Le Dix-Huitième Jour – L'indifférence des autres

📖 Gustavo Les Heures Claires ✍️ LeBatisseurSilencieux 📝 253 mots

Le Dix-Huitième Jour – L'indifférence des autres


Gustavo,

Les gens autour de moi vivent leur vie, ils se soucient de leurs factures, de leurs vacances, de leur confort. Je les regarde et je me demande comment ils font pour rester si tranquillement en surface, sans jamais plonger.

Comment peuvent-ils ignorer que tout peut basculer en un seul regard ? J'ai l'impression d'être le seul à porter un secret si immense que si je le disais, il pourrait faire trembler les murs de cette ville.

Mais je ne dis rien. Je reste le Xavier de toujours, le bricoleur, le soutien, le conjoint exemplaire. Personne ne devine le feu qui brûle encore sous cette épaisse couche de glace que je me suis imposée.

C'est un exercice de discipline fascinant, presque un art. La maîtrise de soi devient une seconde nature. Je navigue parmi les autres comme un fantôme, conscient de tout ce qu'ils ne verront jamais.

Est-ce que c'est de la solitude ? Sans doute. Mais c'est une solitude choisie, une forteresse que je ne veux pas ouvrir. Je suis devenu mon propre public, le seul témoin de ma transformation.

Ils voient un homme, je vois un champ de bataille. Ils voient le calme, je sens les rémanences de l'explosion. C'est ma vie, ma vérité, et je ne ressens plus le besoin de la justifier auprès de quiconque.

Chaque interaction est une mise en scène, un jeu de rôle que j'interprète avec une précision millimétrée, jusqu'à ce que je rentre chez moi, là où le masque peut enfin tomber.

Ton bâtisseur silencieux, Xavier.

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