Le Trente-Deuxième Jour – L'alliance de la pierre et du verre
Le Trente-Deuxième Jour – L'alliance de la pierre et du verre
Gustavo,
La marée de juillet est passée, elle a tout submergé hier, et ce matin, l'eau s'est retirée. Elle a laissé sur le sol de mon chantier des sédiments, du sel, et une clarté nouvelle. Tu m'as écrit tes mots, clairs et pesés, pour me demander de l'air, pour me dire que ton été serait ailleurs, et que si une porte devait se rouvrir un jour, ce serait celle d'une amitié.
Je ne vais pas feindre l'indifférence, ni refermer la porte que tu as laissée entrouverte. Ce n'est pas ce que fait un Gardien. Si la seule façon de préserver la beauté de ce que nous avons allumé est de lui donner le visage de l'amitié, alors cette amitié est la bienvenue. Je sais faire cela aussi : bâtir des structures solides qui ne s'effondrent pas au premier coup de vent, et offrir un havre à ceux qui ont eu peur de l'incendie. Être solide, ce n'est pas être en béton armé ; c'est accepter d'être en pierre sèche, capable de bouger sans que tout l'édifice ne s'effondre.
Je te laisse ton été, ton espace, et ce temps dont tu as besoin pour vider ta tête. De mon côté, je ne construis plus ce livre pour arracher un retour qui n'existera pas. Je le ferme comme on pose la dernière clé de voûte d'un abri. Je continue à ranger mon propre territoire, à faire face aux tempêtes de ma maison, et à rêver à ces horizons lointains qui m'attendent. L'Explorateur se réveille. Je ne sais pas encore quand je prendrai la route, ni ce qu'il adviendra de ma maison en feu, mais je sais une chose : je suis celui qui survit aux incendies.
Quand les courses seront finies, que la pression sera tombée et que le soleil de l'été aura adouci les angles, je serai là pour ce verre dont tu as parlé. Non plus comme l'homme qui attend qu'on le sauve, mais comme ton ami. Un bâtisseur souverain, apaisé et debout.
La lumière reste allumée.
Ton bâtisseur, Xavier.
💬 Commentaires 0
Aucun commentaire pour le moment
Soyez le premier à partager vos impressions !