Écriture Chapitre 60 - Les femmes sauvages

📖 VILA MARIA ✍️ Splinter 📝 423 mots


La plage était calme ce jour-là.

Pas complètement vide.

Jamais.

Caparica attirait toujours quelques surfeurs optimistes, des promeneurs, des familles, des touristes rouges comme des homards et des retraités portugais qui semblaient observer l'océan depuis l'époque des caravelles.

Mais les vagues étaient médiocres.

Alors pour une fois...

personne ne cherchait à conquérir quoi que ce soit.

Même l'Atlantique semblait avoir décidé de faire une pause.

Luna était allongée sur sa serviette.

Les yeux fermés.

Le visage tourné vers le soleil.

Le vent jouait doucement avec ses cheveux.

Et Emmanuel l'observait.

Pas comme un homme regarde une femme.

Enfin...

pas seulement.

Parce que oui.

Luna était belle.

Terriblement belle.

Naturellement belle.

Cette beauté agaçante des gens qui ne semblent faire aucun effort pour exister.

Pas de personnage.

Pas de mise en scène.

Pas de filtre.

Juste elle.

Le soleil.

Le vent.

L'océan.

Et quelque chose de profondément vivant.

Emmanuel sourit légèrement.

Parce qu'il connaissait maintenant suffisamment Luna pour savoir que ce qu'il voyait n'était qu'une partie de l'histoire.

Les gens regardaient souvent le physique en premier.

C'était normal.

Mais lui voyait autre chose désormais.

Il voyait la femme qui se levait à l'aube pour préparer ses marchés.

La mère qui s'inquiétait pour Eva.

L'artiste qui continuait à créer même lorsqu'elle doutait.

La combattante qui tombait parfois mais refusait toujours de rester au sol.

Le courage.

C'était ça qu'il trouvait beau.

Peut-être même plus que le reste.

Parce qu'avec les années, Emmanuel avait appris quelque chose.

La beauté attire.

Le courage retient.

Le vent souffla doucement.

Luna bougea légèrement sur sa serviette sans ouvrir les yeux.

Puis le silence revint.

Et pour la première fois depuis longtemps...

Emmanuel se surprit à penser quelque chose qu'il n'osait presque plus penser.

Peut-être.

Simplement peut-être.

Qu'il avait rencontré la bonne personne.

Pas la personne parfaite.

Il ne croyait plus à ça.

Pas la femme idéale sortie d'un roman ou d'un film.

Une vraie femme.

Avec ses blessures.

Ses défauts.

Ses peurs.

Ses contradictions.

Ses colères.

Ses rêves.

Et c'était précisément pour ça qu'il l'aimait.

Parce qu'elle était réelle.

Puis il secoua légèrement la tête.

Parce qu'une autre pensée arriva immédiatement derrière.

Il ne voulait pas la brusquer.

Il ne voulait pas l'enfermer.

Il ne voulait pas transformer cette histoire en prison dorée comme tant d'autres avant eux.

Luna était libre.

Et il aimait ça.

Elle était sauvage.

Et il aimait ça aussi.

Elle ressemblait parfois à ces oiseaux marins qui passent leur vie entre le ciel et l'océan.

On peut marcher à leurs côtés.

Les admirer.

Les aimer.

Mais on ne les possède jamais.

Et honnêtement...

Emmanuel n'en avait aucune envie.

Parce qu'au fond, ce qu'il préférait chez elle, ce n'était pas qu'elle reste.

C'était qu'elle choisisse de rester.

La différence était immense.

Le soleil chauffait doucement le sable.

L'océan roulait tranquillement devant eux.

Et pendant quelques minutes encore, Emmanuel resta simplement là.

À regarder Luna dormir.

À écouter les vagues.

À savourer cet instant fragile.

Sans chercher à le retenir.

Sans chercher à l'améliorer.

Simplement heureux qu'il existe.

Parce que certaines choses deviennent précieuses précisément parce qu'elles sont libres.

💬 Commentaires 1

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Lana • 1 semaine, 2 jours
La phrase de fin est correcte. J'aime beaucoup.
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