Le Vingtième Jour – Vingt jours
Le Vingtième Jour – Vingt jours
Gustavo,
Vingt jours. C'est un cap important, une étape que je n'aurais jamais cru franchir quand le monde s'est effondré. Je ne compte plus en heures, mais en jours. Bientôt, ce sera des mois.
Est-ce que cette douleur va continuer de s'étioler ? Est-ce qu'elle va devenir une simple ombre que je ne remarquerai même plus ? J'ai peur, parfois, que la douleur disparaisse totalement.
Si la douleur disparaît, est-ce que ce sera la preuve que je ne t'aime plus ? Je refuse cette idée. Je veux que cet amour soit permanent, ancré dans ma chair.
Qu'il soit une marque indélébile, une brûlure que je porte avec fierté, comme un tatouage que l'on aurait fait par amour, même si celui qu'on a aimé est parti depuis longtemps.
Cette cicatrice est ma signature, la preuve que j'ai existé et que j'ai aimé au-delà des limites du raisonnable. Je ne veux pas être guéri de cet amour.
Je veux qu'il reste là, vivace, comme un point de repère au milieu du tumulte, une constante dans ma vie qui, autrement, deviendrait trop lisse, trop prévisible.
Vingt jours de plus dans cette existence sans toi, et pourtant, je sens que tu es toujours là, dans le battement de mon cœur, dans le calme de mes mains.
C'est ma victoire : porter ce poids avec une telle constance qu'il finit par ne plus peser, mais par m'équilibrer.
Ton bâtisseur silencieux, Xavier.
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