Le Vingt-Deuxième Jour – L'espace laissé vide
Le Vingt-Deuxième Jour – L'espace laissé vide
Gustavo,
Il y a un fauteuil, dans le salon, où tu aurais pu t'asseoir. Il est vide. Chaque fois que je passe devant, mon esprit crée une image de toi, là, en train de rire ou de me regarder avec cette intensité qui m'avait conquis.
Je ne cherche plus à chasser cette image. Je la laisse. C'est mon espace de méditation personnel, un sanctuaire où je peux me retirer quand le monde devient trop bruyant.
Je m'assois parfois dans le fauteuil d'à côté, et je te parle, sans voix, dans le silence de la soirée. Je te raconte ma journée, mes doutes, mon travail acharné.
Tu es devenu mon confident imaginaire, celui qui ne répond jamais mais qui m'écoute avec une attention que nul autre ne pourra jamais égaler. C'est peut-être fou, mais c'est ma façon de te garder près.
C'est une présence qui n'exige rien, qui ne me juge pas, qui accepte mes silences et mes pensées les plus sombres. C'est là que notre histoire se poursuit, dans les interstices du quotidien.
Chaque fois que je m'assois là, je sens une forme de paix s'installer. L'espace vide n'est plus une absence, c'est une place réservée, un hommage silencieux à ce qui fut.
Je ne t'attends plus, je te porte. C'est une différence capitale qui me permet de ne pas devenir fou, de ne pas sombrer dans l'attente désespérée.
Tu es là, dans ce fauteuil, dans cette pièce, dans mon cœur, et c'est suffisant pour que la journée se termine dans une sérénité nouvelle.
Ton bâtisseur silencieux, Xavier.
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