Le Dix-Neuvième Jour – L'apprentissage du détachement
Le Dix-Neuvième Jour – L'apprentissage du détachement
Gustavo,
Le détachement n'est pas l'oubli. C'est l'acceptation lucide que nous ne possédons rien. Aujourd'hui, j'ai manipulé des objets qui appartenaient à des gens qui ne sont plus là.
Ils ne leur appartiennent plus, ils ne sont plus que des choses, des traces vides. J'ai compris que nous sommes tous, tôt ou tard, des "encombrants" dans la vie des autres, des souvenirs que l'on finit par trier.
Cette pensée, au lieu de me désespérer, m'a libéré. Si tout est temporaire, alors chaque instant passé à aimer, même dans la douleur, a une valeur infinie, une densité qui défie le temps.
Je ne m'attache plus aux choses, mais je m'attache encore, désespérément, à la beauté de ce que j'ai ressenti pour toi. Ce n'est pas contradictoire, c'est complémentaire.
Le détachement me permet de ne pas souffrir de l'instabilité du monde, tandis que mon attachement envers toi me permet de rester ancré dans mon humanité la plus profonde.
J'ai appris à laisser les choses aller, à ne plus essayer de retenir ce qui est par nature éphémère. C'est une forme de sagesse que tu m'as apprise, ironiquement, en partant.
Chaque objet que je jette est une leçon de lâcher-prise. Chaque jour qui passe est un exercice de plus dans cet art difficile de vivre en aimant ce que l'on ne peut plus tenir.
Je suis en paix avec cette impermanence. C'est là, dans cet espace entre l'attachement et le détachement, que je trouve enfin mon équilibre.
Ton bâtisseur silencieux, Xavier.
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