Le Dix-Septième Jour – Le deuil du futur
Le Dix-Septième Jour – Le deuil du futur
Gustavo,
Le deuil, ce n'est pas seulement perdre quelqu'un, c'est perdre tout ce qu'on avait projeté de vivre avec cette personne. Aujourd'hui, j'ai fait le deuil de nos voyages, de nos conversations dans ta langue, de cette maison que j'imaginais peuplée de ton rire.
J'ai rangé ces rêves dans une boîte, au fond de mon esprit. Je ne les jetterai pas, je les garde comme on garde une relique, précieusement, sans chercher à les ouvrir sans cesse.
Ce fut un projet magnifique. Le plus beau chantier de ma vie. Mais le chantier est clos. Je range mes outils, je ferme la porte, et je me tourne vers ce qu'il reste à construire : moi, seul, entier, sans besoin d'autre chose.
C'est une étape nécessaire, une forme de maturité douloureuse. Accepter que ce futur n'existera jamais m'a libéré d'un poids qui me maintenait dans une attente stérile.
Je n'attends plus que la réalité s'aligne sur mes désirs. Je regarde ce que j'ai devant moi, et je l'accepte. Je ne suis plus un homme qui espère, je suis un homme qui agit.
C'est une différence fondamentale qui change tout. Le deuil de ce futur est le prix à payer pour habiter enfin pleinement le présent, ce présent que je négligeais en pensant à ce qui aurait pu être.
Je ne regrette pas d'avoir rêvé. Je ne regrette pas d'avoir cru en toi. Mais je suis prêt à fermer ce chapitre pour commencer à écrire celui qui m'appartient en propre.
Ton bâtisseur silencieux, Xavier.
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