda.
— C'est des Trolli ?
— Ouais bro.
Léo réfléchit avec un sérieux obscène.
— OK ça passe. Claque-moi-en deux ou trois, je stocke pour comparer les goûts.
Alex lui en donna trois.
Léo les rangea dans la poche de sa robe de chambre.
Manu les regarda.
Puis regarda l'horizon.
Cinquante-deux artefacts.
Origin.
Mu.
La trahison.
Le cycle.
Namtara.
La Troisième Voie.
Une vie ne suffirait pas.
Pour la première fois...
cela ne lui faisait plus peur.
Parce que la réponse n'était peut-être pas de vivre assez longtemps.
La réponse était de construire quelque chose qui n'aurait plus besoin de lui.
Manu prit Hermès.
Puis son bokken.
Il regarda une dernière fois Rome.
Et rentra rejoindre les autres.
L'Obrigado avançait dans la nuit.
Sans drapeau.
Sans doctrine.
Sans temple.
Sans savoir encore ce qu'il était devenu.
Et c'était peut-être précisément pour cela...
qu'après des millénaires de maîtres, d'ordres, de gardiens, de traîtres et d'artefacts,
quelque chose de véritablement nouveau venait enfin de naître.
Pas un nouvel Origin.
Pas un nouveau Sanctum.
Pas un nouveau Mu.
Une troisième voie.
Et très loin derrière eux,
dans les profondeurs silencieuses de Palazzo Vieri,
quelque chose répondit.
Une seule fois.
Comme si le monde ancien venait de comprendre...
qu'Emmanuel n'avait pas gagné une guerre.
Il venait d'en changer les règles.
💬 Commentaires 1
Bravo encore. La saison va nous réserver des surprises, j'en suis certaine, car les enfants ne sont pas encore sauvés.