Saison 1 - Épisode 10 - ANOTHER ORDINARY NIGHT
Deux heures treize.
Sous les autoroutes suspendues, Tokyo vivait une autre nuit.
Une nuit que les touristes ne verraient jamais.
L'odeur de l'essence remplaçait celle des restaurants.
Les néons éclairaient des carrosseries à plusieurs centaines de milliers d'euros.
Les paris circulaient plus vite que les bouteilles de whisky.
On ne venait pas ici pour gagner.
On venait pour exister.
Une Nissan GT-R blanche.
Une RX-7 violette.
Une Civic noire aussi légère qu'un kart.
Une Lancer Evolution au ralenti, prête à exploser.
Quatre pilotes.
Quatre réputations.
Quatre ego.
Une seule arrivée.
Le silence tomba.
Une jeune femme leva simplement le bras.
Le monde retint son souffle.
Puis...
Elle l'abaissa.
Les quatre voitures disparurent dans un hurlement mécanique.
Le béton vibra.
Les turbos sifflèrent.
Tokyo devenait un circuit.
Les voitures dansaient entre les piliers.
Frôlaient les murs.
Les ponts.
Les tunnels.
Personne ne freinait vraiment.
Ils négociaient simplement avec la mort.
La GT-R prit la tête.
La RX-7 plongea à l'intérieur d'un virage impossible.
La Civic trouva un passage que personne n'avait vu.
Les téléphones filmaient.
Les cris couvraient les moteurs.
Puis...
Une bretelle.
Personne n'aurait dû arriver de là.
Deux phares apparurent.
Bas.
Jaunes, légèrement modulès pour aveugler.
Presque anciens.
Une Supra Gris Métal qui changeait presque de couleur en fonction de la luminosité.
Elle glissa sur la bretelle comme si elle connaissait chaque fissure de l'asphalte.
Elle ne cherchait pas la meilleure trajectoire.
Elle semblait l'avoir dessinée bien avant les autres.
Elle avala la Civic.
Puis la Lancer.
La RX-7 tenta de fermer la porte.
Trop tard.
La Supra était déjà devant.
La GT-R accéléra.
Le six cylindres répondit.
Sans violence.
Sans colère.
Sans pitié.
Avec cette assurance tranquille des machines qui n'ont plus rien à prouver.
Quelques secondes.
C'était terminé.
La Supra disparut devant tout le monde.
Seule.
Comme si elle roulait dans une autre catégorie.
L'arrivée.
Silence.
Le moteur s'éteignit.
Les quatre pilotes descendirent.
Personne ne parlait.
Les regards de la foule étaient tournés vers la même voiture.
Une portière s'ouvrit.
Une botte toucha le sol.
Puis une seconde.
Un long imperméable.
Une capuche.
Le rosaire glissait distraitement entre ses doigts.
Le grenat noir oscillait doucement sous les lampadaires.
Il ne regardait même pas les autres pilotes.
Comme s'ils n'avaient jamais existé.
Au fond du parking...
Un homme en costume terminait tranquillement son whisky.
Il sourit.
« Je me demandais combien de temps tu mettrais avant de gâcher ma soirée... »
Emmanuel s'approcha.
Le bruit de ses bottes résonnait dans le silence.
Il regarda les quatre voitures.
Puis leurs propriétaires.
Un léger sourire.
« Je ne suis pas venu courir avec tes gosses. »
Le silence s'épaissit.
Le patron éclata doucement de rire.
« Tu n'as vraiment pas changé... »
Emmanuel leva enfin les yeux vers lui.
Son regard n'avait rien d'un pilote.
C'était celui d'un homme qui était venu chercher une réponse.
« J'ai besoin d'une information. »
Le sourire du patron disparut.
Complètement.
Il comprit immédiatement.
Emmanuel n'était pas revenu pour gagner une course.
Il venait de rappeler à tout Tokyo que Splinter était de retour.
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